‹ Mémoires sur la Convention, et le DirectoireChapitre 81 sur 110 · CHAPITRE XVII. a · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII. a

gîmentes ; ils y obéissaient à des' chefs , et ceux-ci recevaient Timpulsion d^agences i^oyalisles existantes en France et à Pélranger. Les assommeurs prenaient le nom de Compagnie de Jésus et du saleiL

A Lyon , ils poignardaient en plein jour rfaotnme qu^il leur plaisait de désigner comme terroriste , et, sans plus de façon, ils jetaient son cadavre dans le fthône. La police , la justice étaient muettes ou complices. La terreur fermait toutes les bouches^ enchaînait toutes les langues^

En Provence^les pieux soldats des compagnies de Jésus égorgeaient en détail et en masse. Ils avaient entassé plusieurs centainesde citoyens,signaléseomme terroristes, dans les cachots du fort Saint -Jean à Marseille, sous le prétexte de les livrer aux tribunaux. A un jour convenu, les égorgeurs précédés d^uncrueifix, allèrent avec du canon assiéger le fort, y firent irruption, immolèrent tous les détenus , et renouvelèrent de sang-froid Pépouvantable hécatombe des prisons de Paris en septembre i yg^. Les mêmes massacres eurent lieu dans le château de Tarascon. Du haut des tours, les assassins jetèrent dams le Rhône jusqu^a des cadavres de femmes auxquelles ils avaient coupé les mamelles. -

Pendant toutes ces horreurs, ^eux représentans du peuple, Chambonet Cadroy, étaient en mission dans ces déparlemeos ; tous les deux dévoués au payalisme , Chambon d^un caractère faible , Cadroy violent et cruel. Non*seulement as ne prirent aucunes mesures pour prévenir ces attentats j

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OU en faire punir les auteurs ; mais Leblanc-Serval les ayant dénoncés, à la Conventioti ( 3 ineasidor) ^ en présence de Chambon , de retour de sa mission, il eut le fA>Bt de le nier; et plus tard, ( 29 vendémiaire ) f Pélissier ayant renouvelé cette dénonciation , Cadroy essaya de s^en laver , elle n^eut aucune suite.

Comment la Convention ne, tîra-t-^lle pas ven^ geanee au nom des lois , de ces crimes abominables? Comment, après avoir fait justice des noyades de Nantes , loissa-t-elle impunis les égorgem^ns non moins atroces de Marseille ? Comment fut-elle pli» impitoyable envers les terroristes révolutionnaires qu^envers les terroristes royaux ? C^est qu^elle craignait moins les uns que les autres* Les premiers la menaçaient de plus, près, ils Tentouraient, ils la cernaiient, ils siégeaient jusques dans son sein; ils Tattaquaient , ils ne visaient à rien moins qu^à s^emparer du pouvoir pour régner encore par les lois révolutionnaires. Comme ils se donnaient pour les défenseurs de la révolution et de la république, ils avaient, encore une sorte de popularité. Lés seconds nieraient pas nombreux, commettaient leurs excès loin de la capitale; et comme ils ne dissimulaient pas quHls agissaient pour la royauté, ils répandaient IMpouvante , mais ils avaient peu de partisans, et rien ne semblait Êûre craindre qu^ils pussent établir leur domination. La revente du i3 vendémiaife avait un autre caractère ; telles sont, du moins en y réfléchisaant , mes conjectures

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