‹ Mémoires sur la Convention, et le DirectoireChapitre 82 sur 110 · CHAPITRE XVU. 2Ai · texte numérisé non relu

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k cet égard sur la conduite de la Convention; car, dans.le temps même, on ne raisonnait pas toujours ce que Ton faisait, et on ne se rendait guère compte des motifs pour lesquels on n^agissait pas. La Convention eût dû faire un exemple des assassins royaux. Rien de plus juste , rien de plus vrai en théorie. Mais j^ai déjà dit souvent combien il était difficile qu^elle tint un milieu entre les deux écueils sur le bord desquels elle se trouvait. Peut-être un homme juste et vigoureux Taurait-il pu ; cela était impossible à une assemblée en guerre avec, ellemême. Je ne crois pas avoir eu alors de craintes pour moi-même , et je pense quUl en était ainsi de la plupart de mes collègues ; mais pour la république, je craignais bien plus les terroristes de Pan II , que les terroristes royaux de Fan III. Il ne me venait pas à la pensée que le royalisme pût renaître de ses cendres , ni que les armées étrangères pussent triompher des nôtres. Citait une erreur, san$ doute , mais elle était partagée par beaucoup dVutres; elle était fondée sur la confiance aveugle qye nous avions dans la solidité inébranlable de la révolution, la durée de la république, et la bonté de qotre cause.

On a imputé la terreur royale aux thermidoriens, à Tallien , h Fréron, a Barras même, qui, dans les premiers mois après leur victoire, déchaînèrent toutes les fureurs et employèrent toutes sortes d^instrumens contre les terroristes. Quoique Tal' lien fût vivement suspecté d^avoir prêté Toreille

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au royalisme, et que Barras fût capable de le faire , comme il le prouva dans la suite, je ne crois pas ce reproche foiodé. Il en fut de cette terreur comme de celle de 98; elle vint insensiblement et sans préméditation; elle commença aussi par la violence des discours et des accusations , et finit par des égorgemens.

Du reste, leur impunité n^absout point le parti qui les a commis. Eh vain a-t-il essayé de justifier ses excès par le sentiment d^une vengeance légitime et d^une juste représaille ; Phomme en société n^est point juge de sa propre offense ; celui qui se fait bourreau par représailles n^est jamais qu^un lâche assassin , et le sang du coupable égorgé dans le cachot , jnalgré la garantie de ses fers, crie éternellement vengeance. Le sang du coupable ? qui oserait dire qu^il Tétait? Tant qu^un jugement ne Favait point condamné, il était innocent.

En rapportant les crimes de la réaction, je n'^ai point Fintention d^ chercher une excuse pour ceux qui la précédèrent et ^i servirent de prétexte. Je n^ai voulu qu^étre narrateur impartial et fidèle ; loin de sentir ime satisfaction secrète à prouver, par le seul récit de faits notoires, que* le parti qui se disait le soutien du trône n^'a rien à reprocher à celui qui Pavait renversé, je coudrais de tout mon cœur, et pour Thonneur de Phumanité, que les contre-révolutionnaires nelùi eussent jamais fait cet outrage. Que d'autres calculent lequel des deux partis, vu sa force et le temps pendant lequel il a

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