‹ Mémoires sur la Convention, et le DirectoireChapitre 83 sur 110 · DE LA SESSION DE LA CONVENTION NATIONALE · texte numérisé non relu

DE LA SESSION DE LA CONVENTION NATIONALE

Les journaux vendus à la montagne continuaient d^attaquer les opérations des assemblées électorales dans toutes leurs conversations et leurs discours. Tallien , Barras , Chénier , Louvet ne parlaient que de les annuler. Daunou fut un de ceux qui s*y opposa avec le plus de constance et de courage, et le suffirage d^un républicain aussi pur avait une grande influence sur tous les partis.

On essaya de rétablir la terreur dans le sein de la Convention. On fit des rapports et des discours virulens, on exagéra les dangers, on accusa la Convention d'avoir laissé perdre les fruits de la victoire du i3 vendémiaire. On fit arriver des pétitions où Ton disait que les patriotes de 89 avaient gémi sous le prétexte ridicule d'une terreur imaginaire f où Ton demandait Fannulation des élections et la déportation de tous les royalistes. On ne parlait plqs

244 GOIVVJSNTION.

que dii salot du peuple , des mj^spres. 4e ^alut public et de toutes ces formules baQale;39 présages funestes de la tyrannie* La barre et la tribune ne retentissaient plus.quede^ propositions les plus révolutionnaires. La montagne étaitd^une audaceinouie. Les tribunes publiques étaient garnies d^afBdés qui Papplaudissaient avec fureur , et outrageaient les députés qui invoquaient le respect dû à la constitution j et luttaient de toutes leurs forces pour arrêter te torrent» ,

Tallien et Barras régnaient et se partageaient la dictature^ La. mootagoe devait suivre exactement leur impulsion , et ils la morigénaient vigoureusei^ient lorsqu'elle voulait agir d'elle-même. Ayant échoué dan^ la proscription de Lapjuinais et de Boissy d'Anglas , ils se rabattirent sur les. députés Aubry et L^pioni, et, s^ns,dîs^ssiop, eofiportèrent, quoiqu'ils vinssent d'être réélus., leur arrestation et deUe deGau, député du no^veati tiers, et du géné-

ral JjAirapda , tous quatre prévenus de complicité dans la révolte des sectionjs.

'H^- Aubry, chaîné, au comité de ^saAut pub|iç ,, du personnel de la guerre, avait, par d^s.fl€;9tîl;utions souvent. . ipjuste^ , introduit l$i .réaction , danç. l'ar*mée, et accumulé beaucoup de hainçç sfir ;i»;i t^. Bonaparte , à qui ]a; Cpnvention devait en. grande partie son.salutii ..çj qu'elle yenait de confirmer dan6 1^ Gùmmandem^qt dç l'armée de l'inférieur , avait été une victime de ce représentant. Lomont était compromis par les papiers de Lemaitre , et

Page 1