‹ Mémoires sur la Convention, et le DirectoireChapitre 84 sur 110 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

sa haine de }a terreur semblait le pousser vers le. royalisme. Gau était peu connu , et Miranda ne l'était que trop pour jouir d^une grande estime. Cependant la représentation était encore une fois entamée, la brèche s^âgràndissait, il ne fallait i]u^un coup' d'audftce pour s^emparer de la place*

Quoique les meneurs eussent là haute-main dans les comités , ils y étaient encore- gênés par la présence de leurs collègues, tels que moi, qui ne partageaient pas leurs projets. Sous prétexte de cen-> traliser Faction du pouvoir dans ce moment de crise et de dadger, ils empo^tèf ent aussi la création d'une commission de cinq membres parmi lesquels étaient Tallien , Dubois-Crancé et Tabbé Roux, chargée de présenter des m(esures de sàlut public.

Le 3o, Carras, général et représ^tant, dictateur au camp , dictateur à la tribune , ' fit le récit des événemens du i3 reodémiaire/dé «e qui avait précédé et suivi cette journée. '

Dans ce rapport, il avança que depuis le 9 thermidor, on n'avait rien fait que pour la contrerévolution , et dit que terroriste était un mot in-^ signifiant. Il accuse' Mençù de complicité avec les ' meneurs des sections rebelles , et assura que la colonne qui débouchait par lé quai des Quatre-Nar tîons, d^nsla journée du i3, s'avançait en criant vive le roi (1).

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(i) Il n'était pas nécessaire de mentir pour prouver que le

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Il termina par cette phrase : « Puissions - nous n^avoir pas à regretter un jour, une défaite, et à pleurer sur le sommeil étrange qui a suivi nos premiers succès. Paris est désarmé. Mais je pense que la Convention nationale, ton jours juste^ ne différera pas long-temps de réarmer ceux qui Yùut si vaillamment défendue et sur Famour desquels elle peut toujours compter.

Que faisait la commission des cinq ? je Fignorais, mais son existence seule ipe doiinâit de vives inquiétudes.

Le soir j'étais rentré chez moi Famé abreuvée d'ainertume. En récapitulant les progrès immenses qu'avait faits la montagne dans si peu de jours, je désespérais, pour ainsi dire , de la chose publique. Depuis le i3 , la Convention ne délibérait plus qu'au milieu d'un camp. Les alentours, les trihunes , l'a salle même étaient investis de militaires et de terroristes. D'après les bornes que nous avions mises nous-mêmes à la durée de notre session , nous n'avictns plus que quatre jours d'existence, mais je trenxblais que ces bornes ne fussent renver-

royalisme avait poussé les sections à la révolte. Mais j'avais vu de très -près s'avancer vers le Pont -Royal la colonne qui débouchait par le quai* des Quatre -Nations; avç^nt que le combat ne se fût engagé , et dans le morne silence qui régnait alors , je n'avais pas entendu le cri de vice le roi! ni un cri quelconque. Lorsque la fusillade et la canonnade eurent commencé j si les sectionnaires poussèrent un cri , ce ne put être que celui de sauce qui peut ! .

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