‹ Mémoires sur la Convention, et le DirectoireChapitre 89 sur 110 · CHAPITRE XVIII. a · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII. a

annuler des opérations que la loi , la volonté nationale et rintérét public commandent également de maintenir et de respecter.

» On croyaitpouvoir atteindre progressivement ce but en attaquant d^abord les élections du* département de la Seine ; plusieurs des députés qui avaient été décrétés d^arrestation en prairial, et qui doivent leur liberté aux derniers événemens, viennent de me Favouer dans la cour du palais national ; ils m^ont dit encore que le décret qui fixe Tinstallation du corps législatif au 5 brumaire n^étant point accepté par le peuple , la Convention pouvait le rapporter et ajourner cette installation , qu^il n^ avait que ce moyen de sauver la patrie*

» Représentans f souvenez-vous que cVst sur la foi de ce décret que la nation vient dfi nommer ses députés. Si Ton prétend prolonger dans nos mains Texercice du pouvoir constituant y je repousserai loin de moi cette odieuse usurpation , et je déclare quVucune puissance ne me forcera de rester le 5 brumaire membre de la Convention nationale.

( Legendre m^interrompt pour quelques faits. ) » La déclaration de moù collègue Legendre qui vient de m^interrompre, justifie le représentant Roux que je n^ai point inculpé personnellement , mais €;}le ne détruit pas les faits que j^ai cités et qui ont heureusement acquis une salutaire notoriété : ne faudrait-il point remercier la commission des cinq, de la grâce qu'houe parait disposée à nous fairie, de proposer que la Convention soit formée

en corps législatif au jour irrévocabloqieQt, fixé ? Est-il une puissance qui osât rempécher , quand la Convention, quand le pei^ple Français Font voulu? ,-,:>..

. » Je ne peux quitter cette tribune sans demander à Tallien ce que signifient ces expressions que j^ai remarquées hjler dans un de ses discours :

» La victoire ; n'a été utile qu'aux vaincus j qu'avons-nous fait potir détruire les conspirateurs du i3 vendé^iiaire ? Rien. Qu'avons-nous fait pour les encourager ?. Tout.

)} Quelles mesurés énergrques a-t-il proposées que la Convention ait rejetées ? QueUç proposition a été présentée par les comités , qui n'ait été adoptée , pour ainsi dire ^ sans discussion ? Fallait-il « con^me il le proposait après la yictoire de prairial, incçndicîr un quartier de Paris €f: .égp,rger leq vjair^cus? Ce langage çkt d'^iitftnt plus perfide qu'il tendl àt insinuer que la Convention protégeait l^es royalistes, et que la victoire reroportéç sur eux le i3 vendémiaire, ne fi|t p?s §ou ojavrage. ,

V Je 4emande que, la commission des cinq nous fa^e , sipn rapport , séance tenante , qu'on discute les pjrojets qu'elle proposera, et qu'elle soit dissoute immédiatement.

, M II est impossible de rester plus long-temps dans un état d'angoisses aussi alarmanjt. La liberté de la Convention ne pjeut exister avec une commission qui ressemble à une chambre ardente, et qui tient le glaive levé sur la tête de chaque représentant.

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