CHAPITRE XVIII
Je vois dans tout ce qui nous environne tous les symptômes d^une fameuse journée qui fut fatale à la republique. JVspère que pour cette fois vous déjouerez les complots ourdis contre elle.
» Ah ! sMl.ne s^agissait , dans ces luttes affligeantes des partis, que de nos intérêts personnels , de notre influence, de notre gloire, je remettrais volontiers à ceux qui s^en montrent si avides, ma portion de pouvoir , et avec elle les inquiétudes qui en sont inséparables.
)) Mais il s^agit des destinées de la république , nous en sommes responsables, nous devons transmettre intacte la constitution à ceux que le peuple a chargés de recevoir ce dépôt sacré; "Nous devons écarter tous les ennemis de son berceau.
i> Sont-ils les seuls exposés aux fureurs des royalistes , ceux qui affectent si hautement de les redouter? Ne devons-nous pas autant qu^eux craindre leurs vengeances ? Estrîl un fondateur de la république qui peut espérer de trouver grâce à leurs yeux? Me pardonneront-ils d'avoir volé la mort du dernier de nos rois ? Ne sommes-nous pas tous solidaire^ dans cette grande révolution ? C'est donc à nous tous qu'il appartient de prendre publiquement les dernières mesures qui doivent la consolider. »
Tallien essaya de se jusdfier , et , au nom de la commission des cinq , proposa à la Convention de se déclarer en permanence jusqu'au 5 brumaire.
Je répondis : « J'avais déclaré que j'attendrais,
pour parier , que Tallien et les comités de gouvernement fussent présens à la séance. Rassemblée en a jugé autrement, j^ai dû lui obéir. J^ai allégué des faits contre Tallien , et à cet égard j^ai usé du droit que Tallien lui-même s'est arrogé de dénoncer plusieurs de ses collègues. Voilà tout ce que je dois lui répondre. Je viens maintenant au projet dé décret qui vous est proposé.
» Décréter en ce moment la permanence de la Convention , c'est décréter la permanence de Tanarchie dans le gouvernement. Si les membres des comités restent à l'assemblée , la marche du gouvernement est arrêtée; s'ils s'en absentent, ils sont privés du droit de voter. D'ailleurs, quels sont les motifs de cette permanence? Tout ce qu'on vient de vous dire sur l'étendue de la conspiration du i3 vendémiaire ne nous apprend rien de nouveau. Tout le monde sait qu'elle embrassait une grande pai^tie de la république et surtout qu'elle date de très-loin. Tallien le sait mieux qu'aucun autre.
» Il est remarquable que le rapporteur de la commission , bien loin de l'avoir justifiée du reproche que je lui ai fait de méditer l'annulation des opérations électorales, ait prouvé, par ce qu'il a dit sur ce point , que ce reproche était fondé. Mais, je le répète , une pareille mesure , la coinmission n'a pas le droit delà proposer, la Convention ne peut pas l'adopter. On nous en impose lorsqu'on vient nous dire que les députations sont venues se plaindre à