CHAPITRE XVIII. 95g
la commission des violences exercées dans les assemblées électorales. Ce n^est point, au surplus, sur des déclarations indiTiduelles de quelques députés, intéressé sans doute , que la Convention peut examiner les opérations des assemblées électorales $ c^est au corps législatif seul qu^appartient le droit de prononcer sur la validité des élections. Tout ce qu^on pourrait faire de contraire à ces principes serait autant d^actes tjranniques que je dénonce dWance à la nation.
» Jem^oppose à la permanence delà Convention. Lalassitudeferait déserter delà séance la plus grande partie dé ses membres, et on profiterait de leur absence pour donner le caractère de la loi à la vo-*lonté d^un petit nombre.
. )> Quoi qu^on en dise , le danger nVst pas aussi pressant qiCon pourrait le croire : je conclus donc à la question préalable sur la permanence , et je persiste dans mes précédentes propositions. »
Chénier , dans une opinon assez mesurée, défendit Tallien et dit que son nom passerait à la pos-térité, comme ayant, le g thermidor, sauvé la république.
Barras : « Je demande aux calomniateurs deTallien Ce qu^ls faisaient au g thermidor , et ce quHls ont fait long-temps après , en soutenant les complices des conspirateurs. »
Thibaudeau : « Je demande à Barras s^il mV
dresse la parole. »
^Barras ne répondit rien.
J'ai retranché de ce discours une foule d'interruptions, de murmures, d'apostrophes, d'applaudissemens , et tous les incidens qui constituent la peinture dramatique d'une de ces scènes vives et animées qui ont lieu dans une grande assemblée. Sans rien changer au fond , j'ai mis seulement dans mes paroles un peu plus d'ordre que ne me per^ mit d'en mettre alors la situation violente où me plaçaient les mouvemens contraires des partis et ma propre agitation ; car il ne s'agissait pas d'une de ces questions , dans la discussion desquelles , quelqu'importantes qu'elles soient , une sorte de pudeur commande aux esprits les plus échauffés une certaine tolérance. Ce n'était pas une guerre d'opinion , mais un combat personnel. Ce fut pendant une demi-heure une véritable mêlée daQS laquelle on s'attaqua corps à corps, s'inquiétant bien moins de faire des dispositions savantes, que de porter des coups assurés et de rester maître du champ de bataille. Cramponné à la tribune , rien ne m'ébranlait, rien ne pouvait m'en arracher avant d'avoir la certitude du succès.
Quoique la majorité de l'assemblée partageât mes sollicitudes, il fallait lui cionner une secousse violente pour réveiller son énergie qui commençait à» s'épuiser , et la soulever entièrement pour la rendre irréconciliable avec le parti que j'attaquais. Elle semblait être dans cet état, lorsque. Tallien entra dans l'assemblée*; on l'en avait d'avance prévenu ainsi que ses collègues. Quels que fussent leurs