CHAPITRE XVIIL 26 i
projets , il pensa donc bien moins à les proposer qu^à se justifier d^avoir conçu ceux que je ïewt avais imputés. Dès*lors ce fîit une affaire décidéev Placée sur la défensive, la commission des cinq n^eiit plus même la force de faire adopter la per-» manence de rassemblée* La Convention décréta seulement que la commission ferait son rapport le lendemain , et leva la séance , convaincue qu^elle avait éehappé à un grand danger, et déter-^ minée à ne pas se laisser ravjr les fruits de cette victoire.
Cette journée m^attira des éloges à Pinfini : on me fit rbonneur d^avoir sauvé la constitution et préservé la France du retour de la terreur, ou du moins de la prolongation du gouvernement révolutionnaire qui était devenu odieux. On me confirma, dans les journaux et dans les salons, le nom de barre de fer que je mMtais donné, et Fréron, pour en diminuer la gloire, dit, quelque temps après, dans son journal, que dans cettebarre de fer il y avait une paiUe.
Au sujet des projets de la commission des cinq, que jVvais éventés, Pitt, parlant quelques jours après (7 brumaire) à la chambre des communes, sur la paix, dit ces paroles qui, sous plusieurs rapports, me firent une forte impression : « D^ailleurs quels sont les hommes qui ont en main le pouvoir? Ce n^est point la Convention , car ses pouvoirs et son au-^ torité sont au moins expirés, si toutefois elle n^ a pas mis de côté la constitution Je suis prêt à
établir et je désire établir avec précision qae si la nouvelle constitution est acceptée par le peuple et mise en activité de bonne foi , je ne vois rien clans les principes sur lesquels elle est fondée qui puisse m^empécher de conclure la paix* »
TalUen fit un rapport au nom de la commission des cinq. Après un tableau des diverses factions qui menaçaient la république et qui n^apprenaient rien de nouveau , il présenta un projet de décret contre les prêtres, les royalistes, les émigrés et leurs parens. Le but de cette loi était d'écarter des fonctions publiques les nobles et les parens d'émigrés, puisque les émigrés eux-mêmes étaient morts civilement. On voulait exclure par^ là du corps législatif quelques députés du nouveau tiers. Sous ce dernier rapport je combattis le décret, mais il fut adopté à une grande majorité. Des membres de la Convention , qui ne l'approuvaient pas antérieurement, se trouvaient trop heureux d'en être quittes pour une mauvaise loi. Il ne s'en fallut que de très-peu qu'on ne rétablit aussi celle du maximum. Il fallut qu'un homme en (kveur, comme Charles Delacroix , auprès de ceux qui proposaient cette mesure funeste , s'y opposât pour la faire rejeter.
On donna lecture d'une lettre de l'émigré d'Entraigues qui disait : « Je ne suis nullement étonné que Cambacérès soit du nombre de ceux qui veur lent la royauté , etc. ». Ses rivaux voulaient l'écarter du dii^eotoire où il était porté d'avance par une