‹ Mémoires sur la Convention, et le DirectoireChapitre 98 sur 110 · FRIMAIRE AN III · texte numérisé non relu

FRIMAIRE AN III

j£ pense que ce projet de décret ne remplira pas les intentions de la Convention. Le commerce et Tindustrie sont dans un tel état qu^il est moins question da créer que de détruire tout ce qui ar été fait de mauvais. Le meilleur moyen de ranimer le commerce est de lui accorder la plus entière liberté. (Vifs applaudissemeus.) En vain vous créerez des corporations pour favoriser le commerce ; en vain vous les composeriez des premiers négocians , des hommes les plus' habiles de TEurope , vous n^obtiendrez jamais des résultats aussi avantageux que ceux que vous donneront les spéculations particulières de chaque citoyen.

On tfa point encore abordé la seule, la véritable question , celle de savoir si la loi du maximum doit subsister. Je la regardé moi comme désastreuse, (vifs applaudissemeus ) , comme la souree unique de tous les malheurs que nous avons éprouvés ; elle a ouvert une large carrière à tous les fripons , eWe a couvert la France d'une foule' de contreban^

diers , et ruiné les hommes de bonne foi qui respectaient Tos lois. ( Applaudissemens. )

Une autre mesure qui a singulièrement nui à Papprovisionnement delà république, et quia porté les plus funestes coups au commerce , c^est Pacte de navigation qu^on a décrété dans le moment où tous les matelots du commerce étaient employés sur les vaisseaux de la république. Il était impossible que dans une pareille circonstance , nous pussions nous passer de la navigation étrangère pour faire le commerce et le cabotage Dç là point d^approvisionnemens nouveaux; de là la perte des prises faites sur nos ennemis, et qiii se sont pourries d^ans les magasins 9 tandis que nous manquions de tout. ( Applaudissemens. )

Je sais q^e la liberté indéfinie peut donner lieu aux • plus grands inconvéniens , mdis je sais aussi que toutes les fois que vous violerez la libjerté du commerce , vous tomberez dans des inconvéniens encore plus grands ; je s^is que toutes les fois que le gouvernement voudra tout réglementer, il perdra tout.

Je demande que la Convention charge ses comités de lui présenter leurs vues sur le rapport ou modification de la loi du maximum. Je demande aussi Pimpression du discours d^Ëschasseriaux. Il contient des vues utiles; et quoique je ne pense pas qu^il soif nécessaii'e dé donner des encouragemens au commerce là où Pon lui laisse toute la liberté dont il a besoin , je crois que Panéantisse^aent ou

PRONONCBS À LA CONVENTION. 3oi

il a été plongé exige qu^on prenne des mesures extraordinaires pour le relever.

Je termine en faisant observer que ce n^est pas la Convention qui a mis le commerce à deux doigts de sa ruine, mais. bien les conspirateurs qui méditaient celle de la France.

3o2 OPINIONS, DISCOURS BT- RAPPORTS

RAPPORT

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