‹ Mémoires sur la cour de Louis XV, 1735-58Chapitre 14 sur 18 · T. IT · texte numérisé non relu

T. IT

J'ai parlé cî-^e|8us de TaJCbire (i6 M. de Mauriac ; il fut condamné il y a quelques jours ^ avoir le col coupé^ et il fut exécuté avant^hier.

Le chevalier Bernard, connu par msH grande richesse» , son grand crédit et les services qu'il a vendu» à l'État et en dernier lieu dans l'affaire de Pologne ^ a été à la dernière extrémité ; on espère cependant qu'il en reviendra ; il a quatre-vingt-sept ou huit ans. On prétend que soa bien monte à en viron vingt-huit millions .

Du vendredi 19, Versailles. — J'ai appris aiyourd^huâ que le Roi avoit réglé que lorsque LL. MM. ne seroient point au bal et que M, le Dauphin y seroit^ Mesdames mêmes en dansant lui rendroient le même honneur qu'elle^ rendent au Roi et & la Reine, qui est au premier tour des menuets ou danses figurées d'avoir l'attention de ne point tourner le dos.

Le Roi soupa hier dans ses cabinets avec des hommes seulement ; après le souper il alla chez Mademoiselle, où il y eut un cavagnole et plusieurs autres jeux.

Du dimanche 21 . — Nous apprîmes hier la mort du duc Ferdinand de Bavière , frère de l'électeur ; on n'en a pas encore donné part.

Je viens d'apprendre que l'Université de Paris rétracte son appel et qu'elle a envoyé ici quatre députés pour en rendre compte au Roi.

M"' la princesse d'Auvergne, W^^de Trente, veuve du prince d'Auvergne autrefois le chevalier de Bouillon , est à l'extrémité ; elle est tante da M. le duc de Bouillon, grand chambellan; elle a toujours été fort attachée «ux jansénistes. Le Roi a dit aujourd'hui au sortir du ser*mon qu'elle s'étoit rétractée de tous ses sentiments; S. M. a même dit en badinant qu'elle avoit fait abjuration.

Le bal a été aujourd'hui chez M. le Dauphin. Le Roi y est descendu et la Reine aussi. M. le Cardinal y a été aussi pendantquelque temps avec M. le cardinal de Rohan,

mais ils étoient derrière tout le monde. Non -seulement la maison de M. le Dauphin et celle de Mesdames se sont tenues debout pendant qu'ils ont dansé^ quoique le Roi fût présent^ mais même Mademoiselle^ quiy étoit.

Du lundi 22, Versailles. —M. le maréchal de Puységur est venu aujourd'hui au lever du Roi ; il accompagna hier M. le prince de Lichtenstein à son entrée. Le carrosse dû Roi alla prendre M. de Puységur chez lui^ et le mena à Picpus, où setrouvoit M. de Lichtenstein. Ils partirent hier à midi de Picpus^ et*M. deXichtenstein étoit rentré chez lui à trois heures; c'est chez lui, et non à Thôtel des ambassadeuins^ qu'il doit descendre. Cet ambassadeur donna un grand repas à huit heures du soir; il reçut chez lui après dîner les compliments de LL. MM.^ M. d'Anmont^ premier gentilhomme de la chambre^ de la part du Roi^ M. de Tessé^ premier écuyer, de la part de la Reine. La règle est que l'ambassadeur vient recevoir à la descente du carrosse, donne la main partout et le fauteuil au-dessus du sien. Dans la chambre où l'ambassadeur reçoit celui qui vient de la part de LL. MM. est un dais sous lequel est le portrait du prince de la pari duquel vient l'ambassadeur ; il y a sous ce dais un fauteuil qui a les bras tournés. Les compliments de félicitation sur l'arrivée de Tarobassadeur ne se font que dans la chambre du dais, et pendant le temps de la visite il ne reste personne dans ladite chambre. C'est là Vétiquette; et M. de Tessé me dit hier au soir que cela s'étoit pratiqué ainsi. Demain M. de Lichtenstein fera son entrée à Versailles. C'est M. le prince de Pons qui doit l'accompagner; ils viendront dans le carrosse du Roi , et les carrosses de l'ambassadeur qui viennent coucher ici ce soir se mettront à leur suite dans l'avenue entre les deux écuries.

Le retranchement dont nous avons parlé dans la musique de la Reine est déclaré ; on a retranché neuf filles de celles qui étoient ici et trois ou quatre de celles qui sont à l'Opéra; on a retranché aussi Blavet, fameux joueur

de flûtes qui avoit 1 ^500 livres d'appointement, et qui depuis un an n'y est venu que six fois.

Du mercredi 24, Versailles. — Hier M. de Lichtenstein fit son entrée ici; ce fut sur les onze heures. Les gardes françoises et suisses rappelèrent quand il arriva et à son départ. Le premier carrosse qui entra dans la cour fut celui de l'introducteur des ambassadeurs ; ensuite celui de M. le prince de Pons^ qui étoit nommé par le Roi pour accom* pagner l'ambassadeur; le carrosse du Roi y qui est beau^ dans lequel étoit M. de Lichtenstein , M. le prince de Pons et rintroducteur des ambassadeurs; le carrosse de la Reine, qui est fort vilain (c'est le carrosse de ses écuyers) ; le carrosse de l'ambassadeur, qui est extraordinairement riche et chargé de beaucoup de bronzes, lesquels sont parfaitement bien travaillés , le dedans de velours cramoisi fort chargé de dorures , mais de bon goût, huit chevaux bais de grande taille; j'oubliois les peintures des panneaux, qui sont fort recherchées ; un second carrosse àhuit glaces garni de velours bleu en dedans avec beaucoup de crépines, et la cartisane d'argent, aussi à huit chevaux avec des hamois bleus fort chargés ; ceux du premier carrosse sont aussi fort magnifiques, peut*ètre même trop couverts (1); le troisième carrosse est une calèche garnie de velours vert en dedans et de fort bon goût; le quatrième une berline avec des bronzes dorés ; ensuite étoit le carrosse de H. le prince de Ligne avec six chevaux pie. Ces neuf carrosses, précédés de plusieurs gentilshommes , d'écuyers , pages et palefreniers à cheval, et accompagnés de grand nombre de valets de pied fort magnifiquement vêtus , prirent à droite en entrant dans la cour, passèrent au pied des marches de la cour de marbre, et firent le tour par-dessous les fenêtres de H. le Cardinal, où ils descendirent pour entrer dans la salle des

(1) Voir la description détaillée de ces carrosses dans le Mercure de décembre, t>age Q702.

ambassadeurs: Ensuite^ les carrosses daRoi et de la Reine s'en allèrent, et les autres se rangèrent dans le milieu de la cour faisant face à Tappartement du Roi. Celui de l*introducteur, qui n'avoit que des habits gris , étoit le premier, du côté de chez M. le Cardinal ; ensuite celui de M. le prince de Pons; les quatre de l'ambassadeur et celui de M. de Ligne , le dernier du c6të de la ehapelle. L'audience du Roi ne fut qu'après la messe de S. M. M. de Liohienstein eut Thonneur des armes, et fit son compliment au Roi en latin. Après la messe de la Reine , S. M. entra dans le grand cabinet avant sa chambre ; il y avoit grand nombre de dames titrées assises, et quelques-unes non titrées debout. M. de Nangis seul derrière le fauteuil delà Reine, et M""' de Luynes à côté de lui. M. le Cardinal y étoit; il avoit un pliant derrière lui, mais il ne s'assit point. M. de Uohtenstdn ne fit pas même le semblant de se couvrir chez la Reine, il fit son compliment à la Reine en françois, et de môme chez H. le Dauphin et chez Mesdames. Je ne sais point quelle fut la réponse du Roi, mais voici celle de M. le Dauphin : « Je vous prie d'assurer l'empereur de mon amitié et de l'estime particulière que j'ai pour vous, d Ce sont les propres termes v que M. de Polastron répéta hier au soir. Après que Taudience de la Reine fut finie « S. M. entra dans sa chambre, et se tint auprès de la table qui est entre les deux fenêtre. H. de Sainctoi étant venu prendre Tordre de la Reine pour Taudience particulière du prince Cantimir, ambassadeur plénipotentiaire de Russie, le prince Gantimir entra un moment après, sans aucune suite, et-uii habillement fort t)rdinaire ; il ne nomma point dans ^n compliment sa maltresse rimpéra^rioe de Russie^ mais la czarine; il vènoit d'avoir son audience du Roi, dans laquelle même il avoit oublié une partie cte son compliment; il l'avoua tout naturellement au Roi, et lui en demanda pardon.

Avant-hier le Roi après la chasse soupa- dans ses ca-

binets avec Mademoiselle et M*"^ la maréchale d'Estrées^ M"« de Mailly, M"»' de Beuvron, M»^ de Chalais, W^ de Talleyrand^ et àpeu près le même nombre d'hommes qu'à Tordinaire. 11 y en eut beaucoup de refusés , car il y en a voit trente-quatre à la chasse.

Vendredi 26^ Versailles. — J'appris avant-hier que les États de Languedoc ont accordé un don gratuit de trois millions^ outre 1,600,000 francs de capitation ; c'est M. Tarchevèque de Narbonne qui Ta mandé àM. le duc deCharost..

Bl"^ de Nesle est ici depuis quefques jours ; c'est M"* de Mailly qui en prend soin. M*°* de Mailly ne voit que M"* de Nesle (1) de toutes ses sœurs; les trois autres sont toujours chez M*"® de Mazarin ; W^ de Mailly (2) aime beaucoup celleci et désireroit fort la marier. On m'a dit que H^^*^ de Nesle avoit dû souper dans les cabinets la dernière fois, qui étoit le 22 y et que cela avoit été arrangé ainsi pendant deux heures de temps; il ne devoit y avoir que cinq dames. Mademoiselle, M"' de Mailly, M"^ de Nesle, M"»* la maréchale d'Estrées et H°^ de Beuvron ; et qu'ensuite cet arrangement avoit été changé : qu'onavoitenvoyé avertir M"* de Chalais et M"»* deTalleyrand. "

Le Roi devoit aller à la Meutte lundi, pour n'en revenir

(1) Depuis, marquise de Vintimille.

(2) Louise- Julie de Mailly-Nesie, née le 16 mars 1710, mariée, le 31 mai 1726, à Lovis- Alexandre, comte de Mailly etMigneurde Rubempré , son eousin germain, morte le ô mars 1751, avait quatre sœeEs :

1** PaulineoFélicité, nommée il/ad^moi^e/^e de NeslCj née ^n août 1712, mariée, le 28 septembre 1739, à Jean-Baptiste-Félix Hubert , marquis de VintimlHe, comte du Luc, morte le to septembre 1741 1

2° Diaoe-AdélaidedeMaiUy-rtesle, née en mars 1714, mariée, le 19 janvier 1742, à Louis, duc de Brancasetde Lauraguais, morte le 30 novembre 1769;

3** HorteQse-Félicité, nommée Mademoiselle de Mailly, née le 1 1 février 1715, mariée, le 21 janvier 1739, à François-Marie de Pouilleuse, marquis de Flavacourt;

4° Marie-Anne de Mailly-Nesle, née en octobre 1717, mariée, le 19 juin 1734, à Jean-Louis, marquis de la Tournelle (mort le 23 novembre 1740), créée duchesse de CbAteauroux en mars 1744, morte le 28 décembre 1744.

quje mercredi ; cet arrangement a été changé aujourd'hui : on n'en dit point la raison.

Avant-hier 24, veille de Noël, le Roi ne fit .point ses dévotions ; il partit à dix heures pour aller courre le cerf, et revint ici vers les deux heures ; ildlha à son petit couvert. S. M. alla ensuite à trois heures et demie aux premières vêpres, où M.révéque de Viviers officioit ; il est Villeneuve en son nom (1). C'est toujours le même qui officie la vdlle aux premières vêpres, et à la grande messe et aux vêpres du jour de la fête.

Il n'y eut point de souper ni de collation avant-hier. Le Roi et la Reine allèrent à dix heures à la chapelle entendre matines suivant Fusage, et ensuite les trois messes. LL. MH. étoientà la tribune en haut. Ce jour, la musique exécute toujours des noëls pendant la première messe, ensuite un motet, après quoi les noels recommencent. Ce fut Gulgnonet Guillemain, les deux premiers violons, qui jouèrent ensemble. Le Roi ne fit point de repas après la messe. J'oubliois de marquer que la veille de Noël il étoit descendu en bas; c'est l'usage lorsqu'un évèque officie, et quoique ce ne fût pas fête , les tambours des CenlrSuisses y étoient et battirent.

Hier 25, M*"*^ la duchesse de Fleury quêta à la grande messe et à vêpres ; le Roi et la Reine furent à l'offrande, le Roi suivi de M. le comte d'Eu. M. le duc de Chartres est malade depuis quelques jours de la petite vérole; M. le duc d'Orléans est enfermé avec M. de Chartres, et a outre cela la goutte bien fort. M. de Chartres a été transporté du château au pavillon d'Orléans dans la ville, auprès du château. Il n'y avoit point de princesse avec la Reine ; ce fut M'^^de Luynesqui la suivit à l'offrande. Le Roi et la Reine ne donnent que deux louis chacun à l'offrande, et c'est un clerc de chapelle qui les apporte à celui et à celle

(1) François «Renaud tie Villeneuve.

qui doivent suivre LL. MM. ; ainsi ce fut M. le comte d^Eu et M'"*^ de Luynes qui présentèrent les deux louis au Roi et à la Reine. Pour la quêteuse^ c'est le grand, ou le premier aumônier^ oul'aumânier de quartier qui présente Pargent à Leurs Majestéis.

Je crois avoir oublié une circonstance qui regarde M"* de Fleury, et qui se passa à Fontainebleau. La Reine désiroit fort que M"**' de Fleury fût dame du palais j et voulant à Fontainebleau donner des preuves à M. le Cardinal qu'elle ne s'en tenoit pas au simple désir, elle envoya prier le Roi de vouloir bien passer dans son cabinet. Le Roi fut un peu étonné du message, cependant il y entra. La Reine lui dit le désir qu'elle avoit par rapport à M*"' de Fleury. Le Roi ne répondit autre chose^ sinon : a Je serois fort aise de faire plaisir à M. le Cardinal; mais je verrai. »

Le Roi dîna hier au grand couvert avec la Reine ; il a dîné encore aujourd'hui. Il paroit que son projet est de dîner tous les jours qu'il nMra point à la chasse, et de diner au grand couvert.

S. M. a dit aujourd'hui que le général KevenhuUer, un des généraux de l'Empereur, étoit tombé en apoplexie ; ilétoit aux dernières campagnes en Italie. C'est un homme qui a aimé son plaisir, mais qui paroissoit ne devoir pas craindre l'apoplexie, étant fort maigre.

On a pris aujourd'hui le deuil du duc Ferdinand de Bavière pour quinze jours ; on ne porte pas de bas blancs, et le Roi est en noir.

Le Roi entendit hier le sermon, qui fut beau ; le P. de Menou fit son compliment suivant l'usage, mais la mémoire manqua à ce prédicateur et il eut peine à se retrouver.

Du dimanche 28 , Versailles. — On apprit avant-hier la mort de M. Févèque de Soissons(l); il avoit cinquante ans, et est mort à Soissons de la petite vérole ; il avôit été

(1) Cliaiies-Franvois le Febvre de Laubrière.

conseiller au Parlement, et avoit été marié ; il lai reste deux ou trois enfants^ dont Tun lui a donné beaucoup de chagrin, ce qui a été cause en jAurtie de sa mort; sa fille a épousé le fils aiué de M. de Ghampignelles, premier maître d'hôtel de feu M. le duc de Berry^

Hier, jour de Saint^Jean, le Roi fut à la chasse ; il a déjà pris cent dix cerfs avec une de ses tneutes et quatre* vinglHlix*huit avec Tautre , avec laquelle il compte en prendre encore deux avant la fin de Tannée. Au retour de lâchasse il soupa dans ses cabinets; il y avoit des dames, qui étoient Mademoiselle, VP"' d'Antin, W^^ de Mailly, M'^' de Ségur, M^'deChalais, M"»*deTaUeyrand; il y eut après le souper un cavagnole, qui dura environ deux heui'es.

Madame septième étoit si mal à Fontevrault que Ton croyoit à tout moment apprendre sa mort ; elle étoit mieux hier, mais Madame cinquième est mal, et toutes les quatre sont malades.

M. de la Tour, intendant , premier président et oom^ mandant de Provence^ qui est i(û depuis quelque temps, et qui s'en retourne incessamment , me disoit hier que la Provence donne au Roi tous les ans 700,000 livres de don gratuit et autant de capitation. Il reste encore une forme d'États; il n'y a pour le clei^é que T Archevêque et deux évèques, deux députés delà noblesse et en-» vironquatre-vingt*dix députés du tiers état. Ils n'envoient point ici de députés porter les cahiers ; ils envoient ce^ pendant leurs cahiers, et le Roi y répond. La ville d'Aix ne contient guère que vingt mille âmes. L'Archevêque est presque le seul chargé de toutes les affaires de la province. M. le duc de Yillars y est toujours, et y tient un grand état; comme il est allé avec permission du Roi, il y exerce les fonctions de gouverneur et y commande les trouplss par préférence à M. de la Tour.

En Dauphiné il n'y a plus du tout d'États depuis le cardinal de Richelieu, qui en avoit été mécontent et qui les supprima.

Ceux de Bretagne pensèrent être supprimés en 1716. ^ La taille en Provence est réelle ; elle n^est ni arbitraire ni proportionnelle ; elleVst assignée âur les fonds. Un tel bien paye tant, et cela est écrit (1), Les terres nobles ne payent point de tailles, elles ne payent que la capitation.

Du dit jour 28. — Hier, M. de la Force et M. de Brassac vinrent ici demander au Roi l'agrément pour le mariage du fils de M. de Brassac avec M"^ de la Force. La mère de M. de Brassac étoit dame d'honneur de M™* la duchesse de Vendôme, et sa femme est Tourville.

Du mercredi 31, Versailles. — On apprithier la mort de M. Trudaine; il étoit dans la gendarmerie, et fils de celui qui avoit eu la compagnie des gendarmes bourguignons. Son oncle est évêque de Senlis (2) . M. Trudaine est le troisième de sa famille qui ait perdu par mort un emploi dans la gendarmerie ; il est mort de la petite vérole, à Meaux, en revenant de servir son mois à la gendarmerie.

Hier le Roi, au retour de la chasse, soupa dans ses cabinets ; il y avoit de dames. Mademoiselle , M"*' de Clermont, M'"*' de Chdlais, M'^'^de Talleyrand, M™Me Beuvron et M™^ de Mailly ; les hommes à Tordinaire.

Le 29, le Roi avoit soupe au grand couvert ; la Reine à

I (1) 11 y avait deux espèces de tailles : la taille personnelle, soit arbitraire, soit proportionnelle, appliquée aux personnes , — et la taille réelle, appliquée aux choses (res). L'une et l'autre n'atteignait que la roture.

La taille réelle était assise ou assignée sur les fonds ou immeubles et fixée régulièrement d'après un cadastre , comme l'impôt foncier aujourd'hui. — La taille personnelle, au contraire, était assise avec plus ou moins d'arbitraire sur les personnes, d'après la proportion présumée de leurs ressources ou de leurs facultés.

La taille réelle existait dans les quatre grandes provinces du midi : Guyenne, Languedoc, Provence et Dauphiné. Colbert avait fait de grands et inutiles efforts pour l'établir dans tout le royaume.

(2) Français -Firmin Trudaine.

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