‹ Mémoires sur la dernière guerre de CatalogneChapitre 104 sur 196 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

une armée de conscrits, lorsqu'il pouvait sou -^ lever la France. Que ceux qui li|i adressent un tel reproche contemplent la solitude de son camp et décident. Y a-t-il une seule autorité qui sci présente? un seul Français qui vienne au-devant de lui ? Non.;, dans son camp il n'y a que des Espagnols. Les habitans ont gagné les montagnes y on ne sait pas même où se procurer une livre de pain. Je sais que l'esprit d'un village n'est pas le thermomètre de l'opinion générale ; je sais encore que lorsqu'ils ont mieux connu les dispositions de Mina , ces mêmes habitans sont rentrés dans leurs foyers et se sont promptement familiarisés avec nos troupes ; mais peut -on penser que -les patriotes français, des hommes qui ont toute l'expérience des révolutions , auraient ouvert leurs villes au premier cri de i^we la liberté} qu'aurait proféré Mina? Ils savent trop que « la liberté vient rarement de Tétranger. »

à l'issue de ce village, lorsqu'un jeune insurgé, couvert de sueur, vint annoncer au général en chef que le général Saint-Priest et le baron d'Eroles n'étaient plus qu'à une lieue de distance , et avançaient avec des forces supérieures. Sans donner à ce rapport plus de confiance qu'il ne méritait. Mina fit prendre les armes, mais personne ne parut; il se mit en retraite.

Ce i:)'était plus par Campredon qu'elle devait avoir lieu, mais par Siete Casas, par la partie la plus élevée des Pyrénées, à travers des masses de neiges qui n'avaient jamais été empreintes de pieds d'hommes. Nous avions marché tout le jour, la nuit tombait et nous n'avions pas encore trouvé un endroit où nous pussions campen Cependant l'obscurité, la pluie qui ne cessait de tomber, les difficultés du terrein ne permettaient pas de pousser plus avant. No^s fûmes obligés de faire halte. Nous prîmes position, après avoir entouré nos bivouac» de

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