‹ Mémoires sur la dernière guerre de CatalogneChapitre 105 sur 196 · CHAPITRE I. aSc · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. aSc

sentinelles, «ifin d'empêcher la troupe de s'écarter. Le jour vint nous montrer où nous^ étions — mais nous n'y étions plus tous.

Malgré toutes les précautions que noiis avions prises, pour garantir nos soldats des accidens que nous redoutions pour eux , une partie avait glissé dans raoime au fond duquel nous apercevions leurs cadavres mutilés. Nous nous remimes en route et parvînmes enfin, après* seize heures de marche et de périls, à atteindre Siete Casas. L'ennemi, instruit de la direction de notre retraite, côtoyait les flancs des montagnes que nous gravissions. Le général Saint-»Priest nous guettait avec trois mille Français qu'appuyait le baron d'Ëroles avec un corps d'insurgés à-peu-près égal. Celui-ci occupait Campredon au moment où nous débouchions à Siete Casas. Le jour ne paraissait pas encore ; mais nous connaissions le danger que nous courions; nous poursuivîmes notre pénible retraite. Nous fîmes encore

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plusieurs lieues, n'ayant au-dessous de nous que neige, précipices et nuages.

L'enfant qui aperçoit sa nourrice après une longue absence, n'éprouve pas une joie plus vive que celle que nous sendmes en voyant poindre de ces cimes élevées les' couleurs de la terre. Au milieu de la plaine qui se dessinait au pied de la montagne on découvrait le sanctuaire de Nuria. Nous n'y descendîmes pas, nous nous y précipitâmes et passâmes la nuit sous ses murs.

Le jour reparaît et avec lui tous les maux qui nous poursuivent. La colonne est en marche , et gravit une montagne presque perpendiculaire. La neige tombe à gros flocons, un brouillard épais ne nous permet pas de voir ; la grêle succède à la neige , le vent souffle avec violence et la chasse dans la figure. Nos yeux sont secs ; le sang tient lieu de larmes. L'impétuosité du vent va toujours croissant ; les élémens se déchaînent ; nous

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