CHAPITRE Ilf. a5c
Après le désastre de la quatrième division , la troisième ne pouvait rester isolée. Elle descendit dans la Basse-Catalogne où elle se réunit à la première. La seconde était déjà sous l'influence des mouvemens de l'armée ennemie d'Aragon. Elle se concentra sur la ligne de Tarragone et de Tortose.
Depuis la fin de juin, il n'y avait plus, à proprement parler, qu'une seule division dans l'armée, celle du général Milans. Elle venait de recevoir un bataillon de troupes de ligne de la garnison de Barcelone, deux autres de milice provinciale, et is'élevait alors à sept mille hommes. Cet accroissement de forces, l'inaction des corps qu'il avait en tête, ne permettaient'plusà celui qui la commandait de rester oisif. Il résolut de frapper uh^coup hardi, capable peut-être de changer la face des affaires, au moins dans le district où nous opérions ; car enfin les autres corps de Tarmée n'étaient pas encore dissous. Qui peut me-
surer les conséquences que pouvait entraîner un succès?
L'armée française avait laissé à Mataro sa caisse et ses magasins , sous la garde de quatre mille hommes. Le général Milans forma le projet de les surprendre. Né dans la place, il était cher à la population, et pouvait, en cas de liesoin^ compter sur la coopération d'une grande partie de ses compatriotes. Il fit intercepter la communication de GranoUers à Matarô, et se porta, au milieu de la nuit, avec toutes ses forces sur l'entrepôt. La cavalerie était en tête ; elle avait ordre de charger , dès qu'elle serait arrivée dans le faubourg, et de se jeter dans la place. Mais les portes étaient gardées avec soin. £lle fut accueillie par une fusillade qui la déconcerta. Au lieu de fon»
dre sur le poste qui les défendait et de s'élancer dans les rues, comme elle en avait Tordre, elle tourna bride et s'enfuit avec une telle préCi^pitatiori , qu'elle répandit partout le