CHAPITRE V
On chercherait en vain à. excuser une semblable conduite. La politique , la morale 4 la philosophie la condamnent également. Qu'alléguer en effet pour la justifier ?, Les explications à donner aux nations étrangères ? c'était l'affaire du cabinet. Les modifications à foire à la constitution ? c'était aux cortès à y procéder. La ruine de notre corps d'armée paraissait-elle inévitable? Mina et Gurrea avaient montré comme il fallait tomber. Mais l'effusion du sang? Les hommes d'état devaient tout ' faire pour la prévenir: mais c'est la moindre des considérations aux yeux du soldat; la guerre déclarée, il n'a qu'à se battre. }
I^ commandant de Cardone trouva des imitateurs; un capitaine de milice provinciale ^n garnison à Tort ose , Gonzales , profita du jour , qu'il était de garde pour livrer le châtieau à la faction de la Huerta^ Les insurgés, protégés par les ténèbres, se répandirent comme un torrent dans le fort. Le gouverneur surpris.
n'eut que le temps d'assembler une partie de la troupe qui était restée fidèle et de s'échapper. Deux pelotons d'hommes à cheval, qui occupèrent les portes, se conduisirent avec une excessive barbarie. Le sexe ni l'âge n'obtinrent grâce de ces farouches soldats de la Foi. Tout ce qui arriva sous leurs lances porta le sceau de leur cruauté.
Les sociétés secrètes, qui ont fait tant de mal en Espagne, ont été la cause principale de la perte de ces deux places et particulièrement de celle de Cardone. La chute de celle-ci fut décidée dans une séance qqe tinrent entre eux les plus fougueux sectaires, et il n'en pouvait être autrement. Qu'attendre , en effet , d'hommes qui se créent des devoirs imaginaires pour se dispenser de remplir les véritables? qui s'immiscent dans le gouvernement de l'état, pour ne pas subvenir à ses besoins? Sous un joug tyrannique, les associations clandestines peuvent être excusées ; mais sous une