‹ Mémoires sur la dernière guerre de CatalogneChapitre 121 sur 196 · CHAPITRE V. tàji · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. tàji

administration sage , tout sectaire politique est un traître. .., ^

La perte de Tortose affecta vivement Manso.

Ce fut ce général qui en donna avis à son chef d'état-major. Sa lettre était ainsi conçue :

Tarragone, le i4 juin i8a3.

« Je suppose, mon ami, que vous connais- « sez déjà le désagréable et malheureux évènea ment de Tortose, par la bassesse d'un capi- « taine de la milice d'Orense, nommé Gonzalès, a qui a eu l'infamie d'ouvrir la porte du châ- « teau dont la garde lui était confiée , et d'ina troduire à minuit dans la forteresse la faction a qui se trouvait à la Huerta. Cette perfidie a « causé la surprise du reste de la garnison qui « s'est sauvée par sa bravoure, le gouverneur « en tête , ainsi que la plupart du bataillon « Orense avec son colonel. Un coup aussi inat- « tendu me tient dans un bouleversement com-

« plet, et je n'ai de tête pour rien.

« La garnison sauvée est arrivée à Vinaroz . (c au nombre de plus de cinq cents hommes , « et on vient de lui donner Tordre de se rendre « dans cet endroit. Enfin, mon ami, nous (c sommes entraînés de malheurs en malheurs.

« J'en juge ainsi, car je reçois en ce moment la ce nouvelle que les Français, au nombre de vingt « mille hommes, sont entrés à Valence jeudi « dernier.

i< Joseph Manso. »

Les moindres choses qui échappent à un homme dans les momens di£BciIes servent souvent à le faire connaître; quelcmefbis même elles mènent à d'importantes inductions. La lettre de Manso en est un exemple. Elle commence d'une manière décidée; c*est d'abord l'irritation d'un chef de bonne foi; ensuite vient l'agitation qui trahit non la sensibilité , mais la faiblesse de celui qui écrit ; puis enfin, c'est une expression de fatigue, de lassitude, telle

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que n'en doit pas contenir la correspondance d'un supérieur avec un suI)ordonné. Ce n'est pas ainsi qu'on relève le courage.

Si, après avoir suivi la conduite du général Manso depuis le commencement jusqu'à la fin de la guerre, on pouvait dire quand il abandonne la cause pour laquelle il a combattu :

«c'est une lampe qui s'éteint >»v on éprouvèrsâl du moins uQc.sorte de censolatiôti; mais^^n ne peut pas même le considérer comme unhomme qui s'éclipse ; on est forcé de le ranger au nombre de ceux qui, par leur indifférence, ont consomme la ruine de leur patrie. Toujours en contradiction avec lui-même, il JUra la constitution et protégea les fàétiélix} if'lës' attaqua Vivement* a Môra-'d*ËRr6 , et ièiisHSé^ mâih il leur pardonna.

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