CHAPITRE VI. . 2^g
Tel était l'état de Tarragone, lorsque Esteller se rendit secrètement à Veiidrell. Les motifs de son voyage ne furent pas long*temps u^ mystènç^ Le 5 août, dans la matinée, on reçut une d^pè»' che de Manso qui déclarait que, couvainca de l'impossibilité de résister aux ennemis et de la nécessité de mettre fia à la guerre , il venait de transiger avec le maréchal Moncey;
La garnison , indignée autant que surprise^ était dans un trouble inexprimable. Van Halen prend , avec quelques autres officiers de Fétat-^ major de sa division , le parti d'accourir , afin d'arrêter, s'il en est temps encore, les efibtf de la séduction. 11 se Eût précéda par un bil^ let qu'il adresse au^ commandant du bataillon de Malaga. « Mon cher Garcia, lui disait^l, né « faites aucun cas de ce que vous dira Manso ; a vous êtes enveloppé dans une intrigue. At- « tendez-moi; dans quelques» minutes, nous « nous verrons. Tout à vous; votre compagnon,
«Van Haleh. »
aSo LIVRE IV.
Il monte en effet à cheval , mais il est arrêté ainsi que MM. Ârango et Goti qui l'accompagnaient, par l'ordre du nouveau gouverneur, le général Aldama (i). Pour sortir de la place, Arango écrit au gouverneur; mais celui-ci^ qui n'était pas tout-à-fait en bonne harmonie avec ces officiers , se trmivait disposé 'à les croire d'intelligence avec leur général de division; il s'écrie qu'ils Vont partager la défection de Manso, et sans autre information, il les envoie aux arrêts. Madame Van Haleli/qui avait sa maison eh ville, put seule, à force de prières, obtenir la permission de voir sort mari. Le gouverneur chargea de l'instruction du procès le lieutenant-colonel Çandamo qui , dans l'ardeur de son zèle, se flattait de clore Vin-
(i) Le. général Aldama et le général Ësteller, déjà cpmpagnons d'armes en Amérique , venaient de recevoir la m^e destination. Le grade d' Aldama fit éprouver à Perena le même sort que celui d'Estellér fit éprouver à Van Halen.
Nv