‹ Mémoires sur la dernière guerre de CatalogneChapitre 135 sur 196 · CHAPITRE IX, 3o · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX, 3o

tacherai mon fils avec un câble, je brûlerai le timon plutôt que de le lui rendre. — Vousavez raison, lui dis-je, mais veuillez m'écouter, j'ai deux mots à vous communiquer en particulier». Je l'entraîne dans ma chambre, jefermela porte à clef et je lui dis : « Savez-vous qui je suis? — Won. — Savez-vons qui m'a conduit ici? — Non plus. — Eh bien ! sachez que je suis aidede-camp du général Mina, que votre fils vient de me conduire ay milieu des ennemis, et que vous ».... A ces mots il recule, ôte son bonnet et change de couleur. « N'ayez pas peur,TOOn brave homme, ne vous épouvantez pas. Dites-moi seulement : Avez-vous de la tendresse pour- votre fils? l'ainiez-vous, ce fils? — Si j<î l'aime! - — L'aimcz-vous beaucoup.... ? Eh bien! si votre fils se trouvait en présence de mon père, d un père a-peu-pres de votre âge, et que sa vie fût dans ses mains , que feriez-vous à sa place? Et moi nussï je suis fils...! Et moi aussi j'ai un père... ! Décidez. »

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Cet homme qni avait lutté toute sa vie ooo« tre les flots et les tempêtes ne put contenir son émotion ; elle se manifestait par de grosses larmes qui coulaient sur ses joues bm^ nies , sans qu il parût s'en apercevoir. Il me saisit dans ses bras, et sans proférer une parole , il me quitta : en un clin-d'oeil, tout était prêt pour remettre en mer.

Je partis à la nuit, et le lendemain,à la pmnte du jour, j'avais remis les dépêches au ^néral en chef. Mina était alité; quoique fort soupirant, il ne put s'empêcher de sourire à la vue de mon déguisement. Après cette expression de gaîté passagère, je remarquai bientôt celle de Tintérét sur le noble visage du général, lorsque je lui rendis compte des danger» que j'avais courus.

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