CHAPITRE X
DEPUIS LE COHMENCEMEUT d'août jusqu'au 3 NOYEMB&S;
Lanciéres et enfans miliciens dé Barcehmei
— Expédition de Fernandez. — Mort de Pacchierotti. — Expédition de SanMiyéèh
— Effervescence du capitaine (y-Donnel:
Ok dit communément que nul iir'est prophète en son pays; on pourrait ajouter qu'il n'y a pas de justice pour les contemporains. Pénér très d'une admiration excessive pour l'antiquité, nous louons avec exagératioa les exploits que nous n'avons pas vus, aux. dépens de
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ceux qui se sont passés sous nos yeux. Sans prétendre élever les faits de cette histoire au niveau de ceux qui, étant d'un plus grand éclat^ parlent davantage à l'imagination , nous regretr tons que plusieurs traits de la dernière guerre de Catalogne ne soient pas assez connus.
Madame Lacy, .veuve du général de ce nom , avait organisé à B^celone un corps de lancières^dottt le but était de suivre lesmilieieils sur le champ de bataille pour y recueillir les blessés, et rendre les derniers devoifs a ceux qui périssaient en combattant* Cette institution généreuse donna lieu aux scènes les plus sublimes. Les femmes pressaient leurs maris de prendre les armes , les filles encoui:ageaieat leurs frères, et se consolaient^ cpmmci dé véritables Lacédémonienne») de la perte de leurs parcfns par le souvenir de leur courage.
Les adolescens même se montraient jaloux de contribuer à la défense de la patrie; ib avaient formé \m bataillon, et ces jeunes g-eos^
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qui semblaient à peine capables de souteoir leur fusil, exécutaient des manoeuTrea qui iûsaient Tétonnemeot de emxi qui en étauBl témoins. . . ,
Quel que fât l'élan de lapopulation deoette ville, on n'avait pu secourir Figuères dont les subsistances étaient épuisées. La possession de-cette place était cependant devenue pins importante encore depuis que Cardone avait succombé. Mais Barcelone n'avait pas assez de troupes pour tenter de la seconrir de vive force. Faibles comme nous étions, si nous eussions essayé de la dégager, renBeni nea^ eût laissés nous répandreiki loin^ et-sât tqia Barcelone en danger. On noua a>ep^ecfai, ainsi qu'aux assiégeans, d'être restés I« bnu croisés; mais il est plus ftidle de cetiMir«vj:]tie de diriger les évèneroens. J> péFtt que. coufrit Figoères fît néanmoins hBaardtr'ime expédition.
On réunit, le 9 septembre,- tous le* b&ti-
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meus a voiles latiiies qui étaient dans le port ; on y tit embarquer le soir mille sept cents hommes d'infsmterie et cinquante cheiraux, aux ordres du colonel Fernandez, ex-gouverneur de Cardone. L'opération ixHisiinia plus de temps qu'on n'avait cru. On ajourna Je départ à la nuit suivante. Le lo, dès que le soleil eut disparu, on se jeta dans les bâtimens; on appareilla sur les onze heures du soir, et on arriva au point du jour à Mongat, à un mille sur les derrières de la division qui iaisait le blocus de Barcelone. A mesure que les troupes débarquaient elles se formaient sur les hauteurs à coté de la grande route. Un détachement français, composé de trente-trois hommes et soixante - trois chevaux, vint se jeter dans leurs postes. Les honunes furent eu* voyés sur les mêmes transports à Barcelone, et les chevaux servirent pour augmenter la cavalerie de Fernandez. La colonne se mit en marche ; elle gagna Lliers , la montagne du
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Moncey, San Marcial, San JuHen , Roda , £squirol , Oiot, et avait déjà dépassé Besalâ, lorsque les Français se présentèrent. Le fea s'engagea^ et quoique Tennetyii supérieur aoi nombre ne pût tenir, la perte, à -peu -près égale des deux cotés, fut plus sensible pour Fernandez , obligé de laisser ses blessés dans l'ermitage de Saserra pour pouvoir coaïiiij#er son mouvement. Il fit une eantre^inarche par les montagnes et descendit sur le village «ifef^ Torrates ; mais il avait à peine débouché^ qm déjà rennemi s'avançait à sa rencontre. La colonne, dépourvue de munitions,, bariissée par la faim et les marches eontinuelles, n'était plus eu état de faire tête aux colonnes qui s^e présentaient. Néanmoins il n'y avait.p$s à choisir, l'ennemi était en £suce, et la retraite interceptée. Il fallait payer tl'audace j ac€;epter avec résolution un engagement^ qu'on ne pou- « vait éviter. Pacchierotti et Minusîr, qui tpus deux commandaient en second, fopt passer
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dans Vime de leurs soldats la magiuiDiiiiité qui les entraîne. Tous deux avaient antérieurement reçu des blessures , tous deux prêchaient d'exemple. Les troupes s'animent à leur voix ^ et fondent sur l'ennemi qui était sur deux colonnes en diagonale, sur le pendiant d'une coltine ; marchent à la baïonnette contre celle de gauche , la serrent, et sont prêtes à l'aborder, lorsqu'elles tombent sous le feu croisé que l'une et Tautre avaient dirigé conlre elles. Le trouble se met dans les rangs , elles sont entourées et obligées de rendre les armes.
Cest ici que succomba la fleur de la milice volontaire de Catalogne, la légion libérale étrangère , derniers débris de ces malheureux Italiens que la peste, la faim et la guerre avaient épargnés. Cette victoire était réservée au général Damas. Il s'en montra digne. Sa conduite en- Vers les prisonniers lui donne des titres à toute notre reconnaissance.
Il ser^ble étrange qu'slprès le résultat de la
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première embarcsÈtion ob ait osé :i*isqil«r' la même expéditioil la nuit suivante. Mais toiit était prét^ le gros des Iroupi^s ténntmles était encore éloigné; il fallaîl^ ou profiter de la cir- <ion8tanc€^ ou renoncer à jamais au projet de secourir Figttères et de porter la .guerre sur le^ derrières de Fennemi.
Si l'on demande. pdurf|iioi Ton avait confié dette expédition à Fernandez <{ui n'avait pas su conserver QBrdone^ on répoiidrà qu'il. edt peu généreux lors(|u'un hdnlhie a gagné la coilfiatice ) en donnant des preuves multipliées de son mérite, de la luiotcr au preimer malheur qu'il éprouve.
Pacchierotti reçut de nouvelles blessui^és dans ce dertiiei^ combat; il aurait pu en guérir^ mais voyant la cause perdue ^ il refusa la pitié des ennemis et mourut digne < de kU« même et de sa patrie.
L' Apédition de Fernandez avait manqué ^ une autfe pouvait réussir. Le général en chef
résolut d'en courir la chance. Il chargea son chef d'état-roajor, le colonel Évariste San Miguel, de sortir de Tarragone, passer en Aragon, réunir toutes les troupes constitutionnelles, et en former une masse avec laquelle il pût ranimer l'esprit des provinces qui s'étaient le plus prononcées pour la constitution. San Miguel obéit. Il se mit en route pour Lérida, sortit de cette place avec trois mille hommes d'in£sinterie , quatre Aits chevaux , et se dirigea sur Balbastro. Il avait déjà six mille ennemis sur ses traces, lorsque Santos Ladron ^int grossir leur nombre avec la fiiction de Navarre. Obligé de renoncer à son projet, San Miguel passa sur la rive droite du fleuve et s'en retourna paisiblement à Lérida. Peu de jours après, pour moins attirer l'attention et pouvoir exécuter son mouvement avec plus'de promptitude, il sortit de la place sans* autre escorte que trois cent cinquante homiSes de cavalerie qui formaient le régiment de la Ck>nsti-