‹ Mémoires sur la dernière guerre de CatalogneChapitre 142 sur 196 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

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avec lui s'attachent en général encore plus étroitement à lui dans la prospérité; ils se disent les défenseurs de ses droits, vantent leurs services , appellent dévoûment ce qui peutêtre n'était que calcul, et écartant tous ceux qui leur font ombrage dans leurs excessives prétentions, se partagent le commandement des villes, et deviennent les premiers obstacles à la réconciliation. Mais lors même qu'ils auraient assez de générosité pour n'avoir aucune vue personnelle, ils ont contre eux une prévention qui est funeste à leur force morale. Le fait le plus indifférent, l'acte de justice te moins répréhensible est interprété comme l'effet d'une anïmosité que rhomme public ne doit pas avoir : interprétations fâcheuses surtout, si l'on tient à conserver le prestige d'impassibilité qui doit accompagner les mandataires du pouvoir.

C'est donc dans une autre classe d'hommes qu'il faut, si l'on veut conduire à bon port le

vaisseau de l'état, chercher les dépositaires du pouvoir. Des hommes impartiaux qui n'ont ni ressentimens à satisfaire ni torts à Ëiire oublier, ceux qui ont du tact , de la prévision , qui savent pressentir, conjurer les (M*ages, qui sont vertueux , sans ambition ; ceux qui méritent qu'on leur confie les rênes de l'état, seront pacifiques , disposés à tout tenter pour rapprocher les partis. Intéressés au maintien de l'ordre public et de la sûreté générale par leur caractère et leur position ; unis intimement à la société par les liens de la fortune et des affections domestiques , ils ne négligeront rien pour assurer l'action du pouvoir, calmer, pacifier, répandre partout la confiance et la sécurité. Qu'on ne dise pas qu'étrangers aux dissensions qui troublent la patrie , de tels hommes , négligeraient leurs obligations et verraient avec indifférence périr le gouvernement. Tout homme vertueux chérit son devoir. Tout père de famille, tout propriétaire est intéresté à la

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paix comme un .premier moyen de conserver les objets qui lui sont chêrs. Jamais on ne les verra s'exposer follement aux réactions du parti vaincu, parce qu'ils connaîtront ses véritables ressources, et que la passion ne les égarera jamais. On ne manquera pas de dire qu'il est juste que ceux qui ont concouru à l'établissement du pouvoir partagent ses bénéfices. Les bommes ne se contentent plus , je le sais , de la couronne de laurier ou de cbéne dont s'enivraient les Rt^nains; cependant les récompenses qui paient les services ne doivent pas être accordées aux dépens de l'humanité, et moins encore aux dépens det la «ause qui triomphe. Toute tempête politique est un mal que compensent difficilement les biens qui eu peuvent résulter dans la suite; mais si la couicorde , la fraternité et l'affermissement des institutions sont le fruit de leurs sacrifices, les auxiliaires du vainqueur doivent être aatîsiaits; le sang qu'ils ont versé n'est pa&toutÀ'fait perdue

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