‹ Mémoires sur la dernière guerre de CatalogneChapitre 144 sur 196 · CHAPITRE IV. 35l · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. 35l

Une croyance bienfaisante ot consolatrice a fait quo, dans tontes les nations et dans tons les âges, les lois ont écarté la snspicion de culpabilité, et préféré laisser quelques criminels impunis, plutôt que de condamner un innocent : mais la raison, l'expérience, le consentement unanime de tous les siècles ne sont rien pour les passions ; peu leur importe la manière dont elles départissent la peine ou les ♦^compenses, pourvu qu'elles se satisfassent.

Que cédant à la nécessité des temps,ou pour mieux dire aux desseins de la Providence, les horames de différentes opinions scréunissent, conviennent de mettre fin aux guerres qui tes divisent et présentent un succès durable, une telle détermination a toujours été considérée comme un bien pour la société, reconnu par les lois des pays qui ont été en proie aux dissensions. Repousser une (elle transaction, c'est se refuser à l'évidence, c'est vouloir revenir aux temps où les dogmes se déballaient

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à la pointe de Tépée, aux guerres sanglantes que la religion et l'humanité ont également dé* plorées.

L'amour de son semblable et le bien de l'état ont fait fléchir la justice elle-même ; elle a adouci la rigueur de ses décisions pour ne pas compromettre la vie, la fortune et la tranquillité d'une trop grande masse de citoyens. La soif du sang fait quelquefois oublier ce précepte salutaire. On confond d'abord la vengeance avec la justice; bientôt après, celle-ci se déguise sousle masque du bien public, et on dit emphatiquement que la multitude des coupables ne change pas les lois/S»i la raison établit que les changemens politiques doivent porter avec eux l'oubli du passé ; si elle con<« damne les recherches indéfinies qui, sans mieux asseoir le gouvernement, tiennent le citoyen dans une anxiété continuelle; si elle apaise les méfiances des nouveaux che& de l'état, par la persuasion que tout ce quiii'est

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