‹ Mémoires sur la dernière guerre de CatalogneChapitre 158 sur 196 · CHAPITRE I. 38l · texte numérisé non relu

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tant qu'on empiète sur leurs défauts que l'on tire parti de leurs faiblesses et de leurs passions pour faire briller leurs qualités avantageuses. Ces considérations générales nous firent concevoir combien serait importante l'histoire de Barcelone 9 dans ces dernières années. Rien ne fait une impression aussi profonde dans notre esprit que de voir un tableau où les ver* tus et tes vices se montrent sous des couleurs animées, où les vicissitudes soient rapides^ les oscillations toujours incertaines et les peuples succombent en conservant une certaine ma* gnanimité dans le malheur. Et qui aurait l'art de peindre au naturel le déchaînement des passions, le choc d^ affections, les bruyans désirs et les transports dé fureur , sans être frappé de surprise et porté à faire de salutaires réflexions ? Ici on verrait l'origine et le progrès des partis, leur prodigieuse influence, et la destruction des obstacles qui se seraient opposés à leur marche; ià, les malheurs que

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l'ambition entraine, la lutte perfide da fima* tisme et la rencontre inévitable des ressenti* mens ; ailleurs, enfin , l'influence des causes sur l'introduction d'autres mœurs et usages^ et la manière dont un nouvel ordre d'idées, soit morales ou politiques, viendrait à remplacer l'ancien.

Il est naturel que le grand événement polittique qui venait de dissiper la couctirreace des causes qui avaient attiré les regards de l'Europe ait plongé notre âme dans une sorte de stupeur , et que revenue à elle-même, elle essayât de chercher philosophiquement dans les passions de l'homme le principe d^oà dé^ rive l'élévation rapide des empires et leur chute si imprévue et si subite. Toutefois, nous ne pensons pas qu'il eût été prudent de tracer alors une histoire semblable , soit parce qo*il aurait été indiscret d'irriter des plaies qui n'é« talent pas encore cicatrisées , soit aussi parce que beaucoup ne se trouvaient pas à même

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«le juger avec impartialité un ouvrage de celte nature. Tous ceux qui avaient 6giiré dans les dernières années vivaient encore, et non-seulement nous devions des ménagemens aux malheureuses victimes des évènemens, maiâ à ceux même qu'une onéreuse compas^ sion intéressait en leur faveur., Accoutamés à ^ respecter l'infortune, s'il nj^t pascbns notre main de la soulager, aurion»-naus osé roaVrir tant de blessures funtistes, en rappelant les circonstances qui les avaient causées? Laû^ sons , disions-nous , au temps le ^soiii d'apai*ser l'exaltation des Ëinatiques et de calma* les haines invétérées ; laissons-lui le soin de dissiper tes illusions d'une vaine gloire , et que les hommes en voyant la terre dévastée, les arts déchus, l'édifice de leur pouvoir ruiné, coimmeucent à comprendre que la paix et l'union sont le seul fondement du vrai bcmheur; laissons , enfin , une philosophie pacifique faire entendre sa voix là où tonne encore le bruit

des passions , et alors l'histoire pourra tracer un tableau aussi intéressant qu'instructif avec l'ënergie et l'impartialité qui lui sont propres (i). Conséquens à nos principes de ne* pas nous mêler d'affaires politiques qui auraient eu quelque rapport à la diplomatie générale de l'Europe , nous avions à cœur de prévenir tout reproche de contradiction a:vec nousmêmes; et cett« considération aurait suffi seule pour nous arrêter, quand un sentiment de patriotisme ou des prétentions littéraires nous eussent inspiré la tentation d'écrire.

Mais à la fin d'une année qui paraissait être la dernière d'une période si agitée, nous avons cru à propos de revenir sur ce grand sujet ^ ad

(t) Puisse l'époque être arrivée ; puissent ces Mémoires être l*ayant-coureur de l'histoire qu'envisageaient les éditeurs de YEuropéen ! Si on venait me dire que je me sois hâté de puhlier mes pensées , je pourrais répondre qu'eo rédigetnt mes souvenirs militaires j'avais pour maxime :

Odio guerrier non Aura oltre la pugna.

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