CHAPITRE IV
tarde pas à s'engager. Un feu roulant se Ëiit bientôt entendre. C'est Gurrea qui , avec une partie^ de la division , s'est porté sur l'extrémité de l'aile droite de la ligne ennuie et commence le combat. Eroles ne fait pas d'abord grande attention à cette attaque ; mais peu-à-peu elle s'étend et s'anime de telle manière qu'il est obligé de faire marcher au secours des siens. Le général en chef s'en aperçoit et détache sur-le-champ un bataillon qui se porte sur l'aile gauche, avec ordre de se glisser insensiblement sur l'arrière-garde. Eroles persistait à regarder le premier engagement comme une fausse attaque. Aussitôt qu'il entend le feu qui s'ouvre sur le côté opposé , il s'ébranle dans cette direction avec ses masses; c'était une nouvelle méprise. La véritable attaque devait se faire sur le point qu'il avait le plus affaibli. La partie de la division qui restait encore disponible, s'élance en effet sur le centre , le joint , le culbute et décide la journée.
go LIVRE II.
Nous avions ainsi enfoncé le baron d'Eroles avec des forces bien inférieures, et triomphé de ses efforts , malgré les positions qu'il avait choisies. Nous n'attachions néanmoins d'importance à cette victoire que par l'effet moral quelle devait avoir sur l'opinion. Nous savions qu'Ëroles , seul ou presque seul dans le commandement 9 ne pouvait tout £iire. Il ne pouvait se trouver en même temps partout , diriger une ligne d'une étendue considérable, réparer les fautes, donner de l'élan aux masses. Noua lui tenions compte du mauvais état de ses yeux et de la qualité de ses troupes qui n'étaient pas plus accoutumées aux évolutions qu'à la discipline.