CHAPITRE V. g
Cette ville où se ralliaient les débris de l'armée d'Eroles n'était qu'à une petite lieue. Notre cavalerie, l'état-major en tête, se porte en avant. Nous entrons d'un côté pendant que les £aictieus: s'échappent de l'autre. Nous marchons à eux, on' se presse, on se confond;
l'arrière-garde est mise en pièces; le corps de lanciers atteint au passage de la rivière , est anéanti. Le reste est détruit dans la plaine. A peine quelques centaines de ces malheureux échappdf^t-ils au tranchant du sabre pour porter laPntivelle de leur désastre à Puycei*da.
Nous nous mîmes à leur poursuite. Dès le lendemain nous parûmes à la vue de Puycerda.
Ils avaient évacué la place. Nous les trouvâmes en position; nous battîmes aussitôt la charge; mais consternés, abattus, ils ne nous opposèrent qu'une faible résistance et prirent la fuite. La victoire nous avait trop peu coûté pour avoir du prix à nos yeux, mais le spectacle qui la suivit était trop humiliant pour ne pas faire
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sur nous une forte impression. Nous vîmes ces superbes vengeurs de la foi qui ne pouvaient tolérer le mot de constitution^ livrer liumble» ment leurs armes et souffrir que des étrangers les foulassent aux pieds. Nous les vîmes chercher un refuge sur le territoire français , comme % des malheureux qui avaient tout perdu. La régence était pêle-mêle avec les fuyards ; le baron errait dans les montagnes. ,
L'insurrection était battue, hors d'état de nuire. Nous n'aperçûmes pas sans J Ste pnver un sentiment pénible les factieux grol^M sur le penchant d'une colline où ils semblaient déplorer leur misère; nous ne les considérions plus comme des ennemis, mais comme des compatriotes, comme des infortunés dont la chute n'avait pas été sans gloire; si toutefois on peiit attacher ce mot à des hommes qui déchirent leur patrie : nous étions émus j les réflexions venaient en foule.
Que se propose-t-on? qu'attend-on du sa-
jfc.