CHAPITRE I
Avant de commencer ce récit, qu'il me soit permis une seule réflexion. Le roi d'Espagne était-il moins libre dans sa capitale^ au sein de sa cour , entouré de ministres de son choix, vainqueur de Riégo, maître absolu de son pays, lorsqu'il jura la constitution; était-il
moins libre, dis-je, qu'au port de Santa-Maria ,
lorsque entouré de cent mille baïonnettes étrangères, il révoqua sa parole royale ?
Le roi de Naples était-il moins libre , partant pour Laybach , accompagné des vœux et des bénédictions de son peuple , que revenant du congrès , précédé par une armée ennemie , souillée dû sang de ses sujets ?
Cette histoire se borne aux évènemens de Catalogne , parce que ce sont les seuls dont je puisse parler ou comme acteur ou comme témoin. Aide-de-camp du général Mina, j'ai eu l'honneur de partager ses dangers ; je ne lui ai pas paru indigne d'être du petit nombre de ceux auxquels il accorda sa confiance , et je
lO LIVRE I.
crois m'en montrer encore plus digne en ne faisant consister les titres de cette histoire à l'intérêt général, que dans la sincérité des récits et la peinture fidèle des faits.