CHAPITRE II. l
la yille et répandit partout la consternation et la mort. La terreur devint générale, la population déserta ses foyers. Hommes, femmes, enÊms, vieillards, tout fut camper hors des remparts.
Le cabinet des Tuileries mit à profit cette circonstance. Il prétexta le danger de la contagion , allégua la nécessité d'en préserver la France , et porta sur les frontières de la Catalc^e un corps d'armée dont il déguisa la destination sous le nom de cordon sanitaire.
On crut d'abord que cette mesure était toute de prévoyance , mais on ne tarda pas à voir combien on s'était mépris. La peste cessa , et le cordon , au lieu de se retirer , prit le nom de corps d^ observation. De nouvelles troupes le joignirent ; la séduction redoubla d'efforts , CD dit même que l'or fut répandu à pleines mains pour corrompre ceux que la peste avait épargnés.
Ce n'est pas là néanmoins ce qui compro*
l4 LIVRE I.
mettait le plus la liberté espagnole. Un ennemi plus redoutable la menaçait. Le clergé qui avait soutenu sept années la guerre de l'indépendapce, qui n'avait épargné ' aucun sacrifice, pour repousser un ennemi formidable, le clergé repoussait avec horreur la constitution de Cadix.
Et quel ascendant ne lui donnaient pas s^ richesses et la sainteté de son caractère ! Que ne pouvaient For et le nom du ciel sur une populace pauvre et superstitieuse! Il l'enflamma , l'excita au meurtre , et couvrit bientôt de ruines un pays où il aurait dû chercha à calmer les écrits. Ce fut en Catalogne que fut donné le premier stgpal. On y vit les ministres d'un Dieu de paix ensanglanter les mardies de Fautel , et lancer de la chaire de vérité les brandons de la discorde. On y vit , l'évêque comme le provincial , le curé comme le moine , également transportés d'une aveugle fureur, rivaliser de zèle dans cette nou-