‹ Mémoires sur la dernière guerre de CatalogneChapitre 91 sur 196 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

2^/25/ Cependant des lambeaux soiit suspendus au haut d'un grenier dans la maisoh du bailli. Lés soldats imaginent de les détacher; ils développent un espèce d'oriflamme au milieu duquel est tracé en gros caractère : Fwe Anton Colll Cette découverte les anime; ils redoublent de soin et trouvent un second drapeau de même grandeur, mais de couleur dif^ férente. Ils les porteilt l'un et l'autre au général en chef. Les deux baillis sont aussitôt saisis, jugés, condamnés comme compliceé des excès de la compagnie de Yallfogone doht les deui officiers avaient déjà été fusillés.

Nous voyions avec peine cette exécution; nous déplorions la perte de deux fonctionnaire^ qui avaient compromis leur vie pour des intérêts qui n'étaient pas les leurs ; mais le second bailli se chargea d'adoucir nos regrets. Il était à genoux et la troupe s'apprêtait; tout-à-coup il change d'attitude , rassemble ses forces , s'é^ lance dans un ravin , et gagne la campagne.

208 LIVAE III.

Le piquet et les sentinelles font feu sur lui, mais inutilement.

Le curé était aussi ardent que les baillis contre l'ordre de choses établL Le général l'emmena avec la division ; mais qudques gratifications qu'il donna pour subvenir au besom de la troupe, lui fit rendre presque aussitôt la liberté.

Vers midi, le général en chef, instruit que les troupes de RipoU et d'Olot avançaient sur Vallf ogone , se dirigea vers San Juan de las Abadessas. La montagne qui sépare ces deux villages n'était pas praticable pour la cavalerie. ^Néanmoins Mina l'avait ordonné : elle fut traversée !

Nous restânïes en position toute la journée du 8 , et à minuit nous reprîmes le chemin de Ripoll. Cette marche hardie trompa Romagosa qui s'était porté sur Y allfogone , et les troupes d'Olot qui venaient nous chercher à San Juan de las Abadessas. Il est impossible de rendre

Page 1