CHAPITRE X
l'effet que les troupes constitutionnelles produisirent sur les habitans de RipoU , et celui que RipoU fit sur les constitutionnels. Il n'y avait pas un mois que nous l'avions laissé et nous pouvions à peine le reconnaître. Les inscriptions patriotiques qu'on lisait sur les portes de la ville , les noms illustres qui en désignaient les rues, les emblèmes qui décoraient les places, tout avait disparu; les maisons des bons citoyens étaient désertes, les dignes personnes qui les habitaient erraient dans les montagnes. Le peu d'habitans qui osaient se montrer portaient sur leurs visages la terreur que les excès dont ils s'étaient rendus coupables leur inspiraient à eux-mêmes ; Mina les abandonna à leurs remords.
Nous campâmes le même jour à Borroda; et repartant le 10 nous nous portâmes sur Berga.
Gep-dels-Estanys qui s'en disait le roi avait pris ses mesures pour interdire au général Mina rentrée de son Jj^rritoire. La limite en était
2IO LIVRE m.
marquée par un pont qui était assez grotesque* ment barricadé. Les troupes qui devaient le défendre étaient parsemées au milieu d'un amas de rochers qui se commandent, et forment une espèce d'amphithéâtre dont l'approche n'est pas sans difficulté. L'avant*garde met le feu à l'échafaudage , et la barrière de l'empire de Gep - dels - Estanys est forcée.
TjCS positions de l'intérieur forent emportées avec la même facilité que celles de la frontière. I^a capitale même n'essaya pas de nous arrêter et nous ouvrit pacifiquement ses portes.
Enigme incompréhensible ! des Catalans jaloux , des insurgés qui traitent le libéralisme de libertinage laissent leurs filles et leurs épbuses dans nos mains. .B^rga ne renfermait pas un homme à qui nous pu^ions confier la plus légère magistrature. On fut méme^ sur le point de nommer une alcaldesse afin de réprimer la moindre insulte cgi^on pourrait faire