‹ Mémoires sur la dernière guerre de CatalogneChapitre 97 sur 196 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

véritablement atteindre. Cette manœuvre ne réussit qu'imparfaitement. Elle semblait présager la triste fin de l'expédition.

Les corpss'étaient égarés; la nuit, le ter rein, tout avait concouru à retarder la marche. A force de patience nous parvînmes à nous rallier vers minuit. Après une courte halte, nous reprîmes le mouvement et arrivâmes à la vue d'un avant-|)oste de la garnison de Vich que le soleil n'était pas encore sur l'horizon. Un aide-de-camp du cominandant général Gurreà, le lieutenant Rivas, partit au galop avec un peloton de cavalerie pouf le couper. Mais il n'a pas lancé sa troupe qu'il est accueilli par une fusillade meurtrière. Son cheval tombe mort, sa suite est criblée de balles, lui-même reçoit deux coups de feu. La décharge faite, le poste se met en retraite ; il gagne une colline isolée et se rallie à un détachement nombreux qui la couronnait. Déjà l'alarme est répandue dans la ville, la générale se fait en-

tendre de toutes parts. L'escadron attaché à notre division veut profiter de ce moment de trouble; il s'avance vivement, arrive à la porte; mais le commandant qui a déjà franchi la barrière tombe percé de coups; la troupe est obligée de fsâ^ demitour. La surprise alors change en attaque; il n'y avait plus à attendre que des malheurs. Une circonstance particulière contribua à rendre le succès invraisemblable. Nos troupes avaient abandonné Yich sans en détruire les défenses ; les murailles de la ville étaient encore debout; le courage l'emporta néanmoins sur la prudence ; on résolut de donner l'assaut.

Gurrea marche à la colline où s'était rallié l'avant-poste ennemi; le brave capitaine Ruiz de Gusman l'enlève et force ses défenseurs à se retirer en désordre. Des piquets de cavalerie se portent par toutes les directions sur les avenues qui conduisent à la place. Les compagnies légères se distribuent sur les deux ailes

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