Même eflet diurétique ; pouls à
27. Pouls à 56 ; le malade se plaint de battements qui lui retentissent dans la tête, et, pour ainsi dire, par tout le corps (2 milligrammes seulement de digitaline], « Sous celte influence, la santé s'améliore , l'appétit revient, la toux et l'oppression diminuent assez pour permettre au malade de faire quelques promenades à pied. Vers la fin de mars , [le sommeil était revenu avec la santé. »
Sixième observation. — Anasarque avec albuminurie. Digitaline i\ dose élevée , associée au sulfate de quinine. — Action altérante , tolérance; disparition de l'albumine dans les urines.
Homme de ciuquante-huit ans, pris, en 18/i5, d'une dyspnée que le médecin crut devoir rattacher à une afTcclion des centres nerveux. Au mois de décembre suivant, il se joint i\ la dyspnée de l'empâtement autour des malléoles , et l'on constate la présence d'albumine dans les urines (il est bon de
as
noter que des vésicatoires avaient été promenés sur la |)oitrine pour quelques symptômes d'engouement pulmonaire). Après divers moyens inutilement employés, îi la suite d'une consultation du 9 janvier 1846, les médecins, « frappés du caractère en quelque sorte cérébro-spinal que seml)le révéler l'atTection, et conduits, par les antécédents, à penser que l'all)uminurie pourrait n'être que consécutive h une alTection des centres nerveux , provoquée par une chute faite dixhuit mois auparavant, conseillèrent le traitement suivant : Cautères volants ou moxas appliqués tous les six jours sur le trajet de la colonne vertébrale, en commençant par la nuque ; frictions sèches sur les membres; boissons acidulées avec l'acide nitrique alcoolisé (la langue s'étant séchée sous l'influence de celte boisson, le médicament fut vite abandonné); digitaline associée au sulfate de quinine, dans la proportion d'un milligramme de la première pour 5 centigrammes de sulfate de quinine, celte dose répétée trois fois par jour, puis successivement quatre, cinq, six, sept et huit fois; cette dernière dose de 8 niilligraiiimes de digitaline et de UO centigrammes de sulfate de quinine est atteinte le 16,
» Le pouls est descendu progressivement à 52 , mais est irrégulier; les urines ont augmenté, et l'absorption du liquide , épanché dans les cavités séreuses ou le tissu cellulaire , est manifeste. La quantité d'albumine diminue progressivement dans les urines; la dyspnée et les phénomènes cérébraux ont presque disparu ; quelques piqûres, pratiquées aux jambes au moyen d'aiguilles à acupuncture, déterminent un écoulement permanent de sérosité qui paraît activer la résorption de l'anasarque.
» Les doses de digitaline sont portées successivement à 9, 10, 11, et 12 milligrammes, toujours associées au sulfate de quinine dont la proportion n'est pas augmentée. La tolérance est complète : pas un seul vomissement, pas de diarrhée.
))30 janvier.— Le troisième moxaest appliqué, etl'on met un bandage roulé autour des membres inférieurs. L'urine louchit à peine par rébulliilon ou l'addition d'acide nitrique. Le malade, dont l'alimentation est un peu augmentée chaque
jour, commence de se lever, les digestions se font bien : il n'y II plus de spasmes, les nuits deviennent bonnes, etl'amélioraiion paraît assez grande pour que le malade, considéré comme convalescent, soit autorisé à faire de petites promenades en voiture. »
Le 27 février , à la suite d'une course dans une voiture découverte , par une température froide , une pleuro-pneumonie survint , et le malade succomba le 3 juin, après deux mois d'une véritable agonie. (Une saignée de 250 grammes, les loochs kermétisés , des vésicatoires , des cautères , des nioxas, la digitaline, ne purent enrayer la marche de la maladie, pendant le cours de laquelle reparurent l'albuminurie et l'infiltration des membres inférieurs).
Cette observation a été rapportée pour prouver l'action altérante de la digitaline. Suivant l'auteur, cette modification profonde , imprimée au mouvement vital interstitiel , s'est traduite par la résorption des liquides infiltrés, et par la disparition de l'albumine des urines. Quant ù l'inefficacité complète de cette substance, lorsqu'elle a été employée de nouveau après larechute provoquée par le froid, est-il unmédicamenf, ajoutet-il , même pai^mi les plus éprouvés, qui nait pas offert de semblables inégalités?
Le fait que nous venons de rapporter ne vous paraîtra peutêtre pas, Messieurs, aussi décisif qu'à l'auteur, et vous regretterez avec vos commissaires que, dans ce cas où la digitaline a été administrée h une dose tout h fait inusitée (12 milligrammes) et vraiment énorme , pour nous servir de la propre expression de l'auteur, il n'ait pas été fait la moindre mention de l'état du pouls et des battements du cœur, à dater du moment ou la dose de la substance indiquée a été ainsi portée successivement à 9 , 10 , 11 et 12 milligrammes. On ne signale que la tolérance.... Ce n'eût pas été non plus une chose peu intéressante que de rechercher jusqu'à quel point l'association du sulfate de quinine Ji la digitaline a pu modifier les elîets de cette dernière.
Septième observation. — Cyanose par persistance du trou deBotal; trouble profond de la circulation.
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La digitiiliue auguieuic les accidents.
Le sujet de celte observation est un enfant de six mois , cliez lequel il survint tout à coup, à la suite d'un rhume opiniâtre, une cyanose avec d'autres accidents qui permettaient d'admettre l'existence d'une communication anormale, mais non congénitale, des cavités droites du cœur avec les cavités gauches. Ce fut peu de temps après le développement de la cyanose que fut administrée la digitaline sous forme de sirop ( 1 milligramme pour 20 grammes de sirop ) , la dose de deux cuillerées à café par jour. « Dès le lendemain, dit l'auteur de l'observation , nous constatons une augmentation sensible du malaise et de l'anxiété, La cyanose devenait permanente, et la région précordiale transmettait à la main une impulsion très marquée. Après quelques jours de persévérance, et voyant les accidents persister au même degré, nous dûmes renoncer à ce médicament.
» Cette observation , ajoute son auteur, nous offre un des cas où l'action de la digitaline est défavorable , et qui doivent, par une étude attentive , conduire à poser les contreindications à son emploi, s
Le fait précédent nous paraît pouvoir être mis au rang de ceux qui ne prouvent positivement ni pour ni contre un médicament. Il n'est point démontré, à notre avis, que les deux cuillerées à café de sirop de digitaline aient été la cause d'une aggravation de la maladie notée le lendemain. D'ailleurs, pour apprécier l'action thérapeutique de la digitaline , en pareil cas , il faudrait commencer par indiquer exactement quels changements sont survenus dans le nombre et le rhythme des battements du cœur, ce qui n'a pas été fait.
Huitième observation. — Hypertrophie excentrique du cœur sans lésion des orifices.
Influence fâcheuse de la digitaline.
Il s'agit , dans cette observation , d'un jeune homme de dix-huit ans, qui a présenté divers troubles de la circulation et de la respiration; mais on n'y trouve aucun des signes certains d'une hypertrophie excentrique du cœur sans lésion
des orifices, et d'autre part ou y trouve divers signes de maladie autres que ïhypertrophie excentrique.
1<* août 18Ù5. — On prescrit 2 milligrammes de digitaline. «Dès le lendemain, dit l'auteur, nous constations une force et une dureté beaucoup plus grandes du pouls qui vibre sous la pression du doigt comme une corde tendue. En même temps, le malade se plaint que ses palpitations ne lui permettent pas de se livrer au moindre mouvement, même sur son lit ; la toux augmente et les crachats se strient de sang. — Deux jours encore, nous persistons dans l'administration de la digitaline : mais l'augmentation de la dyspnée , l'intensité incontestablement plus grande des accidents dépendant de l'affection du cœur, nous firent renoncer à cette médication.
» Nous voyons, dans ce cas, poursuit l'auteur, la digitaline, eu augmentant l'énergie des contractions du cœur, activer la marche fatale de l'affection organique. Dans un cas d'endocardite aiguë, la digitaline, ayant également imprimé une activité plus grande à la maladie, a dû être abandonnée. »
11 ne nous est pas possible d'admettre comme démontrée la propriété attribuée ici à la digitaline d'imprimer une activité plus grande à la circulation , d'augmenter Vénergie des contractions du cœur.
L'hypertrophie du cœur, même sans lésion des orifices du cœur, n'est pas assurément une contre-indication l'emploi de la digitaline.
Après avoir rapporté les huit observations ci-dessus analysées , tVIM. Homolle et Quevenne ajoutent que c'est « pour ne pas grossir démesurément leur mémoire, qu'ilsn'yont pas consigné plusieurs observations d'épanchements pleurétiques et un de péricardite, dans lesquelles la digitaline leur a paru activer manifestement la résorption ; qu'ils ont cru pouvoir aussi négliger les observations destinées uniquement à établir que la digitaline, comme la digitale, diminue le nombre des battements du cœur : les expériences citées dans leur premier mémoire ne peuvent laisser de doute sur ce point. »
La commission, forte de sa propre expérience, n'avait pas,
de son côlé, besoin d'observations plus nombreuses pour être convaincue qu'à la digitaline appartient, non moins qu'à la digitale elle-même, l'admirable propriété de ralentir les battements du cœur et le pouls. Mais elle aurait accueilli avec un grand empressement les faits propres à démontrer, d'une manière irréfragable, que la digitaline possède aussi une action , une vertu diurétique assez énergique et assez constante pour ne pouvoir être révoquée en doute par aucun des observateurs qui ont longtemps et consciencieusement étudié , au lit des malades , les effets réels de la digitaline.
Ce n'est pastoutque de reconnaître à ce principe les propriétés de la digitale elle-même ou en nature , selon l'expression de MM. Quevenne et HomoHç ; il reste encore à résoudre le problème suivant, posé par ces auteurs : La digitaline offre-t-elle une constance dans ses effets gui lui donne sur les préparations pharmaceut iques de la digitale un avantage marqué? en d'autres termes : La digitaline, envisagée au point de vue de Videntité, offre-t-elle plus de garanties que la meilleure des préparations de la digitale, la poudre, et doitelle lui être pré fériée pour l'usage médical ?
Après avoir rappelé que , dans un précédent mémoire, ils ont exposé les moyens d'obtenir la digitaline dans un état d'identité , approprié aux besoins de la U)érapeutique , MM. Homolle et Quevenne établissent qu'il n'en est pas ainsi de la digitale. Pour démontrer qu'en effet les qualités de la digitale sont susceptibles des plus notables variations , ils ont soumis h toutes les épreuves requises sept échantillons pris sur les digitales que le commerce en gros fournit à l'approvisionnement de Paris et d'une grande partie de la France. Or, il résulte clairement de ces essais , faits avec toute la rigueur convenable, 1° que les poudres provenant de ces échantillons diffèrent sous le triple rapport de la coloration verte, du trouble que produit, dans un infusé de digitale, la solution de cyanure fcrroso-potassique, du dépôt formé spontanément dans l'infusé aqueux de digitale , procédés généralement usités pour apprécier les diverses qualités de cette plante ; 2° que ces divers modes d'essai peu-
vent , à la rigueur , faire distinguer une très bonne digitale d'une très mauvaise, niais non les diverses digitales de qualité moyenne que fournit habituellement le commerce; 3" qu'ils ne fournissent aucune donnée précise pour mesurer en quelque sorte l'étendue de la différence qui existe entre certaines digitales.
Sous le point de vue qui nous occupe , MM. HomoUe et Quevenne donnent, à bon droit, la préférence à la digitaline sur la digitale (1).
Nous ne ferons que mentionner, en passant, les recherches, d'ailleurs intéressantes, que contient le travail de MM. HomoUe et Quevenne relativement à l'influence du mode depulvérisation de la digitale sur la qualité de la poudre de cette substance, et aux extraits de première et dernière poudre de digitale (2).
MM. Homolle et Quevenne terminent cet article par les remarques suivantes qu'il n'est pas indifférent de soumettre à l'attention des praticiens : elles ont pour objet la qualité de la digitale consommée sur la prescription des médecins.
« Nous avons pu , disent-ils, lorsque nous nous sommes procuré nos échantillons de digitale , apprécier, d'une manière approximative, que sur la quantité qui existait à cette époque (1847) sur la place de Paris, il y en avait un quart environ de bien desséchée , un quart de qualité moyenne et moitié qui était mal desséchée et manifestement mauvaise. Il est évident que cette dernière et considérable frac-
(1) MM. Homolle et Quevenne ont soumis les diverses digitales à un autre ordre d'épreuves, savoir Vaciion physiologique. Malheureusement leurs expériences n'ont pas été assez nombreusrs pour qu'on puisse en déduire une conclusion générale ( elles n'ont été faites que sur un seul animal, un chien, celte sorte de victime privilégiée des expériences physiologiques ).
(2) Comme l'un de nous (M. Soubeiran ) l'avail déjà reconnu, par voie d'expérience, MM. Quevenne et Homolle ont trouvé que le poids des deux extraits était sensiblement le même. Mais, en même temps, Vessai fie ces deux extraits leur a montré que, sous le rapport de la qualité et par suite de Vaclivité, il existe entre eux une différence d'environ moilié.
lion u'a pas été jetée, et la digitale n'ayant qu'un usage exclusivement médical, force est bien d'admettre qu'elle a été finalement consommée par les malades. »
MiM. HomoUe et Quevenne résument ainsi leur parallèle entre la digitaline et la digitale :
DIGITALINE.