DIGITALE
Type inaltérable auquel on pourra toujours rapporter toutes les digitalines.
Finpossibilité de conserver inaltérable un échantillon type qui puisse indéflnimenl servir de point de comparaison.
Energie constante de l'agent médicamenteux.
Incertitude inévilabiesur la qualité et, par suite, sur le degré d'activité de la plante employée.
Appréciation possible de la qualité d'une digitaline donnée par la mesure de l'intensité de son amertume, qui doit être telle, qu'il l'aille deux litres d'eau pour enlever l'amertume d'un centigramme de digitaline.
Absence de caractère positif sur lequel on puisse compter pour apprécier la différence de qualité entre les diverses digitales.
Facilité extrême d'administration à toute personne sans exception.
Administration difficile chez quelques personnes, à raison de la saveur et de l'odeur (1).
Pour décider le choix en faveur de la digitaline, et faire pencher définitivement la balance de son côté , il ne fallait plus que jeter en quelque sorte dans le plateau le poids d'une longue et exacte expérience clinique. MM. Homolleet Quevenne l'ont parfaitement compris. «Quant à la différence d'action qui peut exister, disent-ils, entre la digitale et la digitaline , et il la préférence à accorder, sous ce rapport, à l'une ou à l'autre , c'est à l'expérience clinique à prononcer.
(1) Cette proposition ne peut s'appliquer qu'à un certain nombre de préparations de la digitale.
Mais nous pouvons dès h présent nous étayer du témoignage de M. le professeur Bouillaud, qui a étudié l'action thérapeutique de la digitaline depuis plusieurs années, et n'hésite pas à dire, en s'appuyant sur une longue expérience, qu'elle l'emporte beaucoup sur toute autre préparation de la digitale, en ce quelle est moins sujette à causer des vertiges, des éblouissements, des bourdonnements d'oreille, etc. »
Lerapporteur de voire commission, messieurs, qui se trouve ainsi mis en cause, un peu prématurément peut-être, eût préféré que les recherches qu'il a faites, et qui n'ont encore, h proprement parler, reçu aucune publicité, n'eussent pas été appelées en témoignage par anticipation. Mais enfin il se voit, par cela même, presque forcément obligé de vous faire connaître les résultats des recherches cliniques dont il vient d'être question. Heureux d'en offrirles faibles prémices à l'Académie et de lui exprimer son opinion dans les termes les plus précis.
Mais avant , rappelons les propositions fondamentales qui résument toutes les recherches de MM. Homolle etOuevenne, et sur lesquelles ils désirent surtout appeler l'attention de l'Académie.
1° La digitaline (préparée convenablement) représente toutes les propriétés thérapeutiques de la digitale.
2° La digitaline exerce une action régulatrice sur la circulation et en ralentit les mouvements. Cette action, essentielle et à peu près constante, n'exige que de faibles doses (ordinairement de 2 à 5 milligrammes) par vingt-quatre heures (chez les adultes).
3° Lorsque l'on dépasse la dose de îi 5 milligrammes par vingt -quatre heures, la digitaline exerce une action éméto-calharlique , tantôt brusque et soudaine, tantôt lente et graduée.
W La digitaline détermine une action toxique, lorsqu'elle est absorbée à haute dose. Cette action a été produite en injectant dans les veines d'un chien 1 centigramme de celte Substance (1). Mais lorsque l'administration a lieu par l'es-
(1) Annuaire de thérapeutique, de M. lîoiirhnrdal polir l'année IS15.
tomac, l'action toxique ne paraît pas aussi redoutable qu'on est généralement disposé à le croire, l'excès du médicament se trouvant expidsé de réconomie par le fait même ûiiVintolérance (1).
5" Comparée à la poudre de digitale , considérée comme la meilleure préparation pharmaceutique de cette plante, la digitaline doit lui être préférée, attendu qu'elle ollre une plus grande facilité d'ingestion , une action plus certaine et une tolérance plus constante.
6 " M>J. HonioUe et Quevenne ajoutent, en note, que la digitaline produit encore deux autres ordres de phénomènes; une action diurétique et une excitation des centres nerveux, mais que celte double action étant loin d'être constante , ils ne croient pas devoir la rappeler ici (2j.
7" Euliu, parmi les actions de la digitaline, nous signale-
(1) Jusqu'à plus ample expérimenlalion, nous pensons qu'il ne serait pas prudent d'adopter à la lettre cette assertion, savoir, que par le fait même de l'intolérance, l'excès de la digitaline employée serait cunstammeul expuUé, el que, par suite, les phénomènes toxiques ne se produiraient pas.
(2) Les expériences faites par le rapporteur tendent au moins à prouver que l'action diurétique est, en ell'et, bien loin d être constante, puisqu'elle n'a été siguulée, sans preuve suffisante, que chez un des sujets auquel il a fait prendre la digitaline depuis environ quatre ans, déserte que, dans ce cas unique, il se pourrait bien que la digitaline ne fut pas la cause de l'action diurétique présumée.
Quant à l'action excitante sur les centres nerveux, elle sollicite de nouvelles recherches. Le rapporteur a observé un délire violent, semblable à celui de la manie aiguë, chez un malade qui avait pris pendant assez longtemps une dose ordinaire de digitaline, et qui avait ollert de la céphalalgie quelques jours avant l'explosion de l'accident indiqué. Il n'oserait donc affirmer que, dans ce cas, c'est bien à la digitaline, el à la digitaline exclusivement, qu'il faut attribuer le délire el ks hallucinalions dont il fut accompagné. Mais il est d'autant plus disputé à le croire, qu'il se rappelle avoir observé en 1822, lorsqu'il était interne à 1 hôpital Cocbin, un fait semblable, chez un malade auquel on avait administré pendant plusieurs jours de la teinture de digitale dont la dose fut graduellement portée à 65 gouttes.
Quoi qu'il en soit, le malade, qui, à la suite de l'adminislralion de la digitaline, fulaffecté d'un délire aigu, maniaque, avec hallucination?
rons les suivantes, mentionnées dans le cours du travail de MJJ. Honiolie et Quevenne.
I. Action sur les rjeux. Dans le cours des manipulations chimiques, des fragments de digitaline ayant sauté dans l'œil, voici ce qui en est résulté : Sensation légèrement pénible dans l'organe, et puis, après h ou 5 heures, trouble de la vue, de telle sorte que si alors on fixe une lumière, la flamme de celle-ci paraît entourée d'une auréole offrant les couleurs de l'arc-en-ciel. Cet état se dissipe dans l'espace d'une journée, sans laisser aucune trace. Pendant sa durée, la pupille est h peine dilatée , paraît moins contractile , et le cristallin semble présenter une certaine opalinité.
L'effet ci- dessus indiqué se produit encore, lorsqu'on est resté longtemps dans une atmosphère chargée d'émanations pulvérulentes de digitaline.
II. Action sur la peau dénudée de son épiderme. Appliquée sur le derme dénudé, à la faible dose d'un milligramme, renouvelée à un intervalle de huit îi dix heures, la digitaline provoque une vive inflammalion, avec gonflement, rougeur et engourdissement douloureux des parties voisines. Cette action prive la digitaline de l'avantage de pouvoir être ad-
et cris, après avoir été isolé des autres malades, finit par recouvrer l'usage de ses facultés intellecluelles. Le uialade, chez lequel l'adminislralion de la teinlure de digitale avait également été suivie de délire et d'hallucinations, se rétablit aussi une huitaine de jours après la cessation de la teinture. Celle-ci ayant été administrée de nouveau , la raison se perdit encore, et le malade succomba. Mais la mort dut être rapportée bienmoins à cet accidenlqu'à l'oppression très considérable qu'éprouvait le malade, atteint à la fois d'une alTeclion chronique-organique de l'aorte et du cœur et d'un épanchement dans l'une des plèvres.
Au reste, depuis Vassal, dont les recherches sur la digitale datent de 1809, jusqu'à ces derniers lempj, divers auteurs ont vu des accidents cérébraux plus ou moins graves survenir à la suite de l'administration de la digitale. M. le docteur Cazcnavc, entre autres, en a publié un remarquable exemple dans le Journal hebdomadaire de Médecine ( l, VII, p. 42). Il s'agissait d'une femme qui prit une potion contenant 20 grains d'extrait de digitale, lesquels, par erreur, avaient été mis « la place de 20 goutles^de teinture de digitale.
ministrée par 1;\ ni(^tIio(le ondermiqiie, niélhode si piV^ciense en certains cas.