PETITE EXCROISSANCE CYLINDRIQUE AU TRAGUS GAUCHE ; RÉSECTION AU
MOYEN DE l'anse ; PAS d'hÉMORRHAGIE.
Un enfant âgé de quelques mois avait dans le voisinage du tragus de l'oreille gauche deux petites excroissances de la forme d'un doigt.
recouvertes d'une peau normale , dont la plus grande était longue d'environ 4 millimètres. Elles furent réséquées au moyen de l'anse, le 14 janvier 1854, sans aucune trace d'hémorrhagie.
Les trois opérations que je viens de rapporter ont été faites avec le serre-nœud galvanique. Ce sont les seuls faits que j'ai recueillis en parcourant les travaux publiés sur ce sujet. De mon côté je n'ai relaté que ceux sur lesquels j'avais des notes suffisantes et des dessins donnant une idée exacte de ces productions pathologiques.
OBSERVATION IV
PAPILLOMES DE LA PEAU DEVELOPPES A LA REGION POSTERIEURE DU COU j ABLATION FAITE AVEC LE SÉCATEUR GALVANIQUE *, GUÉRISON.
Au mois de mai 1869, M. le docteur Baret me pria d'examiner un de ses clients qui portait de petites tumeurs cutanées à la région postérieure du cou.
M. M..., âgé de cinquante-trois ans, d'une forte constitution, mais goutteux, a toujours eu une vie très-active. A l'âge de dix ans, il eut à la région occipitale gauche un énorme abcès, qui fut ouvert et suppura longtemps. La cicatrice en est encore très-apparente. A vingt ans, il eut une fièvre typhoïde assez grave. En 1854, il s'aperçut pour la première fois qu'il portait de petites tumeurs à la partie supérieure de la région cervicale postérieure. Ces tumeurs restèrent longtemps indolentes et peu apparentes ; mais , peu à peu et sans cause connue, deux d'entre elles augmentèrent de volume. De temps à autre elles gonflaient ; il se faisait un léger suintement à leur surface, puis elles revenaient à leur volume ordinaire. Gomme elles étaient assez apparentes et un peu gênantes, il désira en être débarrassé.
Lorsque je vis M. M..., elles avaient la forme et le volume représentés dans la figure ci-jointe.
Il fut convenu que l'ablation aurait lieu promptement, afin qu'il pût être guéri avant son départ pour la campagne.
Le 15 mai, assisté par mon confrère, je saisis successivement chacune de ces tumeurs à sa base dans l'anse métallique de mon sécateur galvanique, et le mettant en rapport avec une pile chiru^cale, j'en Ss l'ablation sans écoulement sanguin. L'opération terminée, j'appliquai sur les eschares et sur la région voisine une couche de collodion élastique. Quand les eschares furent tombées, il se forma sur chaque plaie de petites croûtes que je recommandai à M. M... de ne pas enlever en se peignant, et le lendemain il quitta Paris.
Peu de temps après, je reçus une lettre dans laquelle il m'ai sa guérison complète.
OBSERVATION V
LIPOME FIBREUX DÉVELOPPÉ DANS LA RÉGION LU SACRUM ; ABLATION- FAITE AVEC LE SÉC.VTEUR G.Vl.VANIQUE ; GVÉRISON.
M"" P..., âgée de quarante-cinq ans, domestique chez un de nos confrères, à Paris, d'un tempérament bilioso-nerveux , jouissant
habituellement d'une assez bonne santé, me fut adressée par son maître, au mois de septembre ISfii, pour une tumeur adénoïde du sein gauche, du volume d'une grosse noix. Elle ressentait des douleurs qui lui faisaient vivement désirer d'en être débarrassée. Je l'opérai avec l'assistance de mon confrère au moyen de la cautérisation. La cicatrisation marcha régulièrement et elle fut assez promptement guérie.
Au mois de mars 1867, elle vint me consulter pour une tumeur pédiculée de la peau développée dans la région du sacrum. Elle me raconta qu'étant encore jeune, elle s'était aperçue iju'elle portait au bas des reins une tumeur du volume d'un pois, ne lui occasionnant ni gêne ni douleur. Cette tumeur s'accrut très-lentement tout en restant indolente et elle ne s'en occupa pas. Mais après l'opération que je lui fis au sein gauche, elle remarqua qu'elle grossissait plus rapidement et que le frottement de ses vêtements lui occasionnait de la douleur. Plus tard elle y ressentit des élancements très-vifa, et vers la fin du mois de février 1867, il se fit à Tune des extrémités une ulcération , d'où il s'écoula assez de sérosité sanguinolente pour l'effrayer et la déterminer à venir me consulter.
Lorsque je la vis, elle avait le volume et la forme d'un œuf de poule ; molle et d'une coloration normale dans toute sa portion gauche, rouge et résistante dans sa portion droite, d'où le sang avait coulé. Il fut convenu qu'elle serait enlevée très-prochainement.
Le 14 mars, M°" D... étant venue chez moi, je la fis asseoir sur une chaise et je priai le docteur Morpain de vouloir bien maintenir la tumeur. Je saisis le pédicule dans l'anse métallique de mon sécateur fixé aux réophores et mon confrère glissa une lame de carton entre la canule et la peau; puis quand tout fut bien disposé, je plongeai dans le bain de bl-chromate de potasse une petite pile
chirurgicale que je tenais de la main gauche. La Bection eut lieu ttès-promptement et sans écoulement sanguin.
l'escliare d'un linge cératé, j'appliquai par-dessus de la ouate de coton, puis j'assujettis ce pansement avec une bande et l'opérée retourna chez elle.
Le 22, l'eschare se détacha et fut remplacée par une petite croûte qui fit place à une cicatrice de bonne nature. Depuis lors la guërison a été complète.
OBSERVATION VI
FIBROME PÉDICULE DE LA PEAtJ ; ABLATION FAITE AVEC LE SÉCATEUR GALVANIQUE ; OUÉRISON.
Le 18 juin 1869, M"' M,.., âgée de trente-huit ans, d'une belle et forte consiitution , vint à mon dispensaire me consulter de la part du docteur Lessore pour une tumeur qu'elle portait au côté gauche. En l'examinant je trouvai vers le milieu du bord de l'os des Iles une tumeur pédiculée dure et bosselée.
M°" M... me dit s'être aperçue, dès l'âge de vingt ans, qu'elle portait une tumeur très-petite et indolente, qui plus tard augmenta graduellement de volume sans autre cause appréciable que le frottement des vêtements. Désirant en être débarrassée le plus tôt possible, j'en saisis le pédicule dans l'anse de mon sécateur galvanique, j'isolai
7b DE LA GALVANOCAL'STIQVE THERMIQUE
la canule du corps avec un carton, et mettant l'instrument en rapport avec une petite pile chirurgicale, j'en fis l'ablation sans écoulement
sanguin. L'eschare et la peau voisine furent recouvertes d'une couche de collodioQ.
Après ia chute de l'eschare il se forma une petite croûte; mais comme le frottement des vêtements l'enlevait et irritait la plaie , j'engageai M"' D... à la protéger avec une plaque de carton, et peu de temps après la cicatrisation fut achevée.
ABLATiOX DES TUMEURS PËUICUI.ËES DK LA PEAU
OBSERVATION VU