DK KAR LE ROI
Vendéens, honneur de la France! Rappelez-vous la gloire que vous avec acquise pendant 1a guerre générale que vous avez soutenue pendant plusieurs années. Vous êtes
destinés à renverser pour jamais l’empire du crime et du mensonge , pour mettre la vertu sur le trône légitime. Le Roi vous aime , il n’a pas dépendu de lui de vous mieux traiter; vous le croirez, puisque je vous le dis. Le Roi cherchait à calmer tous les partis; mais il ne vous a jamais oubliés.
Je vous apporte des armes et des munitions en abondance. Les nations de l'Europe , pleines d’admiration pour votre courage» vous donnent tous les moyens nécessaires pour coopérer au rétablissement du trône et de l’autel.
Rappelez -vous combien de fois mon frère vous a conduits à la victoire ; essayant de marcher sur ses traces , je ne ferai que vous répéter ses paroles , qui surent si bien enflammer vo.s cœurs généreux : « Si j’avance , suivez-moi ; si U je recule, tuez-moi; si je meurs, vengez- « moi. »
Je ne viens point ici pour allumer le flambeau de la guerre civile, et attirer sur ma noble patrie les malheurs qui l’ont rendue si célèbre. Jo viens ici par ordre- du Roi pour détruire les factions.
Sachez que Buonaparte affecte de ne pas vous craindre. Le monstre n’ignore pas que votre réveil sera le signal de sa destruction.
Vendéens, rappelez-vous votre antique valeur ; ne perdez pas le titre de peuple de géans : l’usurpateur lui-même vous l’a donné. L’Europe a les yeux fixés sur vous : elle marche pour vous soutenir; dé)à le crime frissonne, et sa chute est prochaine. Souvenez-vous de ces paroles du Roi : (( Je devrai ma couronpe aux Vendéens. »
Marchons , et que le cri de l'honneur français nous guide à la victoire.
Vive le Roi!
Signé le marquis de la Rochejaqueleih ,
Marécbal-de-camp.
Lettre du capitaine Kittoè , au marquis de la Rochejaquelein.
Mon cher marquis ;
Je ne saurais exprimer le plaisir que me fit éprouver hier soir l’arrivée de votre aide-decamp , et les détails qu’il me transmit 'sur vos opérations et sur votre situation actuelle. Ce plaisir a été vivement partagé par tous mes offi-
ciers, et, s’il m’est permis de le dire, par mes matelots mêmes. La plus vive satisfaction éclatait sur tous les visages.
Ainsi que j'avais eu l'honneur de vous l’annoncer, l’amiral sir Henry Hotam est arrivé d’Angleterre et a pris le commandement de cette escadre. Cest un trës-aimable homme, et l'un des officiers les plus distingués de la marine anglaise. J’aurai le plus grand plaisir à vous présenter à lui; il désire beaucoup lui-même de vous recevoir à son bord, pour s’entendre avec vous à l’égard des opérations ultérieures ; il vous apporte une grande quantité d'armes , de munitions , et quelques pièces de campagne.
Toutes les sommes qui pourraient vous être nécessaires seront également mises à votre disposition.
Le pavillon amiral est arboré sur le Super, de ^4- Le Bellérophon, de la môme force, est également sous ses ordres. Tout ira au gré de mes désirs ; je suis dans la plus ferme conviction que dès demain les brigands de Saint-Gilles seront entièrement soumis par nous, et que toute communication avec l’intérieur leur sera aussi fermée ; j’ai l’ordre de raser la côte aussi près que possible , aCn d’entretenir nos communications mutuelles. Comptez que je ne négli-
gCTfti rien pour surveiller tous les mouvemens de l’ennemi.
Je suis, avec la plus sincère estime, tant pour vous que pour votre cause ,
Signé Kittoe.
, P. S. Nous attendons de momens en momens de nouveaux secours en munitions et en armes. Mes complimens à toutes les personnes qui vous entourent. Pwe le Roi! vive Louis XKlll!
vivent les Bourbons! tel est le cri continuel de tout mon équipage.