‹ Mémoires sur la guerre de la Vendée et l'expédition de QuiberonChapitre 12 sur 55 · NO VIII · texte numérisé non relu

NO VIII

Je soussigné, pair de France, lieutenant général des armées du roi, commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, commandant la 11^ division militaire :

Certifie qu'après la bataille deChoUet, où M. le marquis de Bonchamps fut blessé mortellement, cet officier général fut transporté, le 17 octobre 1793, à Beaupréau, et de là à Saint- Florent, où il fut déposé dans le bas de la ville, chez M. de Laguerinière. C'est là que tous les officiers de M. Bonchamps, dont le soussigné faisait partie, se rangèrent à genoux autour du matelas sur lequel il était étendu, attendant dans la plus douloureuse angoisse que le chirurgien eût prononcé sur la blessure du général en chef. Mais la blessure était telle qu'elle ne permettait aucune espérance. M. le marquis de Bonchamps le reconnut à la sombre tristesse qui régnait sur toutes les figures, et ses premières paroles en revenant à lui furent pour calmer notre douleur. Il demanda ensuite, avec instance, que les derniers ordres qu'il allait donner fussent exécutés; et aussitôt il prescrivit qu'il ne fût fait aucun mal aux prisonniers renfermés dans l'abbave de Saint-Florent-

lo-Vieil. S'adressant ensuite particulièrement au soussigné, qu*il regardait comme un des pricipaux chefs de son armée, il ajouta : et Mon ami, c*est sûrement le dernier ordre que «je vous donnerai, laissez-moi l'assurance qu'il sera eté- « cuté. »

Du moment que les intentions de Bonchamps furent conflues, le cri Grâce! grâce ! Bonchamps l'ordonne, fut répété partout, et le dernier soupir de ce guerrier fut le salut de quatre à cioq mille de ses ennemis.

En foi de quoi j*ai signé le présent certificat, comme contenant la pure et exacte vérité.

An quartier général de Bordeanx, le 2 juillet 1818.

Comte Charles d'AimcHAMP.

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