UI
dée, et auxquelles on doit principalement attribuer les prodigieux succès des rebelles.
On sera à portée de juger, par Texposition de mon plan général , si les mesures militaires que j'avais adoptées secondaient les vues des représentants du peuple; si d'ailleurs elles étaient combinées sur la nature du terrain, la situation politique des Vendéens, le découragement, l'espèce d'inertie où les avaient réduits les succès de mes prédécesseurs, et j'ose dire les miens. On jugera si ces mesures étaient d'une exécution facile, si elles ne tendaient pas surtout à épargner le sang républicain, que l'on a quelquefois inutilement prodigué dans la Vendée ; si elles liaient les opérations des diverses fractions de l'armée; si elles n'imprimaient pas à celle-ci cette cohérence, cette simultanéité de mouvements qu'on n'a jamais connues, ou du moins employées dans rOuest. G'està tous ceux qui connaissent bien la Vendée, c'est particulièrement aux officiers instruits et localistes' que j'en appelle, pour juger ce plan qu'on a beaucoup critiqué sans le connaître, parce qu'on en voulait plus à l'auteur qu'à son ouvrage.
Mais, avant de présenter l'analyse de mes dispositions générales dans l'Ouest, je vais jeter un coup d'œil sur les différentes phases de la guerre de la Vendée, en relater les principaux événements, et faire apercevoir les causes les plus sensibles de la prospérité et de la décadence du parti royaliste sur ce point de la république.
Quelques hommes, exaspérés par l'esprit de parti, m'ont reproché d'avoir fait l'éloge des Vendéens. Et depuis quand est-il défendu de rendre justice aux qualités qu'on reconnaît dans ses ennemis? On a loué quelquefois jusqu'à l'exagération le courage des Autrichiens, des Russes, etc. ; et, parce que les Vendéens sont Français, il ne serait pas permis de payer im tribut d'éloges mérités à leur constance, à leur énergie, à leurs vertus guerrières? N'avons-nous pas vu depuis plusieurs de ces braves dans les rangs de notre armée le disputer à nos vieilles bandes en discipUne,en intrépidité, en amour de la patrie ? S'ils furent séduits par quelques prêtres, n'ont*
LIYBE I. 183
ils pas cherché à expier leur erreur aussitôt qu'un gouvernement régulier , puissant et protecteur les a ralliés au faisceau national?
D'ailleurs tous les habitants du pays insurgé ne se sont pas armés contre la patrie. Beaucoup de Vendéens avaient abandonné le théâtre de la guerre pour se soustraire à la domination des rebelles, et vivaient de sacrifices et de privations sur les derrières de Tannée républicaine. On nous permettra bien au moins de faire l'éloge de ce dévouement à la cause de la liberté.