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bouche à feu^ un seul caisson^ et a beaucoup de peine k échapper lai-mème avec sa cayaleris. Cet échec^ un des plus désastreux que nous ayons éprouyés dans l*Ouest , ne rendit pas plus sage; et^ malgré la disproportion de forces et de moyens^ on se disposa à de nouvelles attaques isolées et
ayant-garde et de la 'soutenir. Je doLi dire aiusi que, lorsque Weatermann augmenta le corps d'armée qu'il oonunaodait pour aller attaquer CMtiUon, il fit marcher mille ou donio cents pâtes de famille, tant de Saint-Maixent que de Partiienay, qui périrent presque tous dans cette expédition, lorsque M. de Biron laiBSBit sa division campée et inactive sous les murs de Niort.
Je n'ai point oonnu Westermann; quoique employés tous ;deuz dans l'Ouest pendant quelque temps, nous nous sommes toujours trouvés éloignés l'un de faatre, parce que nous avons servi dans des divisions différentes; et il a quitté Jannée au moment où j'en ai pris le commandement.
Oeque je vais dire de cet offider^général , auquel certains 'hommes du jour eat fait une réputation colossale, n'est que le! résultat de ropiniom de quarante ofSden qui ont servi avec lui, mÊme jde plusieuis officiers de sa légion.
Be tontes es qnaUtés nécessaires à un offider général, Westermann n'avait qoe la bravoure. Propre peut-être à commander un escadron d'hussards, U ne dat jamais le succès de quelques coups de main à ses dispositions , mais & l'intcépidité des volontaires qu'il a plusieursjf ois Inutilement sacrffîés. H fut longtemps, pour les soldats républicains, un objet de scandale, en donnant l'exemple de rindiscipline et de la désobéissance aux ordres supéiieiars. Plus d'une fois il corn-. I»omit et fit battre l'armée dont il dirigeait l'avant-garde sur la rive droite de la Loire, en brumaire et frimaire an II, et exposa les divers généraux en chef, sur lesquels il versait d'*ailleura le mépris à pleines mains, à des reproches sur TinsacoÔB de leurs opérations, qu'on ne devait souvent attribuer qu'à son impéritie, aux faux mouvements qu'il faisait faire à l'avant-garde , à sa basse jalousie, à son aversion pour la plupart des officiers généraux de l'armée dont il ambitionnait le commandement. On l'a vu depuis oser se*vant6r, à la barre de la Convention nationale, d'avoir tué jusqu'au dernier de quatre-vingt-dix mille zebdks, etc. (Voyez les journaux du temps.) La Bévdution n'a pas eu de charlatan quLeût aussi peu de talents et autant d'impudence que Westemumn.
Le général Grignon, un de mes compagnons d'armes et d'infortunes, a publié nn Uémoire justificatif de sa conduite militaire dans l'Ouest. Son officieux dé- &naenr, consultant les droonstances, n'a pas manqué d'intercaler dans l'on- Tiage un pompeux éloge de Westermann ; et il ne se croit pas au-dessous de la Téiité en plaçant ce général au-dessus d'AnnibaL Nous rendons trop de justice à Qzignon, qui a été très-utile dans la Vendée, par ses connaissances loodes , pour ooirB qu'il ait coopéré à cet éloge xldionlB et d'ailleon étranger à l'objet du llémoiie. Gela n'est au veste qu'une preuve de plus de l'extrême complaisance de certains défenseurs offideux et de leurs heureuses dispositions à prendre le «tyle et ks couleurs du jour.
aussi mal concertées que les précédentes. Malgré tant d'expériences malheureuses, on crut être en état d'aller combattre et vaincre les Vendéens dans leurs repaires, dans le pays couvert; c'était s'abuser étrangement : mais en supposant que l'armée républicaine fût assez considérable pour agir offensivement, il fallait du moins que ses divisions s'ébranlassent en même temps pour opérer des diversions, et forcer les rebelles à diviser leurs forces ; il fallait que la division de Niort, la plus forte de toutes par le nombre, et surtout par l'espèce de troupes, fit la principale attaque; il fallait, puisqu'on voulait absolument attaquer, que toutes les divisions se serrassent davantage pour seconder celle de Niort et rendre général ce mouvement agressif, sauf à découvrir plusieurs points, à laisser de grandes échappées, et s'exposer à ce que l'ennemi débordât les colonnes de flanc. Mais, que fit-on? Bipon resta à Niort, et laissa cette division inactive; celle de Tours que commandait le général la Barolière, au lieu d'attaquer par Doué, Thouars, ou même par Parthenay, ce qui la rapprochait et la mettait à portée d'être soutenue par les forces de Niort, de Saint-Maixent, etc., entra dans la Vendée par les Ponts-de-Cé, c'est-à-dire à plus de trente lieues de Niort, et vint camper dans les environs de Martigné, Briou ^ ; elle y Tut attaquée par quarante mille rebelles; son avant-garde fut rompue en dix minutes. Cependant, quelques hasards heureux et la charge vigoureuse de trois escadrons de hussards, procurèrent la victoire aux républicains. L'armée se porta en avant et vint camper à Vihiers '• où elle fut attaquée le même jour à quatre heures du soir. La nuit mit fin au combat, et la victoire resta indécise. Mais dès le lendemain les rebelles revinrent à la charge avec une nouvelle fureur et au nombre de cinquante mille hommes, et la journée finit par la plus affreuse déroute des troupes répu-
i Iff joillst 179S. CTflst la première attabe ob je me eote txoaré dans 1» Yendie. J*étais aixiré laTeffle de l'année de la Mœene. Je aerraiB alon en quitté d'adjadant-gènéral , otef de brigade.
s 17 jniDet 179S.
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blicaines ^ En comparaat cette journée à celle du 15 où nous avions obtenu Tayantage^ je demeurai convaincu que nos victoires nous rapportaient peu de fruits au lieu que nos défaites nous faisaient un mal horrible. On chercha à rallier l'armée à Chinon , c'est-à-dire à quinze lieues du champ de bataille, et, trois jours après l'action, il ne s'y trouva qu"^ quatre mille hommes. 11 ne faut pas croire que tout le reste avait été pris ou tué; il y avait des fuyards dans toutes les villes voisines, il y en eut qui ne s'arrêtèrent qu'à Paris.
On a vu les divisions de l'armée des Côtes de la Rochelle successivement battues dans la partie de l'est et du sud-est de la Vendée, par la graiide armée catholique et royale ; celle du Bas-Poitou , dirigée par Charette, occupait tout le pays qui sépare Nantes et les Sables^ à Texception de quelques postes que nous avions conservés le long des côtes et à l'embouchure de la Loire, tels que le château d'O, Paimbœuf, Pomic, Bourgneuf, Saint-Gilles, les îles de Bouin et de Noirmouliers, que nous n'eussions, sûrement pas gardés avec le peu de forces que nous avions^ si d'Ëlbée et Bonchamps avaient agi dans cette partie. La république n'avait presque point de troupes réglées sur ces divers points; la majorité de celles qu'on employa dans plusieurs occasions consistait en gardes nationales qu'on tirait principalement de Nantes; de manière que l'armée de Charette, d'ailleurs très-inférieure sous tous les rapports à la grande armée catholique et royale, ayant peu de forces à combattre, moins d'obstacles à vaincre, obtint des succès plus faciles, mais moins importants; car l'objet de Gbarette devait être de s'emparer de quelques points fortifiés sur la côte , pour être à portée de recevoir des secours de l'étranger, si les échecs que pouvait éprouver le parti royaliste le forçaient d'y avoir recours ; ainsi je ne m'étendrai pas sur les opérations de Charette *, qui se réduisent à
1 Les représentants Bonrbotte et Tallien , le oonunissaire dn dâpartement de Paris, LacheyardièrB, peuvent se rappeler que j'ai prédit la déftiite de r«rnée, si ron gardait la position de Yihiers.
* Oe n'est pas que Charette n'ait essuyé beaucoup de combats; mais il n'eufe
peu de chose > puisque jusqu'à la prise et reprise de Machecoul il n'eut guère partout ailleurs (et antérieurement au mois d'août 1793) que la peine de parcourir le pays pour s'en rendre maître. Au surplus les généraux républicains firent de ce côté-là les mêmes fautes que les divisionnaires de Niort, Saumur et Angers avaient faites de l'autre côté. Marcé^ Petit-Bois, et le fameux Beysser ^^ aussi ignorant et non moins présomptueux que Westermann , agirent partiellement et se firent battre tour à tour par les lieutenants de Charette. Enfin, Canclaux • arriva, et jugeant avec raison que les forces avec lesquelles il avait sauvé Nantes étaient insuffisantes pour
famais d'affaires générales, qu'U ayait grand soin d'éyiter. On verra dans la inite de œt ouvrage quelle était sa manière de faire la gnene.
1 En Tollà encore un qui a joni un moment de la réputation d'un grand général. Il ayait bien quelque analogie avec Westermann. Gomme lui, il eut de petits succès ; mais il a essuyé souvent les plus honteuses défaites. L'afibiie de Montaigu , rapportée dans la troisième partie de ces Mémoires , ressemble beaucoup à celle de Cbfttillon, dont j'ai parlé. A l'une et à Fantre, Tennemi était dans la ville avant qu'on eût battu la générale.
2 Je ne connais iwint Canclaux, et je ne prononcerai pas sur ses opinion^ politiques ; mais, d'après ses opérations militaire , je crois pouvoir assurer que c'est le plus instruit de tons les officiers généraux qui ont été employés dans l'Ouest.
En parlant de la guerre de la Vendée , je suis obligé de citer plusieurs offlciers généraux, de juger, de blâmer quelquefois leurs opérationa. Je le ferai toujours avec les ménagements qu'exige l'honnêteté ; mais comme on doit attiibder en partie les progrès des rebelles aux fausses mesures militaires qu'on a employées pour les détruire , je ne puis me dispenser de les faire connaître.
Au surplus, je parlerai aussi de mes fautes , et je ne m'épargnerai pas pLva que les autres.
Il est temps 'qu*on fasse entendre le langage de la vérité sur cette malhealeuse guerre. Jusqu'ici on n'a parlé de la Vendée qu'avec Faccent des passions et au gré des factions diverses. Tous les écrits qui ont paru portent l'empreinte de l'esprit de parti qui les a dictés. Ce sont des libeUes on des romans, qodquefds des rives. Tel est du moins Tintitulé d'un ouvrage qui répond parfaitement à son titre et qu'on doit «ix loisirs de l'adjudant général Hector Legroa, pendant sa retraite & la Condergetie. Le citoyen Hector Legros ne manque pas de rejeter sur moi les causes de la durée de la guerre de la Vendée ; et en osant avança que j'ai trompé le gouvernement sur les événements qui ont eu Uen pendant mon commandement , 11 cherche à disculper Tanden comité de salut public à qui Ton a reprodié d'avoir trompé la Convention nationale sur notre situation danf rOoest. L'ouvrage du citoyen Hector Legros est un libelle ^bien oonditionDé
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attaquer les rebelles dans le pays couvert^ il se contenta de les harceler aux portes de cette ville, de conserver les postes importants que Gharette n'avait pas youIu prendre^ et de réparer les sottises de ses prédécesseurs.
La privation d'un volume de notes que j'ai recueillies sur la guerre de la Vendée, depuis sa naissance jusqu'au moment où j'ai quitté le commandement de l'Ouest^ ne m'a pas permis de m'étendre sur les causes originelles et motrices de cette guerre extraordinaire. D'ailleurs, outre les premières données d'après lesquelles les chefs du parti royaliste ont concerté leur vaste conspiration , il est mille autres causes locales , secrètes et inassignables, même pour l'observateur le plus attentif, qui ont également contribué au prodigieux accroissement de la Vendée. C'est sur ces causes secondaires et éventuelles que mes aperçus sont trop vagues, trop incertains pour m'y arrêter, mais il en est sur lesquelles je me suis appesanti, parce qu'elles n'ont dû leur existence qu'au funeste système qu'on a longtemps suivi à l'armée des Côtes de la Rochelle, celui des attaques partielles; à l'insuffisance des mesures répressives adoptées par le gouvernement, à tous les demi-moyens employés par les sous-ordres.
C'est dans l'espace de cinq mois que le parti royaliste est parvenu au maximum de sa puissance dans la Vendée. Les chefe commençaient à jouer un rôle dans le monde politique; leurs noms étaient avantageusement connus , cités dans les différentes cours de l'Europe. Plusieurs émigrés avaient quitté les frontières de l'Autriche et de la Hollande pour se joindre aux défenseurs de l'autel et du trône. Un plus grand nombre attendait dans les îles de Jersey et de Guemesey le résultat des derniers efforts des rebelles , pour rentrer dans leur patrie et achever de la déchirer. La situation déplorable
oontra moi. Il est terminé par im Taste plan de campagne qui soffirait pour pnmver les talents militaires de son auteur. Entre autres dispositions, le citoyen Hector Legros yeut oouTrir la Serre (très-petite xlTlère qpi ttiivenw U Veadôe) de batteries flottantes, pour détruire les brigands et leurs repaires.
de la république donnait chaque jour à ses ennemis de nouvelles espérances. Mais le génie de la liberté qui veillait sur les destinées de la France « l'énergie , la constance et le courage des patriotes^ devaient la faire triompher au dedans comme au dehors.
Telle était l'intensité de la Vendée , telles étalent les ressources du parti royaliste^ que^ malgré les mesures terribles, peut-être indispensables , employées pour détruire la Vendée; malgré nos succès dans dix affaires générales et plus de soixante autres combats qui se sont livrés sur les deux rives de la Loire, depuis le mois d'août i 703 jusqu'en mai i794; malgré la perte de cent mille soldats, les rebelles conservaient encore quelques moyens, bien faibles à la vérité, lorsque j'ai quitté Tarmée; et nos victoires ne sont pas la seule cause de leur décadence , comme je le démontrerai dans la troisième partie de cet ouvrage.