XXII INTRODUCTION
avait fait Thermidor au nom de la pitié, essayant de retremper sa popularité dans le sang d'une immalation digne des plus sombres jours de la Terreur, et préférant la cause de la République à celle de l'ii amanite; Puisaje saiîrifiaDt à l'intérêt d'un parti jueau'à la patrie.
Kous croyons qu'on trouvera aossi dans nos Mimoires la solution de cette question tant controversée avec plus de passion que de bonne foi : y a-t-il eu, oui ou non, ..capitulation et promesse de vie sauve entre les troupes victorienses de Hoche et les compagnons vaincus de Sombreuil? Nous croyons qu'il y a là un opiniâtre malentendn, et qne des deox côtés, au milieu du trouble d'une situation inooïe, on prit des paroles pour des actes, et des vœnz pour des promesses.
Nul doute qu'il n'y ait eu, de la part des officiers et des soldats républicains, le désir d'épargner la mort à tant de malheureux trahis par la fortune des armes, et qui venaient de faire au milieu du feu si bon marché de leur vie.
Nul doute que des deux côtés on n'ait, d'un commun et tacite accord, renoncé, les vainqueurs à une lutte si inégale qu'elle n'était plus qu'une boucherie, les vaincus à une résistance inutile.
Nui doute qu'à ce moment l'espoir du pardon, le désir de la clémence n'aient été à la fois dans le cœur, sinon sur les lèvres des contendants, oubliant leurs dissidences pour ne songer qu'à la langue commune.
Mais de là à un pacte, à un contrat, à un engagement formel et conditionnel, il y a un abîme.
Comme il fallait s'y attendre, la politique tyrannisa rbumanité, et ceux à qui elle ne coûtait rien abusèrent
INTBODUCTION. S.XIII
de la victoire. Les intérêts âe la popularité de Tallien suspect le cédèrent à cenx de la gloire de Hoche intact» Le proconsnl avait besoin de laver dans le sang d'une hécatombe son honneur révohitionnaire attaqué. Il pouvait tout se permettre^ hormis la modération. H se montra implacable^ comme la peur, qui l'est plus encore que la haine, et attesta désonuais sa sincérité républicaine par les mânes des fiisillés dé Quiberon, dont la malédiction devait poursuivre sa vie et le condamner à de si humiliantes déchéances.
En faisant après nous, et, nons l'espérons, comme nous, la part des responsabilités diverses et complexes de ce drame fonèbre, le lecteur sera amené à reconnaître qu'il n'est pas inutile à la moralité de l'histpire que l'expédition, de Qniberon, crime incontcEtable contre la patrie, attentat de guerre civile compliqué et aggravé de l'alliance étrangère, n'ait abouti qu'à une tentative stérile et aune eipiation sanglante.
Certes, il est à regretter que Tallien ait cru devoir se montrer ausei implacable que Hoche eût aimé à se montrer clément. Cette réserve £Eiite en faveur des droits im-
prescriptibles de la pitié, il ne nons déplaît pas qae, dana cette circonstance comme dans tant d'autres, la République ait aTOué son impuissance à se montrer impuné» ment généreuse, et n'ait pas cru pouvoir se permettre ce luxe de la clémence, privilège des gouvemementff vraiment forts.
Mais il est juste de constater aussi que si la politique a jamais pu s'excuser de manquer d'entrailles et de préférer le cri du sang au cri du cœur, c'est en présenoe d'un crime d'invasion et de trahison fait pour constituer
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le plus redoatabie danger et pour justifier l'exemple le plDB terrible dn régime réTolntionnaire. Il peut inyoqucr, pour défendre l'expiation de Quiberon, des motifis antrement sérieux, autrement logiques que ceux au moyen desquels ses apologistes essaient en vain de réhabiliter les massacres de septembre, les noyades de Nantes ou les sacrifices quotidiens des yictimes inoffensiyes et souvent innocentes de Téchafaud de la place de la Révo- 'lution ou de la place de la barrière du Trône renversé.
M. DE Lbscube.
DE MADAME