LITRE IV
n existe une Histoire de la guerre de la Vendée, par M. Alphonse de Beauchamp. Cet ouvrage est intéressant sons le rapport dn style et de Texactitade de la plupart des éyénements qui y sont relatés. J'obseyerai seulement à Tauteur qu'il y a une telle analogie entre quelques paragraphes de son ouvrage et du mien, que son imprimeur aurait dû les signaler par des guillemets. On en jugera par les extraits suivants :
Version du général Turreau,
Quoi qu'il en soit, c'est une erreur d'attribuer & la levée des trois cent mille hommes la révolte générale et spontanée des habitants du Bas-Poitou. C'est une erreur de donner une cause accidentelle à la naissance, à l'existence d'un parti qui oe pouvait obtenir d'aussi grands succès, prendre si rapidement tous les caractères d'une puissance redoutable, sans le concours d'une infinité de ressourcés, de mesures et moyens préparés de longue main, etc.
Bientôt on parla de miracles dans la Vendée : ici, la Vierge avait comparu en personne pour sanctifier un autel provisoire élevé dans les bois ; là, le Fils de Dieu lui-même était descendu du ciel pour assister à une bénédiction de drapeaux ; ailleurs, on avait vu des anges , parés de leurs ailes et de leurs rayons, annonçant, promettant la victoire aux défenseors de l'autel et du trône, etc.
Ce n'était point avec une armée découragée et tant de fois battue , sans confiance dans son chef, d'ailleurs trop inégale en forces ; ce n'était pas dans Saumur qui n'offre aucun moyen de résistance du côté de Doué , que l'on pouvait se flatter d'arrêter les rebelles, etc.
L'itinéraire de Oanclaux était fort bien combiné ; mais, pour que cet ordre de marche fût exécuté, il fallait supposer que Canclaux n'éprouverait, de la part de l'ennemi, aucun obstacle depuis Nantes jusqu'à Mortagne, ou qu'il les surmonterait tous dans le temps déterminé, etc.
Vereion de M, de Beauchamp , tome P^, page 29.
Selon les révolutionnaires, c'est une erreur d'attribuer la révolte spontanée des habitants du Poitou & une cause qui n'a servi que de prétexte; de donner un principe fortuit & la naissance, à l'extension d'un parti armé qui ne pouvait obtenir d'aussi grands succès, prendre si rapidement tous les caractères d'une puissance aussi redoutable » msLna le concours d'une infinité de causes et de mojens combinés, etc.
Idem, page 93.
Bs émurent' (les prêtres ) les esprits déjà disposés au merrefllenx; on ne parlait que de miracles : ici, la Vierge ayait appam en penomie ponr sanctifier nn autel provisoire éleyé dans les bois ; là, c'était le "Eïla de Dieu qui était descendu lui-même des eieux pour assister à une bénédiction de drapeaux; à Chemillé, on avait vu des anges, parés d'ailes brillantes et de rayons resplendissants, annonçant, promettant la victoire aux défenseurs de l'autel et du trôiie, etc.
Idem, page 190.
'* Ce n'était point avec dei troupes découragées et tant de fois bat> tues, sans confiance dans leurs chefs, et d'ailleurs trop inégales en force ; ce n'était poiat dans Saumur, qui n'offre aucun moyen de résistance du côté de Doué, que l'on pouvait espérer d'arrêter l'ennemi, etc. •
Jdem, page 802.
Cette marche du général Canclaux était parfaitement calculée; mais, -pour son entière exécution , il fallait supposer que l'armée ne trouverait aucun obstacle depuis Nantes jusqu'à Hortagne, ou qu'elle les surmonterait tous dans le temps déterminé, etc.
n 7 a un petit nombre d'autres passages où l'imitation, beaucoup moins sensible, peut être attribuée à une réminiscence involontaire; mais nous avons relevé les extraits qu'on vient de lire, afin que le lecteur, qui pourrait s'en apercevoir, fasse attention aux époques de la publication des deux ouvrages. 2fes Mémoires ont été publiés en Tan m de la république, l'histoire de M. de Beauchamp n'a para qu'en
FIN DU LIVBB QUATRIÈME ET DERNIEO. •
PÂB