‹ Mémoires sur la VendéeChapitre 14 sur 30 · DE LA V£:^D£B, IO · texte numérisé non relu

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voit partout où sa présence est nécessaire, il soutient et ranime Pardeur de ses soldats ; enfin il charge les républicains avec tant de fureur qu^il les met en. déroute après quinze heures de combat. Cette affaire est connue sous le nom de la déroute d^Antrcun.

Les Vendéens projettent de nouveau de retourner dans le Poitou. Us arrivent à Ernée, et jr déposent le corps de Lescure qu^ils faisaient traîner à leur suite dans un char funèbre attelé de quatre chevaux blancs.

Ds viennent attaquer Angers. Beaupuy, quoique blessé, leur en fait lever le siège. Us veulent retourner en Bretagne, mais ils sont atteints et harcelés en route par plusieurs divisions républi-^ caines des armées de FOuest, des côtes de Brest et de Cherbourg.

Cependant les royalistes s'^emparent de la Flèche et du Mans ; ils sont attaqués dans cette dernière ville où tout leur courage semble les avoir abandonnés (i). On en fait une boucherie horrible; toute leur artillerie et leurs équipages tombent au pou-^ voir des républicains. Ceux qui se sauvent effec-rtuent leur retraite sur Laval, et de-là sur Ancenis, où ils veulent repasser la Loire. La Rochejaquelein y réussit avec Stofflet et quelques centaines d'hommes seulement; les restes de son armée sont sur*

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pris à Ancenis (i); ils sont tues en détail ou dispersés par la légion de Westermann , et par une dirision venue de Tarmée du Nord , qui en fait un dernier carnage dans les champs de Savenay. Ainsi se fondit cette armée , de quarante miUe honimes environ , qui avait passé la Loire à Saint-Florent.

Les prédictions de d^Ëlbée s^accomplirent à la lettre ; non-seulement on ne fit point de quartieraux Vendéens capables de porter les armes, mais on nVpargna ni Tâge ni le sexe; tout ce qui ne faisait que suivre Tarmée royale , femmes j enfans, vieillards, furent égorgés. -Il nMtait pas rare de trouver sur la route , depuis le Mans jusqu'^à Savenay , des monceaux de cadavres parmi lesquels on distinguait des prêtres et des religieuses...

On va voir prendre aux opérations militaires le caractère de férocité qui dominait la Conventioiv nationale.

En ce temps- là était à Nantes un représentant da peuple dont le nom seul fera long-temps frémii* rhumanilé. De même que la nature semble sVpuiser pendant des siècles pouc. produire un homme de génie, qui, par ses grandes qualités^ honore le genre humain et le montre en quelque sorte participant des attributs de la divinité ; ainsi, et c^est sûrement pour empêcher les hommes de trop se glorifier de leur nature, paraissent quelque-

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fois des monstres enclins à tous les vices y capables de tous les crimes, et à qui il ne manque que d'hêtre nés parmi les tigres et les anthropophages pour s^abreuver de sang. A ce portrait on reconnaît Carrier. Ce qui etonnç, c^est que de semblables tyrans aient pu trouver des complices et des bourreaux.

Rossignol , employé sur les côtes de Brest , avait remplacé Lëchelle dans le commandement en chef des trois armées réunies. On disait de lui ; Tant que dans la Vendée le Rossignol chantera^ Farmée de la république déroutera. La Convention nationale, dans sa séance du i" brumaire, avait décrété que Ronsio et lui seraient jugés par une commission militaire; mais elle avait rapporté ce décret le lendemain.

Tandis qu'ion poursuivait les royalistes sur la rive droite de la Loire, le général Haxo méditait une expédition importante çl glorieuse sur les îles de Noirniou tiers et de Boin. Il sVtait entouré de tous les réfugiés de ces îles et des environs , pour en connaître les différentes positions , les chemins qui y conduisaient et les issues. On fit la carte du pays; on dressa le plan des places qu^on voulait attaquer*; on sut quels étaient leur§ moyens de défense et leurs côtés faibles. On mit dans les ports de Nantes çt de Paimbœuf des chaloupes canonnières en réquisition , quelques corvettes et une frégate. Ces bàtimens devaient- battre la ville de Noirmoutiers

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pqr mer, pendant que le ge'néral Haxo tenterait Tabordage de Tile à marée basse. Enfin , rien n^avait été négligé pour faire réussir une expédition qui, bien secondée, devait faire honneur au général , et terminer la guerre par la prise de Çharette et de son armée.

Ce chef actif et toujours inquiet, ne sVtaitpa^ endormi depuis qu^il avait quitté le gros de Tai'mée royale 4 il se doutait bien qu^on ne le laisserait pa^ tranquille , et cpi^on tenterait tous les moyens pos^ sibles pour reprendre Noirmoutiers ; aussi il àVàit réchauffe les esprits et réorganisé FinsurrecUon dans les districts'^ de Challans , Machecoul , Paimbœuf , et dans une partie du Bocage^ Il avait rétabli des postes aux endroits par où il présumait cpie les républicains essayeraient de passer pour venir jusqu'^à lui.

Le 18 brumaire^ Haxo s(9rtit de Naiites avec environ six mille hommes. Au lieu de se rendre directement et avec toutes ses fordes à Noirmoutiers ^ il les partagea en deux colonnes qui avaient ordre chacune de faire un grand circuit , de fouiller les bois et les forêts , et de chasser l'ennemi sur un point convenu, qui était Machecoul. Habile tac-* tique dMn général qui ne se porte point en avant sans s'être assuré qu'il ne laisse aucun ennemi der* rière lui , il passa par Saint-Philbert et Legé. L'adk judant - général Jordy devait joindre , dans la forêt de Prince, Tadjudant- général Guillemet qui

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avait eu ordre de sortir de Paimbœuf avec douze cents hommes environ pour la même expédition. Jordy fut arrêté devant un bourg appelé le Port- Saint-Père , situé à trois lieues de Nantes et à quatre de Machecoul ; il était occupé par un parti de royalistes. Pour les atteindre et passer avec les équipages dWtillerie, d^ambulance^ etc., il fallait construire un pont sur une petite rivière.

On avait fait suivre quelques bateaux et des planches; mais il ne s^en trouva pas assez. Jordy expédia un courrier à Nantes pour avoir ce qui lui manquait. On cohimença cependant les travaux , mais les royalistes incommodaient beaucoup les ouvriers; postés derrière des décombres et des masures, ils faisaient un feu de mousqueterie con^ linuel. On éleva deux tertres , sur lesquels on plaça deux pièces dWtillerie qui furent si bien servies , qu'elles achevèrent d'abattre les ruines qui couvraient les royalistes , et qu'elles mirent les travailleurs à Tabri de leur mousqueterie.

Le frère de Tadjudant-général , capitaine au dixième bataillon de la Meurthe, se distingua en* cette occasion par son intrépidité : il y avait à la rive opposée un bateau que l'ennemi avait emmené pour qu'il ne servît pas aux républicains. Jordy le jeune et un autre officier dont le nom ne mVst pas parvenu, se mirent à la nage, parvinrent à le détacher en présence de l^énnemi , et l'amenèrent à la rive droite. Il suffit , avec ceux qu'on avait déjà

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et quelques pièces de bois , pour pratiquer uu passage de deux hommes de front. Le 20, Tadjudantgénéral fit défiler , à la faveur de son artillerie , quelques détachemens de son avant-garde , qui s^em parèrent des hauteurs du Port-Sain t-Père et en délogèrent les royalistes. Ceux-ci lâchèrent un cerf-volant pour indiquer à leurs gens par où ils faisaient leur retraite.

Les bateaux et madriers demandés à Nantes étant arrivés , Jordy fit construire un pont assez solide pour passer ses équipages et son artillerie. Il laissa au Porl-Saint-Père deux cents hommes d^infanterie et des travailleurs pour achever de consolider son ouvrage. Ce posle devenait trèsintéressant; il était le point de communication le plus direct entre Nantes, Macheconl, Challans, Noirmoutiers, les Sables, en un mot tqus les parages qui allaient redevenir le théâtre de la guerre.

Le 24, Jordy fouilla la forêt de Prince .et y rencontra Tadjudant-général Guillemer.

Cependant Haxo était arrivé à Machecoul ; il en avait chassé une poignée de royalistes qui , après une fusillade de peu de durée, sVtait repliée sur Challans et Beauvoir,

Inquiet de ne pas voir arriver les troupes aux ordres de Jordy et de Guillemet , il monta à cheval dans Taprès-dînée du 2^, et, escorté d'un détachement du 7* de chasseurs, il vint à leur rencontre

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sur la route qu^ils devaient pratiquer. Il les joignit à environ trois quarts de lieue en avant de Mâche-: coul ; ils lui rendirent compte des obstacles qui les avaient empêchés dériver plus tôt. Il sut qu^on avait tué dans la forêt de Prince de pauvres paysans qui, par crainte, avaient fui à Tapproche des repu-* blicains, et qu^on avait trouvés cachés : il en fut vivement affecté. Il témoigna aussi son mécontentement de ce qu^on avait incendié des meules de fourrages et des fermes remplies de blé , sous le prétexte que n^ayant ni le temps ni assez de voitures pour enlever ces denrées , il ne fallait pas laisser, par derrière soi , aux ennemis , des moyens de subsister. Cétait une bien fausse mesure ; car, dans la supposition qu^on eût été forcé de revenir sur ses pas et de camper de nouveau dans ces endroits, quelle ressource aurait-on eue pour la cavalerie ? Les royalistes agissaient avec plus de prudence; ils n'ont jamais gaspillé ni brûlé de denrées , quelques craintes quMls aient eu de les voir tomber au pouvoir des républicains, parce que n'ayant d'autres ressources que celles du pays , ils espéraient toujours en retrouver une partie à leur rentrée dans les postes qu'on leur prenait momentanément. Les troupes aux ordres d'Haxo allaient précisément être réduites à la même nécessité , puisque Nantes comptait sur leurs expéditions pour s'approvisionner dans la Vendée.

Si , pour me servir des expressions du temps , la

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dévastation et rimprévoyance étaient à Fordre du jour , on voit déjà qae la cruauté et la barbarie n^ étaient pas moins : on en donna un nouvel exemple a MachecouL Un détachement avait trouvé une vingtaine de mf^Iheureux habitans de cette ville que ^a crainte encorç avait fait fuir à Tarrivée de Tarméé : du nombre étaient un vieillard et un jeune homme , à peine âgé de quinze ans; on les conduisit au quartier-général. Lejirs parens les ayant vus passer dans les rues , accoururent demander grâce pour eux au général, assurant qu^aucun, le jeune homme surtout et le vieillard , n^avait porté les armes contre la république. Sur Tallégation d^n simple soldat qu^on avait trouvé quelques cartou- 'ches dans leurs poches, et sans donner le temps au général Haxod^examiner cette affaire, on ordonna qu^on conduisît les quinze individus à Nantes par la porte de derrière ( cVtait Texpression dont on se servait pour commander la mort ). On les fusilla sans pitié.

Haxo fit un établissement utile et nécessaire. Il y avait à Machecoui quatorze ou quinze moulins à vent que le destructeur Beysser avait fait brûler en partie ; le général chargea le commissaire des guerres qui raccompagnait dans cette expédition, de les remettre en état de service; ce qui fut fait en moins de trois jours. Le même commissaire établit quatre fours de campagne, où Ton pouvait

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Êibriquer seize mille rations de pain en vingt-quatre heures.

Après avoir organisé ce service essentiel et fait reposer ses troupes , le gênerai dirigea sa marche sur Challans , chef-lieu de district du département de la Vendée , distant de trois lieues de MachecouL Il rencontra Fennemi à la Garnache où nous avons dit que Charette avait une propnété; ilTen débusqua ainsi que de Challans , et le força à la retraite sur Beauvoir et File de Bouin. Après avoir fait à Challans des établissemens comme à Machecoul , il se disposa à aller chercher les royalistes dans leurs derniers retranchemens. Il se concerta à cet effet avec le général Dutruy qui commandait aux Sablesd'Oionne et à Saint-Gilles, et qui envoya Fadjudantgénéral Dufour avec un détachement pour concourir à Fattaque de File de Bouin. Charette sY était réfugié avec quinze cents hommes. Dufour , Jordy et Guillemet devaient, avec environ deux mille fantassins, essayer d^entrer dans File à marée basse. Haxo devait se tenir avec sa cavalerie et un bataillon d^infanterie entre Saint-Gervais et Bouin , pour empêcher les royalistes , en cas qu^ils fissent une trouée , de pénétrer dans les marais de Challans ; enfin, trois autres adjudans-généraux, à la tête de d^x-huit cents hommes, devaient, à quelque distance du général, intercepter le passage de Bouin à Machecoul. Tout était parfaitement bien

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combine pour cerner Tcnnemi et ne le pas laisser échapper.

Les colonnes se mirent en marche. Quelques instans avant Tattaque de File, qui eut lieu le i4 frimaire^ Charette rassembla sa troupe et la harangua. <( Mes camarades , dit-il , je ne vous dissimule- » rai pas le danger qui nous menace; mais s^il )) est grand, votre courage ne Test pas moins. Ce- » pendant s^il y en avait parmi vous qui désespé- )> rassent de la chose publique, qu^ils se portent » à. ma gauche, je ne veux pas les conduire au » con^bat ; que ceux au contraire qui ont confiance » dans les ressources de leur général, s^élancent )> vers ma droite , je les sauverai tous. »

Sa harangue fut couverte d^acclamations , et tous jurèrent de le suivre. Ensuite il tint conseil avec ses princit)aux officiers, pour délibérer s'il ne ferait pas mourir deux ou trois cents républicains prisonniers dans Tile. Probablement que Jordy €t Dufour, qui commencèrent Tattaque , ne lui donnèrent pas le temps de mettre ce projet à exécution.

Comme Noîrmoutiers , Bouin est presqu'île au reflux de la mer ; elle est de plus environnée de marais qui^ dans cette saison de Tannée, étaient pleins d'eau. Ces obstacles n'en furent point un pour les intrépides républicains ; ayant de l'eai^jusqu'à la ceinture , et quoiqu'assaillis par une grêle de balles, ils abordèrent et pénétrèrent dans l'ile.

Alors Charctle et les siens firent une trouée qu'^infallliblement ils n^auraient pas eflFectuée si Guillemet fût arrivé au poste qui lui avait été assigné aussitôt que Pavaient fait de leur c6té les deux adjudansgénéraux Dufour et Jordy. L'ennemi prit la route du bois de Séné , et tomba à Timproviste sur le général Haxo qui nWait avec lui que trois cents hommes d'infanterie ( le 3* bataillon d'Ille-et- Vilaine ) et une compagnie de cavaliers nantais. L^attaque fut si prompte et si vive, qu'à peine ces cavaliers eurent le temps de monter à cheval; plusieurs même ne voyant plus le général, et ne sachant du il avait rallié et mis sa troupe en bataille , se replièrent sur les dix-huit cents hommes commandés par les adjudans-généraux Sainte-Suzanne, Chadeau et Mangin. Cependant Haxo, à la tête de son petit bataillon d'IUe-et-Vilaine , se battit en héros, et disputa long-temps le terrain qui lui resta ; malheureusement sa valeur ne put empêcher les royalistes de lui prendre et d'emmener deux caissons de cartouches , prise précieuse qui leur valait une victoire dans un temps où ils n'avaient plus de moulins à poudre ; mais c'en était une pour le général que de n'avoir pas succombé au nombre et à l'impétuosité des assaillans. Sur le soir , il envoya reconnaître si les adjudans-généraux Sainte-Suzanne, Chadeau et Mangin étaient encore à leur poste : on n'y trouva personne. D'après les rapports qui leur avaient été faits, ne sachant ce qu'était de-

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venu le général qu^on présumait pris ou lue , et incertains sur le nombre des enneniis que la renommée avait grossi, ils avaient jugé prudent de battre en retraite sur le Pott-Saintr-Père. En passant à Machecoul , ils avaient donné ordre au commissaire des guerres, qui y était resté, dVvacuer sur ce même lieu son ambulance et ses subsistances.

La nouvelle d^une défaite et delà mort du général se répandit bientôt à Nantes , et vint jusqu'aux oreilles de Carrier qui entra dans une fureur épouvantable contre les trois adjudans-généraux à cause de leur retraite.

Cependant quand Haxo sut qu'ils étaient au Port-Saint-Père , il leur manda qu^il était resté maître du pays, et leur ordonna de venir le rejoindre avec leurs troupes à Machecoul. îl leur apprit comment il avait soutenu le choc d'un ennemi ciiiq fois plus nombreux que lui, et quel courage avait montré son bataillon d'Ille-et- Vilaine, qu'il n'appela plus que le bataillon des héros. Il les combla de témoignages d'affection , et fut leur défenseur auprès de Carrier qui voulait les envoyer prendre, et les faire conduire à son tribunal pieds et poings liés. Le premier qui se glorifia de la prise de l'île de Bouin fut le général Dutruy qui n'y avait point paru. Outre les trois cents républicains qu'on y délivra , on y trouva une ample provision de blés de toute espèce qui furent d'un grand secours pour l'armée et pour la ville de Nantes qui manquait de subsistances,

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On craignit à Fontenay-le-Peuple que Cbarette ou les troupes de La Rochejaquelein et Stofflet ne fissent un coup de main en venant délivrer cinq cents prisonniers. Lequinîo, commissaire delà Convention , s y rendit de Rochefort oii il était en mission. On lui dit que ces prisonniers, à qui iVspoir d'hêtre bientôt délivrés avait donné de Taudace , avaient essayé de se révolter; il descendit dans le lieu de leur détention, brûla la cervelle à Tun d'eux, et donna Tordre de les fusiller tous au premier bruit qui courrait de l'arrivée de Fennemi.

A Saumur, ou en guillotina plus de quatre cents. Pour qu'on ait une idée du caractère et du style, des juges de ce temps , je transcris ici en entier la copie d'une lettre de deux commissaires envoyés par la commune de Paris pour surveiller les opérations de la Vendée ; elle est datée de Saumur, le 26 frimaire an II , et ainsi conçue :

« Salut, fraternité, joie, santé, persévérance et » célérité dans les mesures révolutionnaires, çà )» ira,

)) La poste part, et des brigands attendent notre w jugement pour monter à la guillotine; en voilà » quatre cents , depuis quinze jours , que nous y » faisons monter.

» Signé nfoLix et Millier. )> Les exécutions militaires et révolutionnaires

avaient lieu dans toutes ces contrées. A Nantes, on fusilla cinq cents royalistes qui avaient jeté leurs armes, et sVtaient rendus en demandant grâce. Deux cents périrent sur l^chafaud à Rennes ; quatorze cents fiirent fusillés ou précipités dans la Loire à Âncenis et à Angers. On ne faisait plus de quartier à personne* Carrier annonçait à la Convention ses mariages républicains et ses baptêmes patriotiques comme des gentillesses , et la Convention y applaudissait ! Cependant les victimes

nVtaient pas toujours des ennemis pris les armes à la main, cMtaient aussi des femmes timides, des jeunes gens , des vieillards , des prêtres de différens départemens, à qui Ton avait fait descendre la Loire pour les déporter.

Ces atrocités accrurent les forces de Charette. Tout ce qui avait à craindre les persécutions et la mort, et qui put sVchappér, accourut sous ses bannières dans le Bocage.

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