‹ Mémoires sur la VendéeChapitre 15 sur 30 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Tufr^au est nommé gënéral en chef de larradc de FOuest; il arrive à Maehecoul avec un renfort de huit mille hommes qu'il conduit à Challans. — Maehecoul y dënuë de forces , est attaque et pris par Charette. — Attaque et prise de Noirmoutiers par Haxo. — Création d'une commission militaire qui fait fusiller quinze cents royalistes. "— Entretien de d'Ëlbée , d'^Levaut généralissime de l'armée catholique et royale, avec trois représentans du peuple et le général républicain. — Sa mort. — Haxo se plaint qu'on n'a pas accordé le pardon qu'il a promis ; on le menace } il revient à Maehecoul.

Depuis la prise de Tile de Bouin , le gënéral Haxo avait été forcé de se tenir sur la réserve, parce qu'ail n'avait pas assez de monde pour garder les postes qu^il avait conquis , et répondre du succès de Fexpédition de Noirmoutiers ; heureusement on lui annonça un renfort de huit mille hommes , commandés par les généraux Tilly et Marceau. Turreau, qui venait de succéder à Rossignol dans le commandement de Tarmée de TOuest, suivait cette colonne avec les représentans du peuple.

Elle arriva à Maehecoul le 9 nivôse. Haxo , qui vit que ce secours assurerait ses derrières de manière à n^avoir plus à craindre d'être inquiété pendant son expédition, se mit le même jour en route.

Je dis son expédition, parce qu^elle elait réellement son ouvrage : c^esl lui qui Pavait conçue , méditée et préparée. Aussi , Turreau lui fit-il la grâce de lui dire, avant son départ, qu^il ne venait point dans Tintention de lui en ravir la gloire. On remarqua que les commissaires de la Convention, tout en paraissant rendre hommage aux talens du général , ne le traitaient pas avec celte cordialité qui annonce une parfaite confiance. Le bruit courut qu^ils avaient, en arrivant, Fintention de le suspendre, mais quMls en furent empêchés par la crainte de faire manquer une expédition dont tous les apprêts étaient dans ses mains.

Haxo devait ces dispositions défavorables à sa modestie ; s^il avait autant écrit qu'ail agissait, il aurait fait parler de lui, et les représentans du peuple n^auraientpas europinîon qu'il était demeuré trop long-temps dans Tinaction.

Le 1 1 , les commissaires de la Convention et la division qu'ils accompagnaient se mirent en routé pour Challans. On avait cependant prévenu le chef d'état-*major-général que Fennemi avait paru Tavant-veille dans la forêt de Machecoul, sur le chemin de Légé. On jugea plus important d'aller garder Challans , comme plus voisin de Noirmoutiers ; on laissa seulement pour la défense de Machecoul deux cent cinquante hommes du troisième bataillon d'IUe-et-Vilaine.

L'habitant et le soldat étaient dans la plus par-

faite sécurité. On ne se doutait pas que Fennemi viendrait attaquer ce poste le jour même du départ d^une forte division dont il pouvait présumer qu^une partie fût restée. Ce fut précisément cette circonstance que Charetle choisît. Son but, en faisant cette diversion, était de forcer les républicains de revenir sur leurs pas, afin de pourvoir à la garde de ce poste important et du Port-Saint-Pcrej en occupant une partie des troupes de la république, ir diminuait le nombre de celles quW pouvait employer contire Noirmoutiers , et peutêtre en empêchait ou au moins en retardait la prise. Il tomba donc , le 1 1 nivôse , à quatre heures de Faprès-midi, sur Machecoul à la tète d^un rassemblement de huit mille hommes divisés en deux colonnes. L'^avant-garde de la première descendit de la forêt, gagna les derrières du château, arriva sur le pont , et égorgea la sentinelle qui n^eut pas le temps de reconnaître Tennemi ; la deuxième co-» lonne , commandée par La Roberie et Découétus , passa par Saint-Même , et vint se placer en embuscade sur la route de Nantes, à une demi-lieue environ de Macbecoul , afin de couper la retraite aux fuyards. La garnison fut surprise dans la place; les soldats couraient çà et là dans les rues ; plusieurs furent atteints ettiiés par Pennemi; mais la majorité parvint à sortir de la ville et sfe rallia aux Mou-lins. Elle se fraya un ch^nin au miUeu des royalistes , à la faveur de deux pièces de canon , et fit

une retraite honorable, partie sur Saînte-Pazanne, partie sur Bourgneuf. Il n^en serait pas échappé un seul si La Roberie et Découétus , au lieu de se teniv aussi éloignés de Machecout ^ fussent venus le bloquer vivement , corouie Charelte Pavait fait de son côté. Les républicains perdirent quatre-vingts des leurs, et quantité de munitions de guerre et de bouche.

Le commandant de place à Bourgneuf était un. ancien tonnelier de Nantes j appelé Foucault. L^arrivée des réfugiés de Machecoul lui fit peur, et dès le lendemain il donna ordre à sa garnison , composée du 2* bataillon du 89* régiment ^ ci-devant Ile-de-France, de se replier sur Pornic. On lui représenta combien il était honteux d^avoir abandonné son poste sans avoir vu Fennemi ; on le décida, comme malgré lui, à y revenir le 1 3, mais il n^était plus temps, les royalistes s'en étaient emparés la veille.

Qu'on me permette d'insérer ici un trait qui donnera une idée du caractère atroce d'un des chefs du parti royaliste : Une dame , dont le mari avait été égorgé comme républicain lors du premier massacre de Machecoul , se trouvait dans cette ville à l'époque qui nous occupe. Craignant un sort pareil à celui de son mari , elle monte à cheval et se sauve avec un groupe de cavaliers qui prend le chemin de Bourgneuf. Elle tombe ; son cheval suit le groupe. Elle reste quelques instans exposée à être prise ou

tuée. Un chasseur da i5* la rencontre et la prend en croupe, ils sVgarent; la nuit arrive, les chemins sont impraticables et couverts d^eau ; ils tombent dans un fossé , ils ont le bonheur de s^en retirer. Ils rencontrent une patrouille ennemie qui tire sur eux : la dame est atteinte à la cuisse et blessée; ils s^enfoncent dans les bois, et après bien des courses et des fatigues, ils rencontrent une métairie; ils implorent les secours de Thospitalité , on les reçoit^ ils se croient en sûreté. Un des colons part pendant qu^ils se reposent, et va les dénoncer à Ripault de la Quatelinière, commandant royaliste an ehâteau de la fbrét de Prince. Ce chef envoie de suite à la ferme un détachement qui saisit les deux réfugiés et les conduit au château. Il fait fusiller, sous les yeux de la dame et malgré ses prières, le chasseur qui lui avait sauvé la vie.

Aussitôt que les commissaires de la Convention et les généraux furent avertis de la prise de Ma-^ checoul, ils firent rétrograder une partie de la division qu^ils avaient conduite à Challans. Dès qu'elle parut, les royalisteas'enfitiirent si précipitam*ment que ceux qu'on envoya courir à leurs traces n'en trouvèrent pas un seul ; ils avaient repris la route de Légé qui était devenu leur quartier-général. La frayeur s'était emparée d'eux, et ce fut le commissaire des guerres de Machecoul qui en fut cause. Il n'avait su comment alimenter le renfort de troupes qui venait de lui arriver, et avait ordonné aux trois pré*

posés des vivres qu^il avait à Bourgneuf , à Sainte* Pazanne.et à Port-Saint-Père, défaire ramasser et inoudre le plus de blé possible, parce. <|ue, leur £criyait-il , il devait y avoir incessamment un ras- $emblement de trente-deux mille hommes à Macliecoûl. Son dessein était dVuvoyer chercher ces subsistances ; surpris par Tennemi à Tattaque du ii il nWt le temps de sauver ni ses effets ni ses pa-* piers : son registre de correspondance tomba entre les mains d^un chef qui le porta à jCharettc. La lettre contenant Tordre et Tavis dont je viens de parler, était précisément la dernière inscrite* Les royalistes ne furent pas plutôt instruits du retour des troupes républicaines, qu^ils craignirent en effet dVn avoir un trop grand nombre sur les bras, et qu^ils se déterminèrent à une retraite, ou plutôt à une fuite précipitée.

. Sans la division Tilly, Charette nuisait réellement à Fexpédition de Noirmoutiers. Il y avait dans cette lie environ deux mille royalistes , dont huit cents bien armés; les côtes et la place Sainl-^ Pierre étaient en outrdi défendus par cinquante pièces de canon. L^attaque se fit le i4 nivôse. La jftottillc la commença; elle était composée de la frégate la Nymphe , de quelques lougres et autres petits bâtimens de transport : les royalistes poin-« tèrent une pièce de trente-six contre la frégate et la firent échouer ; mais comme la marée était basse, tout Téquipage se sauva. Ils firent un feuterriWe

sur le bâtiment monté par radjudant-généràl Jordy, qui fut grièvement blessé et eut à peu près quatrevingts hommes tués à son bord 9 mais la troupe ne se découragea point : on la vit s^élancer hors des bâtimens , et Teau jusqu^à la ceinture aborder le rivage.

Tandis que ces choses se passaient à la pointe de la josse, Haxo, à la tête de son corps de ba-« iaîUe , épiait à la Crosnière Tinstant favorable du reflux, le saisit et traversa le gué au pas de chargé. Un poste ennemi fit mine de s^opposer à ce qu^il abordât nie ; mais après une courte fusillade le poste fut enlevé. Les républicains marche^rent droit au village de Barbâtre, le combat s Y engagea, cinq cents royalistes mordirent la poussière , et le village fuHlivré au pillage et brûlé.

A cet aspect la terreur s^empara des habitans de la ville de Saint-Pierre ; les combattans eux-mêmes crurent quMl sVtait fait un débarquement considérable , cependant il u*y avait pas plus de trois mille hommes , et, au moyen de leurs canons et de la défense naturelle du terrain coupé par mille -marais salins y ils pouvaient tenir en échec une armée de vingt mille hommes. Ils envoyèrent deux parlementaires , pour demander qu^on leur accordât la vie et la liberté , promettant à celte condition de mettre bas les armes. I^ manière franche et loyale avec laquelle Haxo était accoutumé de faire la guerre, les avait encouragés à tenter celte

démarche ; mais comme il avait à côte de lui des surveillans qui le forçaient à la circonspection , il renvoya les parlementaires aux conunissaires de la Convention qui, loin de leur faire accueil, les congédièrent avec ces paroles désespérantes : ' <f Allez dire à ceux qui vous envoient , qu^on ne » fait point de grâce à des brigands , et que nous n voulons cimenter la république avec leur sang. i> Cette réponse porta la consternation parmi les liabitans et les royalistes ; cependant ils ne perdirent pas tout espoir : ils crurent que si leurs premières paroles de paix n^avaient pas été bien accueillies , cVst que leurs députés n^avaient pas fait ^assez d^instances auprès du général Haxo« Ils résolurent en conséquence de lui en envoyer deux autres qui le trouvèrent à une demi-Meue de la ville , au milieu de ce que les gens du pays appellent les Charrots f ce sont des chemins boueux, excessivement difficiles à pratiquer pendant Thiver. Les royalistes y avaient deux pièces de csmon qui, bien servies , pouvaient disputer le passage avec beaucoup de succès , attendu qu^il y avait un pont coupé entre eux et les républicains , et qu'*à droite et à gauche du chemin étaient de larges fossés que ne pouvaient franchir ni la cavalerie ni Kn-r fanterie.

Le général seatit que la moindre résistance pourrait le tenir long-temps en échec, et peut-être lui faire manquer le but de son expédition; il jugea

convenable de recevoir favorablement les deus nouveaux parlementaires. Jaloux cependant de ne pas manquer aux règles de la bienséance , il consulta les représentans du peuple sur ce qu^il devait repondre; mais quand il vit qu'ails repoussaient toute idée de clémence , il leur dit , avec cette dignité et ce ton d^autorité que donnent la raison et rhumanité : « Citoyens représentans , je suis re- »' vêtu de la confiance du gouvernement; je » commande des Français contre des Français

ta a

)> égarés , et puisque je puis épargner le sang des » uns et des autres , je vous déclare que je pro* )» mets la vie aux royalistes qui se «rendront, )>

Cette détermination imposa aux commissaires de la Convention qui notaient pas accoutumés à rencontrer des hommes assez énergiques pour leur donner des leçons d^honneur et de vertu. Ils parurent laisser le général libr^ de promettre tout ce qu'il voudrait ; mais ils se réservèrent in petto le droit de perfidie.

Haxo se retourna vers les parlementaires, et leur dit : « Vous pouvez 'rentrer dans la ville , en- 2> gagez vos commettans à se rendre sur la place )> d'armes et à y déposer en faisceaux leurs fusils, w leurs sabres, etc.; assurez-les qu'on leur rendra » la justice qui leur sera due. » •

Cette assurance équivoque a donné à penser depuis qu'il avait pénétré les intentions des représentans. Cependant les royalistes y mirent une entière

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confiance , et reçurent leurs derniers députés avec les démonstrations de la plus vive allégresse. Dès cet instant les hostilités cessèrent dans Tile ; la troupe royale abandonna ses pièces de canon et tous ses postes ; elle se réunit sur la place et mit ses armes en faisceaux. Les troupes républicaines , ayant à leur tète le général et les représentans , firent une entrée triomphante dans la \ille. TJair retentissait des cris de vwe la republique ! vive Haxo ! Mais ces transports de joie furent bientôt convertis en pleurs , en gémissemens et en stupeur générale. Aussitôt qu'on fut arrivé sur la place , les commissaires de la Convention firent enlever les armes déposées , et renfermer dans deux grandes églises tous ceux , hommes et femmes , soupçonnés ou dénoncés comme ayant appartenu à Tarmée vendéenne , ou comme partisans du royalisme. Ils créèrent ensuite yi^^ commission militaire pour les juger révolutionnaîrement. On évalue à cpiinze cents environ les individus qu'elle a fait fusiller : ses premières victimes furent d'Elbée, Duhoux, d'Hauterive , Tingui , Dubois-Mussip.

D'Elbée eut , la veille de sa mort, une conversation très-intéressante avec les représentans du peuple et le général Haxo. Comme ancien généralissime de Tarmée catholique et royale, il était plus à portée que personne de donner des renseignemens sur son organisation et son entretien. On lui fit plusieurs questions , entre autres s'il n'avaijt

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pas reçu des secours des Anglais : il répondit que la cour de Londres en avait souvent promis j mais que, jusqu^à cette époque, elle n'^en avait envoyé ni en hommes , ni en argent , ni en munitions de guerre ; il ajouta que , quelques jours après Ia prise de Noirmoutiers par Charette, on avait fait embarquer un La Roberie , frère du capitaine général de la cavalerie , et deux autres députés , pour intéresser le cabinet de Saint -James en faveur du parti ; mais que depuis on n^avait eu aucune nouvelle de ces trois ambassadeurs. Il passa en revue tous les événemens de la guerre, depuis le commencement de Tinsurrection ; il indiqua les causes des revers des d^K partis , quHl attribuait aux fautes commises par tel général, royaliste ou républicain. Il dit particulièrement , à Toccasion de Santerre , qu'il aurait pu le prendre quand , à Coron , ce deinier fit avancer sur une seule file une armée de quarante mille hommes, mais qu'il se contenta , lui d'Elbée, avec quatre mille Vendéens, de faire ramasser les fusils de cette masse mise en déroute , et de s'emparer de son artillerie. Mon avis est que , quelque peu de cas que les royalistes fissent de la personne et du mérite de Santerre, ils auraient néanmoins été curieux de le saisir ,in'eûtce été que pour le punir exemplairement d'avoir fait exécuter le décret de mort porté contre Louis XVI. D'Elbée témoigna hautement au général Haxo combien il l'estimait : il releva sa bravoure

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à Chollet , rhabileté avec laquelle il avait dispose son expédition contre Noirmoutiers , sa démence envers une foule de paysans à qui il avait donné des billets de garantie contre toute espèce de vexation. Enfin il termina son éloge en lui disant qu^il eût été glorieux pour d^Elbée de se mei^urer avec Haxo. Il esquissa le portrait de plu-» sieurs chefs vendéens ; il peignit le prince de Talipont comme un jeune homme fier et fougueux y mais sans moyens et timide au fond, U rappela que ce »fut à ses conseils , et au peu d^accord et de subordination qui existait entre les chefs , qu^on dut la ruine du parti. « Dès que je vis qu'on était )» décidé à passer la I^ve, dit^il, je désespérai a entièrement de la cause royale , et me déterminai > à choisir un lieu où je pourrais mourir tranquil- » lement, n En effet , depuis son séjour à Noirmoutiers , il nVvait pas voulu faire panser sa blessure ; et à Tinstant même où il parlait il rendait des flots de sang qui le forçaient d'interrompre la conversation.

Les représentans lui demandèrent quels moyens Ton pourrait employer pour pacifier les campagnes. Il n'en assigna point d'autre que la liberté du culte catholique et romain, et la retraite des troupes répubhcaines au-delà de certaines limites qu'on tracerait de part et d'autre. On s'entretint ensuite du mérite personnel des chefs royalistes qui restaient , de Charette surtout II ne lui accordait pas

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de grands talens militaires , mais il dit qu'ail était excellent voltigeur et qu^on aurait de la peiné à lu réduire.

Tel fat Tentrelien qu^îl eut avec les commissaires de la Convention. Le lendemain, on le sortît de son lit, et on le conduisit au supplice avec soii épouse et les autres personnes que nous avonsidéjà nommées. On vit aussi, au rang des condamnés, Vielland , ce commandant dès chasseurs de la Manche, que nous avons dit avoir été surpris dans Tile, lors de Tinvasion de Charette*; rien ne prouvait qu'il eût trahi; seulement on trouva dans ses pa-^ piers une invitation de société, où on lui disait qu'on serait en petit comité : ce billet suffit pour le faire juger sans retour et conduire à la mort.

Quand Haxo vit que, loin de tenir la parole qu'il avait donnée , on égorgeait tant de victimes , il en témoign^ sou chagrin à ses adjudans-généraux et à quelques autres qu'il honorait de sa confiance. Ses plaintes ne farent pas si secrètes qu'elles ne parvinssent aux oreilles des représentans du peuple qui lui firent insinuer qu'il y avait long-temps qu'ils avaient formé des soupçons sur lui, que sa pitié les justifiait; qu'il devait s'estimer heureux de s'être emparé de Noirmoutiers , parce qu'à la réussite de cette expédition était attachée sa conservation, et que, s'il ne savait pas respecter la volonté de la nation dans les actes de ses représentans , on lui ferait sentir toute l'inconvenance de

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sa conduite. Ainsi le mal se fit sans qu^il pût Fem* pêcher.

La prise de Noîrmoutiers valut à Jordy Faîne le grade de général de brigade , et à son frère celui d^adjudant-général. On tira de File envk-on six cents tonneaux de blé, qu'ion fit embarquer pour Nantes. Les représentans du peuple , après y avoir laissé leur commission militaire en pleine activité et des troupes pour la soutenir, revinrent à Nantes avec le général en chef Turreau; Haxo les accompagna jusqu'^à Madiecoul où il fixa son quartiergénéral.

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