CHAPITRE III
ÏTKixccu'.icm (lu traité de paix de la part des royalistes. — Compté rendu de lears dispositions au comité de siVlut public par ie re^ présentant du peuple Gaudin. — Il fait prendre un lieutenant <le.C[iarette, fauteur d'assassinats commis sur les républicains. — Eicpédition dirigée contre Charette qui se sauve. •— Motifs de la reprise des hostilités. -«- Les Vendéens attaquent les convois de Tannée; leur barbarie. — Vengeance des républkaiûis. ^-^ Atreslation de {dusieurs chefs royalistes à Rennes. -— Nouvelles tentatives ii>fructueu5ement dirigées contre Charette..-^ Perfidie dtroce de La Roberie , capitaine général de sa cavalerie.
C^AiifiTTE seul eût peut-êlre tenu à honneur d^exécuter tous les articles du traité qu^il avait signé ^ en Be réservai^t toutefois deâ moyens de défense et de salut en cas de trahison et de surprise ; mais ses sub^mlonnés prêtaient pa3 tous susceptibles de la même loyauté. La plupart ne pouvaient plus vivf*'€f que de brigandage ; sans cesse ils le circonvenaient et mettaieUt opposition à la réunion de ses troupes , au licenciement des gens de campagne, et à la composition d'une garde territoriale de c^ii^ à qui Thabitude de guerroyer rendait le métier des armes comme une seconde nature. Ces retards dans Texécution du traité , et les assassin nats dônl^ j'ai parlé plus haut , confirmèrent Popi-
192 GUERRJB CIVILE
mon que le représentant du peuple Gaudin avait conçue de îa mauvaise foi des chefs royalistes. Il réunit, sur ces assassinats ^plusieurs rapports qui lui furent faits , tant par les commandons des postes que par les ai^orités des communes des Sables, Saint-Gilles et Challans , et il les envoya au comité de salut public, en lui faisant sentir la nécessité de réprimer de pareilles atrocités par la forice des armes , puisque les plaintes directement portées à Çbarette et à d^autres commandans subalternes avaient été inutiles. Il représenta les royalistes plus fiers, plus audacieux, et depuis la pacification moins disposés qu^auparavant à rentrer sous Fobéissance des lois. Il insinua que plus on retarderait à user de représailles à leur égard , en reprenant les hostilités, plus ils se fortifieraient et moins on serait en état de les réduire. Ses lettres firent Feflfet qu^il en attendait. Le coinite de salut public le considéra comme le seul ded commfessupes , en mission dans la Vendée , qui vît là position des affaires ^ous leur véritable point de- vue J et ^ sans Tautoriser peut-être ouvertement k renouvelct* là guerre, il lui laissa toute la latitude qu^il pouvait désirer. Cet homme vif, pénétré d^ailleurs del-excellence de son opinion , et qui croyait du reste mieux servir les intérêts de la république que ses collègues , s'empressa de profiter de Fapprobation du comité.
Sans prévenir le général en chef des expéditions
DE LA VENDEE. ig3
qu^il méditait , il ordonna des courses aii«- delà des lignes convenues eutre les re'publicains et les roya-? listes , * et afi^ qu^on ne s^ëtoonàt pas de ces încur-' sions , on accrédita un certain bruit qui \e» lég»-^ tixDa: savoir que Charette, au lieu de rendre le ci-devant Poitou à la république, avait intention 4^en faire un gouvernement à p^rt , dont il veinait d^être nommé vice-roi par Louis XVIII ; on ajoato qu'^avec le brevet qui lui conférait cette nouvelle dignité, on venait de lui apporter le cordon roo^e. Il y avait quelque chose de vrai dans ce^tte rmin^ veilej mais au lieu de la vice-royaùté , c'^étàît isua brevet de général des armées catholiques et royales, que les princes français avaient cru devoir lui en** voyer, ainsi qu^à StofBet, pour renouer rattachement de ces chefs à la cause des Bourbons.
La première incursion marquante quVrdonna le représentant du peuple Gandin,, fat celle que je vais raconter. Un jeune homme, appelé Aliard, qui avait d^abord servi dans les charrois de Ta^rraée républicaine , s^était jeté dans Iç parti enneofii ; fait prisomiier à la Roche-sur-Yon et sur le point d^être condamné à mort par une commission militaire, il s'était s^uvé et était rentré dans Tarmée catholique et royale. Il commandait un attroupement de Vendéens entre Ësnay et PaUuau ; son camp était sur une hauteur qui dominait la plaine et le chemin» L^adjudant- général Cortez, jeune homme propre aux coups de main de ce genre , fut chargé
d^aller surprendre Allard dans son camp ; il partit de grand matin avec le bataillon des chasseurs de Cassel , qui était rentré au camp de Kerre-Levée , et parut au pied du monticule où étaient les royalistes à Thcure où ils s'y attendaient le moins. Cependant , ne pensant pas que Ton vînt pour les surprendre , plusieurs , Allard à leur tête , descendirent aa-devant de Tadjudant-général et de sa troupe, et furent faits prisonniers. Les autres, qui s'aperçurent qu'on voulait les cerner , cherchèrent leur salut dans la fuite , et laissèrent leur chef au pouvoir des républicains. On trouva chez lui les dépouilles des officiers et soldats qui avaient été tués dernièrement sur la route des Sables à Palluau, circonstance qUi prouve qu'il était bien informé des hostilités que continuaient ses gens, et des massacres particuliers dont j'ai parlé.
Cortez l'amena de suite aux Sables , et le conduisit chez le commissaire de la Convention Gandin qui donnait une fête ce jour-là : une multitude l'escortait. L'animosité contre lui était telle qu'il n'échappa que par une espèce de prodige à la vengeance du peuple ; on le mit en prison , et deux jours après on l'embarqua pour La Rochelle avec un nommé Descloudis, petit seigneur de Saint- Gervais , près Challans , qu'on avait pris peu de t^mps auparavant déguisé en toucheur de bœufs et conduisant dans le Bocage une voiture chargée de blé , mais recouverte de cendres. Ces deux
DE LA VENDÉE. igS
individus durent ensuite être transférés à Fontenayle-Peuple pour y être jugés par une commission militaire.
Gaudin avait aussi donné ordre à une autre , colonne d'aller, le même jour, attaquer et prendre Charette à Belleville ; mais averti à temps, ce commandant en chef échappa à la vigilance des républicains.
Allard était aimé. Son enlèvement irrita les Vendéens qui jurèrent de sVn venger. Cest prin^ cipalement k cet événement qù^on doit attribuer la reprise d'une guerre ouverte.
Depuis long -temps la division des Sables était dénuée de subsistances , on y vivait au jour le jour ; encore le soldat était -il souvent réduit au quart de la ration de pain. Les ressources locales ayant été absolument épuisées , on tirait les subsistances de Niort, de Fontenay et de Luçon. Les royalistes connaissaient bien cette situation de l'armée, républicaine ; mais depuis la pacification , ils avaient laissé passer des convois de blé ou de farrtfesV quoique souvent ils ne fussent presque point es-* cortés. Quand la nouvelle de la prise d'Aïlârd Se fut répandue (i) , ils se mirent en embuscade pour les. attaquer. Us tombèrent entre Luçon et le GiVre sflr treize voitures de blé, qu'ils amenèreflt dans le jBocage après avoir tué ceux qui les escortaient;
— .■"-^— I ■ ■ ■ 1 ; I -il » |i ■ ^i»*i— I I I ^1^^,— 1^1— «yi^»^—— «« ^ I ■ » ■ I I I II -mm^mamm^km
(i) Messidor an ni.
le 6 messidor, ils attaquèrent, entre la Mothe- Achard et Palluau , i;n convoi de dix mille rations de pain et d'eau-de-vie , escorté par quatre cents hommes d'infanterie , dont une vingtaine seulein^nt se sauva à Palluau , et y vint annoncer la prise du convoi. Les Vendéens mirent dans leur vengeance un excès et un raffinement de barbarie capables de rivaliser avec les horreurs reprochées aux républicains. Après avoir ôté des caissons les subsistances qu'ils contenaient, ils y entassèrent des officiers et des soldats qu'ils firent brâler avec ces mêmes caissons.
Ce fut une. chose remarquable que pas Un des cl^efs du parti royaliste ne se trouva à ce$ attaq^e$ , taiit ils étaient attentifs à ne pas donner prise SYir la loyauté de leur conduite. Gandin se plaignit à Cbarettç d'une violation aussi i^anifeste du traité de paix , et Iqi redemanda quelques officiers qu^il retenait prisonniers. Il lui répondit que les dernières affaires n^étaient qu'un effet de l'indignation do peuple contre l'enlèvement d'Allard; qu'il lui avait été impossible, ainsi qu'à ses lieutenans, de lu contenir; qu'au surplus , c'étaient des représailles que les républicains s'étaient bien attirées , etqiï^ nç rendrait les officiers qu'on réclamait queutant qu'AUard serait aussi rendu aux vœux des Vendéens. Cette réponse irrita le commissaire éé la Convention : une vengeance en attire une autre. On répandit dans le camp de Pierrer-Levée la non-
DE LÀ vbndee; ±gf
relie de la prise du convoi dirige sur Palhiau ; pas nae cii'oonstance ne. fut oubliée : on dit surtout cptnment les royalistes avaient eu la barbarie de briller des officiers et des soldats dans les cais^ ipns ; enfin on aigrit tellement Fesprit des soldat9|i lue le bataillon des chasseurs de Cassel , sans avoir ses chefs à sa tête, sortit brusquement du camp, 10 répanHit dans les campagnes voisines , pilla , égorgea, incendia, et ne rentra qu^après •avcftr désole le pays. Les innocens furent victimes dç sette incursion ; les gens restés paisiblement dans, bars foyers furent sacrifiés , et les chaumières Revinrent encc^e la proie des flammes.
Le représentant du peuple se rendit aft& camp pçim hai^aoguer le bataillon à son retour et le ré-* (li^mander sur une expédition aussi irrégulière qpi^ bâribare ; mais outre que les remontrances IfK plus pathétiques ne pouvaient réparer les maux il^oa^^ilables commis par une troupe sans frein, ^insubordination demeura impunie.
Gest à peu près à cette époque qu'on doit placer Parrestation , à Hennés, de plusieurs chefs de chouans, entre autres de Cormatin, l\in des plus influens. Sans doute quVUe n'eut lieu qu'en vertu d'ordres du comité de salut public ; Cormatin Faf^ &ine dans un mémoire qu'il a fait pour sa défense. 0|i peut aussi juger que ce fut en vertu ou par extension de ces mêmes ordres, qu'on essaya de prendre Charette à Belle ville, et StofHet à Mâule-
igS GUERRE CIVILE
vrier. Les journaux en firent mention , ils portaient en substance : a Cormatin et plusieurs M autres commandans des chouans viennent d'ê- » tre arrêtés. à Rennes; on dit que le gouverne- ^ ment a aussi donné Tordre de faire arrêter Charette »' et Stofflet dans la Vendée. » On prétend qu'un de ces journaux tomba entre les mains de Charette , et qu'ayant été appelé dans les environs de Nantes, [l&r les commissaires de la Convention, sous le prétexte d'une conférence , il s'y rendit, mais escorté d'un bon nombre de cavaliers et d'une forte colonne d'infanterie, en sorte que l'endroit assigné pour le rendez -vous était couvert de paysans armés. Il ne descendit point de cheval à l'arrivée des représentans du peuple , et au lieu d'entamer ou de leur permettre d'entamer la* conférence , il tira de sa poche le papier public et lut l'article qui énonçait l'ordre de son arrestation ; ensuite il dit aux représentans : « Messieurs , étendez- vos » regards autour devons et de moi, voyez le nom- M tre des défenseurs qui me restent, et jugez si w je crains l'exécution de l'ordre émané de votre }) gouvernement : il n'est pas un seul de ces bra- 1) ves qui ne soit prêt à verser la dernière goutte » de son sang pour moi. )> Il dit, piqua des deux, et laissa les députés étonnés de sa contenance fière et de ses ressources , et humiliés de la brusquerie avec laquelle il les quitta.
C'est à quoi se réduisit la conférence. Je ne ga-
rantiraî pas la vérité de ce fait; mais le bruit en a couru dans toute la Basse- Vendée , ainsi que de plusieurs autres tentatives , toujours inutiles , qui avaient pour but de tuer Charette et d'apporter sa tête à Nantes.
Quoi qu'on doive croire de la véracité de ces rapports, la rupture, existait. Lorsqu'on reprochait à Charette de ne prendre aucunes mesures qui démontrassent Fenvie qu'il avait de remplir les articles de la pacification, et qu'on lui rappelait l'obligation qu'il avait contractée d'organiser une garde territoriale et de licencier le reste de ses troupes y il répondait que les républicains ne .se nàtaient pas davantage de retirer les leurs ;de l'intérieur du Poitou; qu'il y restait pour ras- .sure;r les gens de campagne, et qu'il était de son honnçur de ne point abandonner un peuple qui avait mis sa confiance en lui. a Je suis, ajouta-t-il, » le seul représentant qu'aient les Vendéens ; je . » dois être leur bouclier , et je ne mettrai l'épée » dans le fourreau que quand je verrai leur repos » solidement établi. »
Quand on se plaignait à lui que.les siens continuaient de piller , de voler et d'assassiner sur les ^ routes, il^épondait qu'il ne pouvait avoir l'œil par- . tout; qu'il redoublerait de surveillance, etpuni- ^ rait les coupables. Mais ces brigandages se comr- . mettaient souvent en présence et par les ordres de quelques-uns de ses lieuteuans, qui s'appro-
priaient les dépouilles des victimes , «t il ne leur retirait ni sa confiance ni le commandement. Allard en a déjà donné la preuve. Je me contenterai de rapporter un autre fait qui prouvera que les royalistes avaient aussi parmi eux des monstres dont ia profonde scélératesse et la perfidie égalaient les inclinations atroces de certains che6 republicains*
Quelque temps après la signature des articles de la pacification , on crut qu^on pourrait voyager dans Tintérieur du pays insurgé sans aucun danger. La liberté qu'on accordait aux fi'ères égarés ( c'est le nom qu'on donnait à cette épogue aux Vendéens), en paraissait une suflBsante garantie.
Deux jeunes gens, attadiés à l'administration des fourrages, avaientreçu ordre à Nantei d'aller porter des fonds au préposé de ce service à la résidence de Madiecoul. Le lendemain de leur arrivée , il y avait, au quartier-général de cette place, un grand dkier où devaient «e trouver plusieurs officiers-généraux de la jrépublîque, Charétte et quelques-uns de ses lieutenans; on y invite aussi nos deux voyageurs qui s'y rendent; l'on tarde à servir. L'un d'eux, voulant s'assurer si son appétit ne devançait pas l'heure indiquée poumle repas ^ consulte sa montre. La Roberie, capitaine-général de la cavalerie de Charétte , jette sur ce bijou, enrichi de diamans , un œil d'envie; d'ailleurs l'élégance de ces jeunes gens les lui avait déjà hit
DE LA ySHinSE. 201
e6nsidér«r comme une superbe proie. Il les aborde et les comble de politesses. On sert; il se met à table entre eux , et il apprend qu'ils retournent le lendemain à Nantes. Il leur dit qu'il a aussi Tintetition de s'y rendre, et que s'ils veuletitbien le lui permettre, il aura l'honneur d'être leur compagnon àe voyage. Ils répondent à sa politesse , fixent Te départ à six heures du matin, et conviennpnt qu'ils iront le prendre à son logement situé à la sortie de la ville. Le lendemain ils montent à cheval et se rendent au rendez-vous indiqué; mais le brigand était parti la nuit et avait été chercher vingt de ses cavaliers ; il les embusqua en partie sur la route , et leur donna l'ordre d'attaquer les deux personnes qu'il leur signala, et de les lui amener à une certaine distance de la route où il se retira, u avait gagné le domestique de son logis à Machecoul, et lui avait recommandé de dire à ces jeunes gens, quand ils viendraient, qu'il ne faisait que de monter k cheval , et qu'il les joindrait avant un quart-d'heure. Ils se mettent eh route; mais quellefutleur surprise, lorsqu'ayantfaît environ une lieue, ils se virent attaqués par quatre cavaliers vendéens. Ils s'arment de courage , et , le sabre et le pistolet à la main , ils fondent sur ces scélérats, en tuent deux et mettent les autres en fuite. Echappés à cette embuscade, ils tombent dans une seconde : quatre autres brigands sortent du bois et les chargent; après des efforts inouis
de bravoure, ils sont mis hors de combat et forcés de se rendre. On les conduit à La Roberie. De quel étonnement ne sont-ils pas saisis , quand ils reconnaissent cet homme si poli de la veille au pouvoir de qui on les ^remet. L^un d^eux, le possesseur de la belle montre , lui dit : (( Comment ! )> cVst vous, Monsieur, qui nous avez fait tant )> d^honnétetés hier, et qui nous faites assassiner » aujourd'hui ? — Tais-toi, lui répliqua le monstre ; )) donne-moi ta montre et ton porte-feuille. Quant )> à Fautre, dit -il à ses cavahers, sa dépouille » vous appartient. » ]Le premier n'^eut pas satisfait sa cupidité, qu'il lui tira un coup de pistolet dans la poitrine , et Fétendit à ses pieds; son camarade éprouva le même sort.
Au moment de cette abominable action , on entendit un bruit sourd et confus , et Ton vit dans le lointain des tourbillons de poussière s'élever sur l'horizon. C'était un convoi de subsistances qui arrivait à Machecoul, et qui était escorté par un gros détachement de troupes républicaines. Les brigands craignant d'être surpris par quelques tirailleurs , frappent de nouveau leurs victimes afin de s'assurer de leur mort, remontent à cheval et s'en vont.
Mais qui pourrait le croire, si je n'assurais l'avoir su d'une personne digne de foi, qui a entendu raconter ce fait de la bouche même du jeune homme qui avait reçu le coup de pistolet
DE LA VEI^DÉE. ao3
•dans la poitrine et qui avait été criblé de blessures! Après être resté vingt-quatre heures comme dans la nuit du tombeau, il reprit ses sens, et jeta ses regards à demi-éteints autour de lui , pour s^assurer si les brigands ne fenvironnaient plus : il ne vit à ses côtés que le cadavre de son malheureux ami. Il essaya de se relever sur ses genoiix faibles et tremblans, et retomba par terre; enfin il vint à bout de se soutenir quelques minutes , et porta sa vue le plus loin qu'il put. Il aperçut une pauvre femme qui avait sa cabane dans la lande voisine, entre le petit bois où il était et le chemin. Il appelle , il crie, il se traîne vers elle; elle Tentend et s'^approche. Il la prie de lui procurer un verre de vin ; elle lui répond qu'elle n'en a pas , mais elle va lui chercher deFeau : il en boit, et se trouve mieux. Il la conjure de le porter dans sa cabane : elle s'y refuse. Il la prie au moins de le conduire sur le bord du chemin : son espoir était que peutêtre il passerait quelques troupes de la république qui se chargeraient de lui. Il ne se trompait pas; et quatre chasseurs, envoyés de Machecoul à Nantes, le rencontrèrent, le mirent sur un de leurs chevaux , et à leur arrivée au premier faubourg de Nantes , le déposèrent dans une maison particulière où il reçut tous les secours de Fart et de Fhumanité , qui le ramenèrent parfaitement à la vie.
Ce^ fait et beaucoup d'autres prouvent que les chefs de la Vendée n'étaient rien moins que dis-
ào4 €;UIltRE CIVILE
poses à mainleoir la paix, et que les rapprochév^ mens qui avaient eu lieu n^étaient de leur part qa^un palliatif de leurs intentions et un moyen de temporiser jusqu^à Tarrivee des secours qui leur étaient promis par le gouvernement anglais.
DB LÀ YfiNBSB. 2o5