LE GENERAL SAPINAUD
M. Sapin AUD de la Rairie naquit au château de Sourdj, en Bas-Poitou, le 3 décembre 1760. Nommé, en 1778, cadet gentilhomme au régiment de Foix, il se retira, en 1789, avec le grade de premier lieutenant. Cinq de ses frères , dont quatre étaient officiers depuis plusieurs années, émigrèrent avec leurs corps. Dès le 10 mars 1798, il battit, réuni à son oncle le chevalier Sapinaud de la Verrie, les garnisons de TijBFaugeset des Herbiers. H joignit ensuite sa division à celle des chefs de r Anjou, et prit avec elles le Boisgroleau et ChoUet. n vint ensuite prendre le commandement de la ville de Mortagne où il entretint des relations importantes avec toutes les armées , et sauva Fartillerie à Târrivéé des Mayençais. DaHs la campagne d^outre-Loire il commanda comme chef divisionnaice , et après la fatale retraite du Mans , se pro-
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cura une faible nacelle à Ancenis où il repassa la Loire avec Henri d§ I41 Rqclig'^cpielein, Stofflet, Vaugiraud et la Ville-Beaugé. Débarqués sur Pautre rive, ils apprirept 4e Içur hôte que §a miaiso^ ^tait entourée de républicains, et ne s'en livrèrent pas moins au sommeil tant ils étaient fatigués.
Sapinaud fut accueilli dans la Vqjidée comme un libérateur: il recréa Tarmée du centre dès le commencement de Tannée 1794 1 ^^ battit à la Gaubretière un corps de trois cents républicains. Parvenu à rassembler dix-huit cents hommes, il envoya deux royalistes en instruire Charette ; Tun e\ r^utire iUrept viçtiRiea d^ le^r zèl?, \}rk [f^siàme sfi prçseptft pour remplir ç(?Jte W^îssyiep. I^kipuimidhii en fit §^Pitir Iq dapger, « Mpn génç>al , pép«ftditk brave paysan, pe craigpe?^ ri§R , Jf çieLspp^r poiûr îiçggiSr u l^ çipj m ^ffet le jwftt^gt^JkiH ftTO¥« j|tis(pi^à Charette qui Tej«igpitS^pîn^^4àCbftrtffiEf# A peine p'éf^ept-^ils en^b^i^sé» qu'ils .^ppHMPt/^ue
4e^» cent^ boflan^e? pwTphaiifnt captr^ h riW^iU^ sgMtçpt 4e Je&preyewp, le* »^tef[w»t^ l^ .4îsf^ perae^^ une a^tre; wIotw wl ïf- wir p«^ syipprep4re et ei^t Iç ja^m^ 99^^ l<? Tivièw, qui s'étgiH 4ébQr4ççi *çevpt e^çwô^]lflUF 4é*^triç.vQ^ qvw e'e^app» m gl^TP^ ^yim i» pçQie 4^p; fla«§. l^ deîHc gçnéraviix se 4mg^repVve?ftJMgerqR'ite wwrr portèf ept fiprè^plpsiewîi pa whaft iwwMb w^ ; 4*»» pièççp 4ç ç^pUf 4ew pRw*«w et fee^Heoup .4'b*T
bille^^ens,fHPWVk PFJî^ de çettQ^viisiLfHçe, Ççst à
SUR MM. BAPfNAUD. 3
la prise de c^tte viUe que M. Joly , chef de divi*sion de Tarmee de ChareUe ^ instruit que son fiJs eçt atteint dW coup mortel y saute de son cheval à terre et vole à son secours ; un soldai vient lui apprendre au même instant que celui de ses enfans qui servait parmi les bleus a été fait prisonnier j et le prie de lui- dire ce qu^il faut en faire : n Le fusillert y répondit^-il ^ sans détourner les yeux de son fils mourant, qu'ail arrosait de ses larmes en le pressant tendrement dans ses bras. Sapinaud et Charette furent moins heureux au pont de James qu'^a Légé: Fun eut un cheval blessé, et Pautre en eut un tué sous lui. Ils se retirèrent à la Grotte , près • Vieille- Vigne , et s'y séparèrent. Sapinaud , dansjes premiers jours de mars 1794? essaya , avec une 1 ditîsiôn de Parmée de Stof&et réunie à la sienne^ de s^emparer de Mortagne. Cet^ssai n'ayant pas été avantageux , il fit une seconde attaque avec Macigoy qui fut aussi infructueuse. Tout était dis-^ posé pour une troisième, lorsque Fennemi , pro*^ fitant de Fobscurité de la nuit , évacua la place. Les trois chefs royalistes se réunirent, sur la fin d'avril , pour chasser les colonnes incendiaires commandées par Cordelier* Us proposèrent à Charette dele-faire nommer généralissime ; il répondit qu^il préférerait voir ce grade à M. Fleurîol , son oncle ; cette réponse déplut à Stofflet ; il n'en fut plus questiçm.
Les troupes royalistes , après avoir poursuivi les
brûleurs jusqu'à Saint-Florent, se replièrent sut Jallais ; il y fut décidé qii^on les attaquerait de nou-* veau; Ton décida aussi que tout ofl&cier qui quitterait Tarmée avant qu'elle eût exterminé les incendiaires , serait regardé et puni comme tridtre. '
Sapinaud , parti avec huit cents hommes pour exécuter ce projet , reçut tout-à-coup Tordre de revenir à Jallais. L'on y assembla un conseil de guerre , qui condamna Marigny à mort, pour jacvoit violé sa promesse. Cet offixîier , mécontent du peu d'égards qu'avaient eu Charette et Stoffletpour sa division , l'avait ramenée dans la commune de Cerisais. '
Sapinaud , son ami , se refusa à signer cet arrêt cruel. Son caractère le portait à concilier les esprits. C'est lui qui instruisit Stofflêt des con-^ férences de Ja Jaunaye; il le fit même consentir à venir s'y concerter avec Charette. Malheureusement ce général n'y était plus ; il était parti pour contenir les officiers de son. armée, mécontens de la paix. Sapinaud la signa à la Jaunaye en février 1795 , et entra à Nantes comme général de Farmée du centre avec Charette.
Pendant que Sapinaud soutenait avec gloire le parti du trône et de l'autel, cinq de ses frères et deux de ses cousins ,'du même nom que lui, défendaient la même cause sous les drapeaux des princes français et de leurs alliés. Henri Sapinaud, volontaire dans le régiment de La Châtre, avait
déjà péri à la glorieuse sortie de Menain. Rendu avec sa colonne à Pendroit que leur avait désigné le commandant; après avoir traversé les bataillons ennemis et paré leurs chapeaux des houppes des grenadiers vaincus; leurs camarades, arrivés plus tard et au moment où le jour naissant n^avait pas encore dissipé la nuit, If s prirent pour des grenadiers français et les tuèrent; la plupart étaient Vendéens , et ce sang valeureux se répandait partout où il y avait des lauriers à cueillir. Deux autres frères du général, Edouard et Prosper de Sapinaud, déjà chevaliers de Saint-Louis , furent envoyés à cette époque dans la Vendée, par le prince de Condé, pour complimenter leur frère ; et le chevalier Sapinaud de Bois^Huguet , que le duc d^York avait fait nommer lieutenant dans les houlans britanniques pour avoir tué un colonel républicain dans un combat auprès de Nimègue, pendant la campagne de Hollande , quitta cet emploi avantageux pour rejoindre la Vendée à qui il restait alofs peu d^espérance. M. Sapinaud de Bois-Huguet fut aussi nommé officier^ans Lowen-Stein. Les événemens de Quiberon avaient alors fait reprendre les armes. Charette avait donné le signal des combats aux Essarts , et Sapinaud à Mortagne. Il avait fait prévenir la veille le général républicain qu^il irait Fattaquer dans son camp placé à la Croix-de-Mîssion ainsi quMl le lui avait annoncé; lui et M. de Bejarry s^y portèrent sur deux
points. Ils mirent Tennemi en fuite après lai avoir tué trois cents hommes et fait plusieurs prisonniers. Quelques personnes mal ins^lruités ont cru qu'ion avait surpris et égorgé les républicains a Mortagne; c^est une erreur. Les faits sont comme je les cite^ et le caractère déloyauté qui distingue M.deSapinaud en çstla meilleure preuve. Il com-r battit avec tous les chefs , dirigea son armée par-* tout où elle pouvait les aider à* vaincre et céda même une partie de son territoire; il fut Panli intime de Charette, Ce général, avant de mourir, lui fit porter, par un ami commun, les dernières marques de son amitié.
Cest à la prise de Mortagne que Sapinand prit un officier supérieur réunissant toutes les qualités qui peuvent plaire et attacher. Il joignait à la plus belle figure la taille la plus avantageuse. Le même goût pour la musique et pour le dessin, la même douceur de caractère et le même âge unirent bientôt d'une affection sincère le vainqueur et le captif. Il ne tarda pas à partager les isentimens des Vendéeffs; les vers qu'il adressa à Sïipinaud, dans Tautomne de ijgS, pendant Tablence de ce général qui sVtait rendu auprès deCharette^ en sont: une preuve convaincante. L'envoi était ainsi conçu :
Au général dont l'absence Mous rend doublement nialticureux ,
SUR MM. SAPtNAUD.
J'ose adresser ces couplets ; trop heureux , S'ils nous procurai^t sa pr^ienoef Au sein de la neige et des glaces^ PrédpiiéE rds bataklîons ; Brarez lés brUyanM liaetiëee^ De la bise et des aquilons ; Ne craignez point que la TÎctoire- S'enfuie à l'aspect des hivers ; Tous les temps sont bons pour la gloire ,. £t les lauriers sont toujours verts.
Guenîers , la mort est^Ue à craindre , Quand Ton combat pour ses foyers?
Le guerrier se pourrait- il plaindre , Lorsqu'il tombe sur ses lauriers?
Mourir^ c'est rendre à la nature Un bien qu'elle nous a prête ; Et , quand on meurt sur son armure , C'est nàtlre à l'immortalité.
Cet infortune jeune homme ne put obtenir ce Irépas glorieux; un autre officier, prisonnier Gonaûie Itii ^ et jaloux de Fintërét quMl inspirait^ Taccusa d^av oir ourdi un complot arec les soldats républicaine pour les délivrer et égorger les royalistes. M. de Fleuriot ajouta foi à cette infâme calomnie, et cet intéressant captif fut fusillé dans les bosquets du château de Beaurepaire. Sapinaud , à son retour, fut désolé de ce jugement inique qui privait le roi d'un sujet qui Peut servi avec zdic , et son eœniF d'un ami reconnaissant qu'il espérait rendre au bonheur.
Les désastres de Quiberon donnèrent la fa-
cilile à leurs ennemis de fairp usage de toutea leurs forces contre la Vendée. Trompée dans la paix faite avec les commissaires envoyés à la Jaunaye ; trompée dans Tespérance qu^elle avait eue de la descente de Quiberon ; affaiblie par les divisions de ses chefs, elle vit la fortune Pabandonner; mais la gloire lui resta fidèle et brilla encore sur la mort de Stofflet et de Charette. Le général Sapinaud fut forcé de céder à Porage , et attendit un temps plus heureux.
Il épousa , quelques mois avant le i8fi:uctidor, mademoiselle Marie - Louise Charette , belle-fille du général de ce nom , et fille de M. Charette , cousin de ce général. Incapable de servir un autre pouvoir que celui pour lequel il avait juré de vivre et de mourir , il entretint les paysans dans les sentimens qui les ont honorés à jamai^; et, pendant les trois mois qui précédèrent le retour des Bourbons en i Si 4 , parcourut nuit et jour leurs chaumières pour les disposer à rentrer dans la carrière de Fhonneur avec un nouvel éclat : ils de-? valent recevoir Dieu le dimanche de Pâques , se trouver le. lundi au rendez-vous donné, et le mardi déployer leur bfemnière aux cris répétés de vive le roi. Nourris d^un pain angélique et soutenus par le Dieu des armées , quel ennemi leur eût résisté ? Péjà les glaives étaient tirés , quand soudain Pon apprit que le précurseur des jours de bonheur, Mensiieur, frère du roi, venait, au nom de ce mo-
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narque , présenter le rameau d^olivier , emblème 4e la paix. M. de Sapinaud fut chargé de porter au pied du trône le tribut dq dévouement de ses braves. SMl est quelque joie sans mélange smr la terre, c^est celle qu'il éprouva alors, car il est, P(^ur le sujet fidèle , un charme inexprimable dans le. regard de ses princes.
Il seconda le marquis de La Rochejaquelein pendant Tinterrègne , et Peut suivi dans les Marais , sans la désertion que ce projet occasiona dans son. armée. Réduit à quelques soldats ,, il fut chercher des renforts à Bazouge, paroisse de la Rai-^ rie , et était en chemin pour rejoindre le marquis de La Rochejaquelein , lorsqu'il apprit sa mort. La Vendée , et je pourrais dire tous les Français , sensibles à la gloire , déplorèrent le sort de ce jeune héros, moissonné dans sa fleur par le glaive des combats. Le général Sapinaud fut nommé généralissime ; il acquit dans ce premier rang de nouveaux droits à Testime de son pays , et sut , par la paix à laquelle il acquiesça , conserver au roi le sang précieux de ses fidèles sujets. Sa réponse au général de Sage , qui lui proposait de se réunir à Farmée de la Loire contre les puissances aUiées , prouve qu'il .connaissait l'importance et la dignité de l'emploi que sa contrée lui avait confié.
« Général, que ne songez- vous plutôt à vous 1» joindre à nous; c'est le seul moyen de vous » ménager la clémence du roi que nous servons
u H^ût nom VonloM servir jusqu^à la mdr(:la » banhièfe mn^ iadhe èdt le êen\ étendait qtti )> puitôé tàSAet léë Vtodëéffii^. )^
Lé toi Vk ïkùtitthé llmieûmi-^énétûl ^ eofd(m^ roûge , îûspectétli* dés gàtéeé liHtidiiAlés dé la Véù^ dée, et éhévaliéf dé k LëgiMi - dlidtiDéttfé I^ét^ naud, roi d^Espagne, lui eûv&fài à la tetïttéé dii roi de France, la croît dé Tétdre de Ghfttlés III. Heuifeux et faondk^ dé éeâ réGimpëhies ^ il tma^ mençait k êh gdutéi' lé prix ^ Idj^squé l^ai^aàsînat dû prinée , imagé dû hotk HénH^ éM vtntL hf fllfi^fcr^ get dans une affiicUdH piidfoïtde qu^d pix sëale adoucir là naissance dtt duc dé Bordeatix;
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