‹ Mémoires sur la vie et les écrits de Benjamin FranklinChapitre 10 sur 25 · HOWE. M · texte numérisé non relu

HOWE. M

^ Je fus un p^u piqué de Tespèce de refus de me ' YOir que fesait lord Hyde; mais comme je n avais nulle envie de le forcer en quelque sorte à une entrevue, je jugeai convenable de montra de rindifférence à cet égard, et je fis à lord How» la réponse suivante :

Graren -Street , lo février 177S.

« TTayanlt rien à ajouter sur les affaires d'Amérique à ce que lord Hyde a déjà vu dans les pièces qui ont passé sous ses yeux, il me semble inutile de lui donner l'embai^ràs d'une visite , puisqu'il pense que cette discussion ne pourrait être d'aucune utilité. Je ne lui en suis pas moins obligé de la permission qu'il me donne de le voir , et j'eîi profiterai si quelque circonstance me porte à croire que cette entrevue puisse être utile. » J'ai l'honneur d'être , avec estime et respect , » Mylord,

» Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

. » B. FftAITKLIir. »

Daàs cette même matinée, on eut soin de ré?

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pandre dans toute la ville le bruit que lord North ferait ce jour-là , à la chambre des communes, une motion pacifique pour rétablir Tharmonie entre l'Angleterre et FAmérique. La chambre fut complètement pleine , et chacun y était dans l'attente de ce qui allait s'y passer. Le parti Bedfprd , ennemi de l'Amérique , <?t qui avait fait adopter les mesures de sévérité , était alarmé , et jetait les hauts cris contre la timiditédu ministre, et contre la fluctuation de sa politique. On commençait à compter les voix, pour voir si l'on ne pourrait, en rejetant sa motion , lui faire quitter la selle , et le jeter à bas du poste qu'il occupait dans le ministère» Ses amis craignaient pour lui, et de tous côtés oncabalait dans la salle. Enfin il fit la motion qui était attendue; mais je ne sais pas trop si ce fut celle qu'il avait d'abord intention de faire'. Je suis tenté de croire , d'après son état d'imperfection , d'après l'impossibilité qu'elle produisît l'effet qu'on semblait en attendre, eld'après quelques autres circonstances , qu'elle offrait d'abord plus de traits de ressemblance avec le plan de M. Barclay ; mais qu'à l'instant même de la £3iire , lord North y fit plusieurs retranchemens , d'après les avis qu'il reçut. Mon ancienne proposition d'abandonner aux colonies le produit des droits s'y retrouvait, et bien des gens qui igno* raient ce qui s'était passé disaient que c'était ce qu'il y avait de mieux dans la motion.

Cette motion tendait à déclarer « que c'est

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l'opinion flé la chàhlbre (jue loteque lé èôUvèrtieur , le conseil , l'assembléfe , an là côUir géhérâle des provinces et colonies de Sa Majesté , pi*ôp6sèront de prendre les itiesures néceàsâirè§ , contertnénbent à leur situation, à lèuts circoàstances, et à leuîs moyens respectifs, pour coiitrlbùér â la défense commune , danà une proportion dëtèrminée par la cour générale ou rasSeiîibléé désdites provinces et colonie^, et disponible par laulorité du parlement , et s'engageront à feire les fonds nécessaires pour lé maintien du gotivernement civil et de radministration dé la justice dani lèsdites provinces et Colonies , il cbiiviendra , si cette proposition obtient l'approbàtioti de Sa Majesté en parlement, et tàîit que duteron* tes mesures, de s'abstenir de lever et d'imposer sur lèsdites ptôvincés et colonies àucuàs droits , aucunes taxes et côntt*ibrftions , si ce n'est les droits qui potirront étté établît sûr le commerce, et doht le produit net setà porté âtt éoùipte deéditei proViftices et ôdïôhies »;

Après' Un àsSési long déba:t ô^ Vàtdtè M bifillà gùéres , et dlarts lequel cette itootioto fût sij^pùy^ sur dîfféteni rfiôtîfs péti d'acdôrd eiili*e^ eùi , par lés atnis du ùiihistè^é , et épïtfuVlà rtièAë qùéliihe 6p|)dsîtion de la jiait dé plusiéûifs étéii' ttëtûi, éeqtti annonçait un défâUt die ëoticéi^t cpii veri^f sHnr d'tfuté des changéfà'étiâ qui f avaient été Mts tôUf à cou^, éîlé tiit ettd*é' adojitéé ,. sUivàii t l'usage ^ à XCùé gi*àiirfé tnijbtltté.

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La semaine suivante, la seule cho^ que fap«* pris Ae M. Barclay et do docteur Fothergill , fat que lorsque lord Hyde a^fiit appris que j'étais disposé à souscrire un engagement pour le payement du thé , il avait dit que eêla lui donnait une nouvelle vie. N'ayant reçu aucune ftouvêllé de lord Howe, j'en parlai à sa sœur, et je lui dis que je présumais que son silence venait pro* bablement de ce qu'il pensait que ce qu'il m'avait proposé n'aurait pas lieu. Je la priai de lui mander que si cela était, il eût la bonté de m'en informer par un mot d'écrit, afin que je fusse libre de prendre d'autres mesures : elle lui écrivit dès qu'il fut de retour de la campagne, où il avait été passer quelques jours, et elle m'écrivit ensuite que lord Howe ne comprenant pas trèsbien ce qu'elle lui avait écrit, désirait me voir chez elle ce jour-là entre midi et une heure, seul instant dont il pût disposer.

Je trouvai lord tiowe au tendez-vons : il me dit qu'il ne m'avait pas vu depuis quelque temps, parce qu'il espérait de jour en jour avoir quelque chose de plus important à me dire ; qu'il espérait que j'aurais vu' lord Hyde , ooitame jV vaift promis de le feire lofsque je croirais que* cette visite pourrait ét*e tïtile, et qu'il regrettait que je neFeusse pa^^^&it; qu'il y avait dans le message àe »i4t^ess Howe quelque chose qu'il n'a^it^pas bie» compris, ^ que je lut Itesaiis dir^ *e mon pï>ojet Mptenâré d'atutre^ mesures.

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Je lui dis que, depuis que je l'avais vu, ayant appris le cUcès de ma femme à qui j'avais laissé à Philadelphie le soin de toutes mes affaires, il était nécessaire que j'y retournasse le plus proraptement possible; que si la proposition qu^il m'avait faite de l'accompagner dans ce pays paraiss^tit devoir se réaliser , je l'attendrais bien certainement, mais que dans le cas contraire, je partirais par le premier bâtiment qui mettrait à la voile; que ne recevant pas de ses nouvelles, et d'après la motion de lord North , je supposais qu'on avait renoncé à toute idée de ce genre, et que c'était ce que je désirais savoir de lui. Il me répondit que, dans mes observations sur le projet de M. Barclay, ayant fait d'une indemnité à accorder à Boston pour le blocus de son port , la condition de l'engagement que je souscrirais pour le payement du thé, condition qu'il était impossible d'accepter, ce motif avait fait aban* donner les idées qu'on avait conçues. Comme j'avais en poche copie de œs observations , je lui montrai qtie je n'avais pas mis cette condition à mon engagement, et que je n'avais demandé que le rapport de tous les actes relatifs à la pro- ^vince de Massachusetts. Ce qui suivait relativement à l'indemnité, n'était que mon opinion personnelle qu'il serait juste de l'accorder, mais sans en faire une condition. Il me dit que les mesures à prendre n'étaient pas encore définitivement arrêtées , et que diaprés l'explication que

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je venais de lut donner^ il paraissait qu'on m'avait mal compris. Il me pria très-vivement d'avoir une entrevue avec lord Hyde , et me demanda si je voulais lui donner un rendez - vous chez mistress Howe où chez moi. Je lui répondis que je ne voulais pas donner à lord Hyde la peine de se déplacer^ et que je me rendrais chez lui , puisque lord Howe pensait que cette conférence pourrait être. utile, et désirait qu'elle eût lieu ; que je savais qu'il se levait de bonne heure , et que je serais chez.lui le lendemain à huit heures du matin. Lord Howe se chargea de l'en prévenir : j'ajoutai que d'après tout ce que je . savais des dispositions du ministère, je croyais que ma visite n'aurait aucun résultat avantageux ; mais lord Howe était d'une opinion toute différente, et j'y cédai.

Le lendemain matin i^' mars, je me rendis de bonne heure chez lord Hyde qui me reçut avec sa politesse ordinaire. Nous parlâmes de la plupart des points qui divisaient les deux pays. Je le trouvai armé de tou.te la dialectique des journaux et des pamphlets. Il me fit valoir la dépense de l'établissement de nos colonies, la protection que leur avait accordée la Grande-Bretagne , la dette . qui pesait sur l'Angleterre, la justice que nous supportassions' une partie de ce Êirdeau , la cir« constance que bien des parties de l'Angleterre n'étaient pas plus représentées que nous dans lé parlement, et que cependant elles étaient taxées

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procurer de plus grands avantages à mon pays ; mais que je me trompais dans mes espérances y et qU*il croyait que je pouvais être bien^ssuré que je n'obtiendrais jamais de conditions plus favorables que celles qui venaient d'être offertes par lord North; que les ministres^désiraient sincèrement le rétablissement de l'harmonie, et qu'on pensait que la chose serait facile si je voulais y coopérer ; qu'il espérait que j'étais supérieur à la faiblesse de conserver contre eux du ressentiment pour une circonstance qui n'était maintenant approuvée de personne , et pour laquelle il pourrait ro'étre fait satisfaction ; qu'il savait que j'avais beaucoup de crédit en Amérique; que si je voulais amener une réconciliation à des conditions convenables à la dignité du gouvernement, j'acquefrais la même réputation en Angleterre, et j'y obtiendrais des honneurs et des récompenses au- •delà peut-être de ce que je pouvais espérer. Je répliquai que je croyais avoir donné une preuve convaincante de mon sincère désir dé coopérer au rétablissement de la paix lorsque ayant appris que tout ce qu'on désirait pour l'honneur du gouvernement était d'obtenir le payement du thé , j'avais offert , sans y être autorisé par aucune instruction , sans être assuré que je serais remboursé, ou qu'on approuverait ma conduite, de soiiscrire un engagement pour ce payement, si l'on rapportait les actes relatifs à la colonie de Massachusetts, engagement par lequel je risquais .

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la totalité de ma fortune^ ce que je croyais que peu de gens voudraient faire ; qu'il était vrai que des ressentimens particuliers n avaient aucune influence sur ma conduite publique ; que je n'avais point de réserve ^ coÎBme on semblait le croire, et que je n'avais réellement'aucunes in«>> structîons secrètes pour régler ma conduite^ que î'étais certainement très-disposé à faire tout ce qu'on pouvait raisonnablement attendre de moi; mais que si Ton 'me supposait capable de faire passer aux yeux de mes concitoyens le noir pour blanc , et le mal pour bien , on ne nous connais- ^it ni eux ni moi; et qu'ils étaient aussi inca<* pabies de se laisser tromper que je Tétais de vou* loir leur en imposer* Il me demanda mon avis sur le projet d'envoyer un commissaire sur les lieux^ et je lui en parlai de la manière dont j'ai déjà énoncé mon opinion à ce sujet. Je crois, soit dit eii.passant , qu'un des principaux moti& de lord Howe , pour désirer que je visse lord Hyde , était de me fournir l'occasion de causer avec lui sur cet objet. Au surplus , lord Hyde ne me fit pas ^ connaître son opinion à ce sujet, et ainsi finir"-—-» notre entretien.

Trois ou quatre jours après, une lettre4e mis^ tress Howe m'apprit que son frère désirait me voir encore une fois chez elle avant mon départ de Londres. Je lui répondis que j'aurais l'honneur de me rendre chez elle le mardi suivant à onze heures. J'y trouvai lordiiowe, qui me dit

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que j'arais été meilleur prophète que lui en pré* disant que mon entrevue avec lors Hyde ne serait pas fort utile ; qu'il espérait que je lui pardonnerais de m'avoir donné cette peine, ayant agi dans les meilleures intentions pour le public et pour moi ; qu'il voyait avec peine que les choses ne marchaient pas , quant à présent , comme il Taurait désiré; mais qu'il était encore possible qu'elles prissentùne tournure plus favorable;que, voyant que j'allais retourner en Amérique, il se flattait qu'il pourrait encore compter sur mon assistance, s'il arrivait qu'il y fut envoyé pour cette affaire importante. Je l'assurai qu'il me trouverait dans tous If's temps disposé à coopérer avec lui à une si bonne œuvre. Et c'est ainsi qu'en prenant congé de lui, et en recevant ses adieux, se termina ma négociation avec lord Howe. Je n'entendis plue parler de celte qui avait été entamée avec MM. Fotfaergill et Barclay ; et tout ce que je pus conclure de quelques paroles qui leur échappèrent dans la conversation, c'est que ni l'un ni l'autre n'était content de la conduite des ministres en cette occasion. Quelques jours avant de quitter Londres , ils m'indiquèrent un dernier rendez-vous chez le docteur. Ils me chargèrent d'assurer leurs amis d'Amérique de leur part, que leur opinion, maintenant bien fixée, était que rien ne pouvait assurer les privilèges de TAmérique, qu'une ferme et sage persévérance dans les mesures et dans l'associa tion arrêtées pat

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le congrès , et que le salut de la liberté de TAn^ glet^rre dé{>endait dé la ccMiâtance et de la vertu de rAmérique. •

Pc^ndant ce temps, j'étais tellement occupé à recevoir des amis qui venaient me demander des nouvelles d'Amérique, des membres des deux chambres du parlement qui venaient m'informer de ce qui s y passait , des motions qu'on y fesait> et de celles qu'on devait y faire; des négocians de Londres , dés villes de manufactures , et des ports v de mier , qui sEi'apportaîent leurs pétitions; des quakars qui venaient meconsulter sur la leur, etc., que je n'avais le temps de prendre aucunes notes. C'est donc à peu près de mémoire que je viens de vous faire ce récit, et il est possible qu'il me soit échappé bien des détails ; mais je crois que sur le même sujet, il serait possible que j'eusse conféré en même temps avec tant de personnes fout ce que jai dit est ex:act, si ce n'est qa^ayant attribué à l'une ce qui aurait éié dit par l'autre.

Peu de temps avant mon départ de Londres, en assistant à la chajnbre des lords à un débat où lord Camden devait parler, et où il parla ad^ I mirablement sur les affaires d'Amérique , j'entendis partir du eoté ministériel, avec uad^^ût que je ne isaurais txprimer, les réflexions les piu* outrageantes sur le courage, la religion, l'intel-r ligence, etc., des Américains; nous y fûmes trai* tes avec le plus profond mé|)ris, comme lesder»

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niers des hommes , comme étant en quelquesorte d'une espèce différente des Anglais de la Grande- Bretagne. Quelques lords attaquèrent surtout l'honneur américain , dirent que nous étions tous des misérables; que nous n'avions cherché cette querelle que pour nous dispenser de payer nos dettes; que, si nous avions quelque sentiment de justice, nous consentirions à payer le thé, etc. Je rentrai chez moi la tête échauffée, et un peu irrité^; et voulant rétorquer contre TAngleterre les reproches d'injustice qui nous avaient été adressés, je rédigeai le Mémoire suivant que j avais dessein d'adresser à lord Darmoutb avant mon départ.

« Attendu qu'une injure ne peut donner à la partie injuriée que le droit d'en obtenir la répa« ration, et en cas qu'on la lui refuse, de rendre une injure semblable; attendu que le blocus éa port de Boston, qui dure depuis neuf mois, a fait chaque semaine à cette ville un tort égal à celui qu'a souffert la Compagnie des Indes par la destruction du thé , il en résulte que l'excédant de ce tort est une injure Êiite par le gouvernement britannique, et dont il est^dû répara tioOr Et attendu que la réparation des injures, d'après l'usage de toutes les nations sauvages ou civili* sées, doit toujours être requise, avant qu'on se | fasse satisfaction en causant d'autres dommages aux agresseurs , ce que la Grande-Bretagne n'a pas Élit dan$ le cas dont il s'agit; je soussigné,

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'timoré' agent de la province de MassachasetU, au noni de mon pays et de la ville de Boston, proteste contre la continiiation dudit blocus, ef demande solennellement, par ces présentes, satis- Êtction pour le dommage qui lui a été occasionné au-delà de celui qu'a soufïert la Compagnie des Ipdes par la destructioi! de ses cargaisons de thé; et attendu que la conquête du golfe de Saint- Laurent, des côtes de Labrador, de la Nouvelle- Ecosse , et des pêcheries que les Français possédaient tant dans ces divers établissemens qu'à Terre-Neuve, a été faite par les forces réunies de la Grande-Bretagne et des colonies, et que ces dernières ont mis sur pied pour ce service un nombre d'hommes presque égal à celui qu'a envoyé l'Angleterre^ il s'ensuit que les colonies ont le droit incontestable de participer aux avantages de ces pêcheries. En conséquence, au nom de la colonie de Massachusetts , je proteste contre J'acte soumis en ce moment à la considération du parlement, pour priver cette province , ainsi que les autres, du droit d'y pêcher, sous prétexte qu'elles refusant d'acheter des marchandises anglaisçs, déclarant cet acte souverainement in-* juste et injurieux. Et j'avertis que satisfaction sera pirobablement demandée un jour pour tout le dommage qui pourra être fait et souffert par suite dudit acte, et que l'injustice de ce procédé sera tellement ressentie par toutes les colonies, que, dans toute guerre future où Ton pourrait

j66 Mémoires

méditer d'aatres conquêtes , on n'en obtieadn ni un homme ni un shilling pour y contribuer, jusqu'à entière satisÊu)tion« ^

»B. Faanklin.

» Fait à Londres^ le i dinars 1^76 ».

• Je consultai sur ce Mémoire M. Thomas Wal-

pole, mon ami, qui était membre du parleYnent.

11 le lut en interrom{iant de temps en temps sa

lecture pour me regarder comme s'il m^eût cru

hors de inôn bon sens. Comme j'étais très-occupé

des préparatifs de mon dépairt, je le priai de se

charger de le montrer à lord Camden, qui était

son voisin, et dé lui en demander son avis. Il y

consentit , mais il me le renvoya le même jour^

aveô le billet ci-après.

« MoiiT €H£ll MoirSTEUH,

» Je volts tenvDÎe votre Mémoire. On pense Kjti'tl pourrait avoir des suites datigereuses pour votre pértontoe , et qu'il tendrait à exaspérer la nation.

» Je vous souciai te de tout mon cœur tin heureux Voyage, iine bonne ôanté, et sufe avec estime, votre , etc.

t Thomas Wal^olê ».

lincoln's inn fields , 16 mars 177S.

M. Walpole vint chez moi le lendemain , et ap-> prenant que j'étab allé à la chambre des lordti, il

DE B. FRANKLIN. t|6g

Tint m'y trauver, et me répéta plu$^u long^cf^ qu'il m'avait écrit la veiUe; il ajouta qu'on pen*: sait que comme je n'avais pas d'inslructioûs qui me chargeassent de remettre une telle protesta-* lion, mon Mémoire n'en paraîtrait que 'liiotns justifiable, et qu'on le regarderait comme une insulte faite à la nation. Comme il n'entrait nùtiement dans mes projets cTaigrir les esprit»; et que j'avais «ti le temps de retrouver mon san^ froid , je profitai de l'aTts qu'on avait U bonté iif me donner.

Le soir qui précéda mon départ de Londres; je reçus un billet diu dodteur Folhergill aveé des lettres pour ses amis- de I^Iade1phie« « Ras» semblez ces amis , me disait-il, et informèaf les que qu^ua spécieusa^ propositions qu'op vous fasse, elles n^ont pour elles que^l-^ypâi' renée; que le seul but <|u'on^ ait i^n. vue isgk ém se procqrer un <)hamp :piii|i6'lqrge'ydi6aidy'eii^ graisser un ;pln6 ^rand' nombre d'i)iidignmps(awsites. Il serait pevt^lre à jpropoa de les imitraiiit des efforts que nous avons 'faits avec Datid Blo^ clay , et du peu d'effet q^i'ils cmt produit ^G'est It moyen de convaincre nos dignes amis, ou'da moins de leur donner à penser <^^iMi jn'fo en viie rien de bien fevor^able pour euît, à moins quW n'en obtienne des conditions encore plus défavo^ râbles », Le docteur , dans le cours des visites journalières qu'il fesaitcbez les grands, ne manquait pas d'occasions pour bien connaître leurs senti-

i«é MÉMOIRES

ihens, la conversation roulant partout sur les afi&ires d^Amérique.

.leiisr Uadnine sofudObeureoMoient la namlioii, intéressante du docteur FranlkUn, et Tëditenr se trouTe obligé de reprendre b plume. , .

' Pendant son jpassajg^e en Amérique, le docteur Franklin ne-s'oocilpa point aeuleinent à tracer le tableau dé ses. efforts ^poar pKréyenir la guerre , efforts que la rapacité et Tinfatuation du ministère britaniiique rendit inutiles;* il fit encore, à l'aide' du ther'mométre , des observations et des expériences sur les eaux de Toeéan , afin de déter*^ «Hner leMSourant 'd'ufne manière exacte, pour quéibs^ marins pusMnt.à l'a venir en profiter oa *i?^¥pâër, suivantleurde^tination. Ces observatibns ife tes «xpérèeBces.se trouvent rapportées dans am écrits phiIosophîi]pib|s. Il ed résulte qu'un nar j«ngat6uv?peuA âo»jbiura.><^ quaiod il est

dans ileicooirant , par la chaleur 4e l'eaiu, qui 7 €01;^ ftoù jours plus jQonsiijiérabJe que:dbBa:le. resSe ie l'océan. Si ^cme) tlsaarclkei à l'^i^^eét, il «Loit tâcher de trav^enierile oouraot^paus ai>sQrtir le filus tôt pMàîble; sî>'au eontHaire^ il va.îVefs Jforienti^ il fdoit.a^ffor^îer dé ^'y maintenir. . . .' ^ • .

. ; FIN p^ h A. iQUAXaiiKf; PARTIE.

CE B. FRANKLIN. î6$

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