SIXIÈME PARTIE
Un historien o<^iitemp6raiii parle en ces teriaeis de Farrivée du docteur Franklin à Philadelphie : « Il fut reçu' au miH^u des acdamatiocis d'une foule immense dlabitans qui 'accourèieo't de toutes parts pont le Toâr, et cfufi le conduisirent en triomphé jusque chez lui« Cependant le canon et les cloches de la Ttlle annonçaiélit cette heu** reuse nouvelle aux oampagneei voisines^ et il reçut des dépntations du congres^^Ie Tuniversité , et de tous les principaux citoyens qui s'empres^ saientde lui prouver lestime et la vénération dont il était lobjet *.
Un autre écrivain décrit avec enthousiasiM son retour en <;es termes :
« Soto entrée à Philadelphie fut un tHomphe , et il marchait au milieu des bémédiotious d'un |>euplè libre, en ^ui un intervalle de plusieurs années n'avait pas affaibli le sentimeat de ses ôerviees.
- . i> Les goerrien» qui ayaierit vei^é leur sang |K>ar l'indépendance assurée par sa cotira^use sagesse, s'honoraient de l^ii thk>ntrter leurs glorieuses blessures; il était entouré de vieillards qui avaient demandé au ciel de vivre assez pour
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le revoir encore, et d'une génération nouvelle qui s'empressait de connaître lés traits dy grand homme dont les talens, les services^ Içs vertus j avaient excité dans leur éœur les premiers élans ! de lenthousiasme. Il s'avançait dans ce port dé^ sormais ouvert à toutes les nations. II revoyait dans un état de splendeur cette maison d'in* i struction et cet hôpital dont l'établissement a?ait été un de ses premiers services , dont les accrois* semens étaient dus à sa sage prévoyance, et dontle i succès remplissait ses vorax les plus chers , le soulagement de l'humanité souffrante , et les progrès de la raison.. Il portait ses regards sur pes campagnes riantes, embellies par la liberté, dans lesquelles, au milieu des monumens de la prospérité publique , quelques vestiges des ravages de l'Angleterre ne servaient qu'à faire goûter davantage les plaisirs de la paix et d&« la victoire ». . . .
Des adresses de félicitation lui fureut présent tées par l'assemblée des représentans de la Pensylvanie,. par la société philosophique amérii caine qui, malgré son absence^ l'avait élu tous les ans pour président; par l'université de Peu* sylvanie, par les juges, par les officiers de w milice; en un. mot, par presque tous les corp$ de l'état. Il reçut aussi , de l'illustre Washington la lettre suivante :
Mont-Yernon, a5 septembre 178$.
-^" M M<Mr CHER Monsieur ,
» Au piilieu des félicitations que vous recevez tous les jours îsur votre heureux retour en Amérique, après une longue absence, et sur les services importans que vous aVez jendus, services dont je sens tout le prix , puisque je suis un de ceux qui en recùeiUen.t le fruit , permettez qu'un individu joigne sa voix aux acclamations pu* l)liqiies, pour 'VOUS exprimer ce qu'il éprouve. Soyez assuré que personne n'a plus de vénération pour vous , et ne voit votre retour avec un plaisir plus sincère , que celui qui est , mcMn cher monsieur, votre, etc.
' - :' .r ■'• ' • »G. WaSHINTON* »
Peu aprçs Tarrivée du docteur Franklin à Philadelphie, il fu jtélu ^em)>re du, conseil exécutif suprétpede cette yiU^9 et.Lii^ntôt e^suite^f^s|ident de l'état de Pen^yilvawe , po3te l^o^Q^able qu'il OQcupa aussi iQng- temps :qiie fe permettait la constitution, ç!est-àrdire l'espace de .trois ans.
Lorsqu'une, as^m^blée géf^érak . (jle tous, les éta^ fut convoquée à Philadelphie 9 en 1787, - pour donner plus d'énergi^ie au gouvernement àfi Vu nion, en re visant les articles de la confédération et en en corrigeant quelques-uns, le docteur Franklin y fut nommé diéputé pour l'état de
3i« MÉMOIRES
Pensjrlvanie, et il signa eu cette qualité la nouvelle constitution qui fut arrêtée pour les États-Unis, et à laquelle il donna les marques l«snE<MJbs équivoques d'approbation : nous insérerons ici le discours qu'il prononça en cetteoccasioû Mêlnorable.
« MoirSIEUR LE PnisiPBKt ,
»}'a:roue qtte je ne puis' approuve^*: efitièrement , quant à préseiut , la cdhstitutioo qui' bous est présentée ; mais je ne p^iéten^ pas assurer que je pe rapprouTemi jamaîâ. Ayao<t^^ou loog^ temps ^ je me suis trouvé plu» 4'upe fois obligé, par de «nouveaux i:enseigaeiÂeiis ou par de plu^ maires réflexions, à ^ïhaoger é opinion > mêmt sur des sujets importans, lorsqiœ.jai^^iieçonfiH qu'une idée devtl Xat justesse m'avait frappé en manquait véritablement. C'est pour cela que plus je deviens^ vietfx-, plm je suis pôné à diouter de mon jugement. Bien des'getls; ôottinae "bieii dès seotes wligieu^s, se croient èri pèsi^eissioh de toute ia térrté, et penseiït que tôute bpinidn contraire à la 4eiif ifte peut êti^eqtfuiie éryeur. Steelei |it»o!eskht , dit au |)âpe, daits^ trnedédieace , qrie fa seule dilféfence'qui existe entre nos deux ÉgWse^ sut t'opinion qu'elles ont de la certitude de leuf doctrine y c'est qiiel^Églisé romaine eist infailÙbièy' et que l'Église anglicatié /ï<^ se trompe famaîi: Mais quoique de^ pserricùliers pussent se croire tout aussi itifkillibles que I-Église
à liaquelle ils sont attachés, il en est peu qui lexpriment aussi natureUemenl; qu'une dame fran*çaise , qui , dans une petite quereHe avec sa sœur, lui dit : a Je ne trouyeque.nioi qui aie toujours 9 raison »«
» C'i68t^'après ces sentiiuens, que j'adopte cette constitution avec tous ses défauts, :s'il est vrai ^qu'elle en oontienne, parce que je crois qu'il nous 6ut tin gbuvernenieiit général , et qu'il n'existe au^oun mode de gouvernement qui ne puisse Rendre le peuple heureux , s'il est biei^ administré. Je croîs d'ailleurs que celui que nous adoptons peut nousétre utile pe^idant bien des années, et qu'il ne dégénéneiia en despotisme^ comme -tant d'autres avant lui , que loo^que k peuple sera devenu assez eorvompu pour qu'u^ gouvernement despotiqueéoit le seulqûi lui convienne. Je doute aussi que telle auiire assembi(ée qu'on puisse convoquer, puisse faire iwe meilleure constitution ; car quand 4)n.raâ^axible jan cérlKin noniibre d'hommes pour pcrofiterde la néunion de leurs sages avis ^ ils s'as^m4»leiiit iiiëvitabiement avec leurs préj«igé8y'leui«|)aBsio4is, Imirs erreurs, leurs intér^ looa^x^ leuiis vues per- -sounelles. Peut^n donc attendre d'un tel assemblage une œuvre parfiaite? (^e^qui n^e surptiend , «'est de tnrouver le systècne^ui viept-d'étre adapté ^ si voisin de la perfection ; et je <)rois qu'il étotiosera ces ennemis qui s'attentent .à ^ppr^ndre qu'il srègne dans nos conseils la confusion qui
3io MÉMOIRES
naquit parmi les constructetirs de Babel, et €fat nos états sont sur le point de se diviser , pour ne se retrouver en présence les uns des autres que pour s'attaquer mutuellement. Ainsi je consens à cette constitution, parce que je n'en espère pas une meilleure , et parce que je ne suis pas sûr qu'elle ne soit pas la meilleure possible.* Je sacrifie au bien < public mon opinion particulière des défauts que j^y trouve. JamaiSi je n'en ai dit un seulmot bors de cette assemblée ; el^ est née dans ces murs , et .: 'elle doit y mourir. Si chacun dé nous en allaat \ rejoindre ses commettans , reproduisait ses objections, et tâchait d'y gagner des partisans, nous i empêcherions la constitution d'étregénéralement reçue , et nous perdrions par là les effets salutaires, les grands avaqtages qui doivent résulter pour nous parmi {les nations étrangères et même idàn^ ce ^ays^ de notre unanimité réelle ou apparente» Ujoe grande |)artie du pouvoir et de l'effi- .çiacitédequdque gouvernement que ce soit , pour assurer le bonheur du peuple, dépend de l'opi- .ni<}n, de Yopiàidn- générale qu'on pourra se formel! de U bonté de ce gouvernement , comme delà sagesse et de l'intégrité des gouvernaris. J'espère donc <|ué pour nous-mêmes, comme fesant partie du peuple , pt pour l'amour de notre posté- ' rite/ nous emploierons d'un q)3mmua accord tous nos efforts, toute notre influencé pour faire ..aîMjtîptei: partout cette constitution , et que nous dirigerons nos pensées à l'avenir vers les moyens
â.lpRi
DE B.fFRANKLIN. 3a il
à employer pour qu elle soit bien administrée.
» Enfin ; je ne puis m'empecher d exprimer le désir que chaque membre de cette assemblée/ qui peut trouver des défauts à cette constitution ^ conçoive comme moi quelques doutes sur son infaillibilité ,'et qu'il en signe l'acceptation , pour donner une preuve manifeste de notre unanimité. »
Il fit alors la motion qu'on ajoutât à la constitution la formule : Fait et arrêté d!un consente^ ment unanime ^ et elle fût adoptée.
On va voir dans les extraits de lettres qui vont suivre, ce que le docteur Franklin pensait de cette constitution.
A M. Le Veillardy à Passj.
Philadelphie, 17 février 1788.
<K .... Je vous ai envoyé avec ma dernière lettre une copie de la nouvelle constitution proposée pour les États-Unis, par la dernière assemblée générale. J'en ai aussi envoyé une à notre excellent ami le duc de La Rocbefoucault.
» J'ai assisté très -exactement pendant quatre mois aux séances de rassemblée. Je vous envoie le dernier discours que j'y ai prononcé. Six états ont déjà adopté la constitution , et il n'y a pas de doute que, si elle n'est pas acceptée sur-lechamp par la totalité, ellenelesoitparun nombre suffisant pour pouvoir être mise à exécution. Elle
MâlIOIRES. II. ai
3aâ ' MÉMOIRES
a pourtant éprouvé une grande oppogitîon dam quelques états, car nous sommes maintenant une nation politique ; et quoiqu'il règne parmi nous une orainte générale de donner trop de pouvoir à eeun qui seront chargés de nou^ gouverner, je érois que notis courons plutôt le danger d'avoir pour eux trop peu d'obéissance. . . * ».
Jla même.
»» avnl i7#S.
«.... Il est fort possible, comme vous le supposez , que les articles de noire nouvelle consti* tution subissent quelques changemens après la première assemblée du congrès. Je pense ^ comme vous , que les deux chambres n'étaient pas nécessaires ; il s'y trouve des articles que je n'y voudrais pas voir, et il en manque d'autres que je désirerais y trouver. J'espère pourtant qa'elle sera adoptée , quoique je doive être étranger à sa mise en exécution , étant déterminé à quitter les af-^ faires publiques. A quatre-vingt-trois ans , on a certainement le droit d'ambitionner le repos.... ».
Ji^ 4UQ de L0 Rqchefoucault.
PaMjr, 92 octobre 17SS.
(t.... Kos affaires publiques commencent & prendre un aspect plus tranquille. Les disputes sur les défauts de notre nouvelle boiistimtion se
DE a. FRANKLIN. 5f^3 calment enfia..'L^ premier coagrèa Qorrigpra prol)ablemeci)t Les plus évideDS^et ceux' qui le auîvront se chargeront des autres. Celui dont vous me parfez n'a pas été sans être remarqué dans rassemblée. Plusieurs délégués^ si je m'en souviens bien , voulaient que le président ne pût être réélu après les quatre premières années; mais la majorité fut d'avis de laisser aux électeurs une entière liberté dans leur choix. On dit que cette clause rendrait le préludent moins attentif aux devoirs de sa place et aux intérêts du peuple, qu'il ne le serait si une seconde nomination pouvait dépendre de sa bonne conduite. Nous fesons des expériences en politique. Nous serons par IJi plus certains des connaissances que nous acquerrons, quoique nous hasardions peut-être trop en cherchant à les acquérir de cette manière ».
A M. Le Veillard.
24 octobre 17S8.
« •... Nos affaires s'améliorent tous les jours, et l'ordre s'établit rapidement. Jamais aucune mesure n'a été si complètement discutée que notre nouvelle constitution. On y a fait force objections dans les journaux , et l'on y a opposé force réponses. L'esprit de parti s'est éveillé; il y a eu de la chaleur et des personnalités. Je me suis tenu à l'écart, et je n'ai publié à cette occa-
sion qu*un écrit fort court que je-v6«s envoie (i). Vou« semblez avoir trop de cri^inle que notre
' ( 1 ) On croit que la pièce dont le docteur Franklin parle ici , est celle qui suit :
CoHPARAiaoN de la conduite des anciens Ivijrs et de celle des AiSTi-'FàDâRd.LtsTSs des États-Unis dAménque.
Un zélé partisan de la constitution fédératire qui nous est proposée , dit dans une certaine assemblée publique > qu'une grande partie du genre humain avait une telle répugnance à adopter un bon gouyernement , qu'il croyait que si un ange en apportait du ciel une constitution faite tout exprès pour Qous , il y trouverait une forte opposition. On traita son opinion d'extravagance , et il ne l'appuya sur aucune preuve. IL avait sans doute oublié que cette expérience avait déjà été faite , et que cet événement était constaté par la plus fidèle de toutes les histoires, par la sainte Bible ; autrement il aurait pu se fortifier de cette autorité incontestable. '
n avait plu à l'Être suprême d'étendre sa protection sur une famille et d'en faire un grand peuple par des actes continuels de sa bienfesantè providence. Ayant tiré cette nation d'esclavage par des miracles faits par le serviteur qu'il s'était choisi, par. Moïse , il lui délivra lui-même , en présence de toute la nation , une constitution, un code de lois , qu'il en j oignit d'ob- - server, spus la promesse de grandes récompenses , et la menace de cbâtimens sévères , suivant qu'on y serait soumis ou désobéissant. '
C^te constitution, quoiqu'icHe eût pour chef la Divipité même, ce q|ii la fit nommer théocratie par dés écrivains politiques 4 ne pouvait s'exécuter que par le moyen de ministres. Aaron et ses enfans reçurent cette qualité de Moïse, reconnu premier ministre du nouveau, gouvernement
DE ». FRANK.KIN. 3ti5
président ne puisse se perpétuer, danes ses icMio^ tîons. Il ne ledéfiârepas plus.que mous ne.Ié/vk>u*
On aurait cru que la nomination de personnes qui «'étaient distinguées en procurant la liberté à kurs coj^tqyens ,. qf^i, avaient hasardé leur vie en s-oppos/^ntouyeçtenieii^.À ]|i tOt. lonté d*un pubsapt monarque qui.yojiMi^ii;)^ rc;jtenii;en escla<*] y ag€ , aurait été agréable à un peuple recQnna|Mai4 ». 0^ im'vu^Cj constitution faite pour iui par Dieu fa^e ^n^aui^ait pa^ tf ouvé un sful coiftradictiiur ; il se ^qa va- pourtant,. da^chacui^j^ des treize tribus , des mécontent , des e&prit|S inqmets ^^qui^l^^ clamaient contre^e nouveau goaverneni,ent,d*apr^,4m^^R^i
motifs.x ■••'■;•:• f\';r, 'r < .«-..••" •:''•> nrv " t ii'>>v won
. Plusieurs, c9nserYai^t,^çore,4^iV^^^Xi.P<^<^' l'^ê^Ç^^v» pays deieur ^a\sfA^ç^^ ^% qy^O^JUappi^UvaieiM^ quelq^S Mk^ convénient , quelque jpriva,tiont; effet ^turel et in^vi|ablei49, leur changement de situation , ils s'eif^pPri^aient coatn& leicu^-f) chefs ) les accusaient de tous leuvs Jii^yifK,^ et7^on-:9eiiienie^ regrettaient J*£gypte,, mais voulaient lapider, ceux qui ^s e^ avaient délivi^é» ( Nomb. Cb.;X.IV). Ce^xii^i^pcRchaiîBnt pouj;, ridoUtrie trouvaient n^auvais que 1^ veau d'or eûjt étédétru}!.. Plusieurs cheC^ pensaient que la nouvelle, constitutioi^ était contraire à le^r i,i^tcrét particulier ^ qi^el^ fam^le <t les an\if, de Mpîse et d'Aaron s'empareraient de tQuies les place» avantageuse, à Teiclusion de .ceux .qui n'y avaient pas moins 4û droit (.Noml|«Ch. X.yi).Nous trQuvo^s dans Josèphe et dans, )e T^Imud quelques pfirticu^rité&qui. neâont pas aussi détaillées dans rÉcritune. On y voit f qi^e Corah ^dévoré de l'am*^ bitioade devenir gr^i^rprétriej^ $^ ir^uv^ offensée qi^c cette dignité eût été donnée à Aaroi^., e(.c^l|t , disait-il , par l'autojcitd seule. flc^ Moïse, jpaor ie cof^eatepie/Uydu peuplç ,i*. : il accusa MoïMîde s'être frauduleusement emparé d^u gouy^çrciquent pa( divers artifices, d'*voif ptivéie peiipl^deâa Uberté , d'avoir
3a« MÉMOIRES \
driociti iiou»'iiiémeB.- Nom savons trop >bien dam quét danger un tel.é?élifi«ieDtftO«is jetterait, et
cbnspii^é àrtc Aàrôn peut pérpiétnet la tyrannie dan^leaT faitôffet ^«it ; q^OTcfufé'Goi^h h^èÙt A*aiitT« but que de sQpplaatef Aktbri ; U ]pèi'iûàda^Jl& péaplc qu'A 'n'tfVîht ién vne qtie le breti géViëi^l; ve^ ma^vèVi'ite^rétrsiirëilt , et rôii côinmëniga à cffl^ b'b^ Setfteft'otts'la Itbértsé conimtine de'nhrtrièus f^spèc-^ é^Y)iéh^ rioite sdmiÉfèé' fétîrés de l'esélàvàge de Pliaraon, elltf.fce ptoijy^erifédûlt¥^i)ii5'èlélùl de Mo&e ? S*3 faut que noua dyÀM'ilnlàialti'e; q^ëiec i^ le roi d'Egypte, qui nàus doulâRt dt^bibins' dû paii^ ^t des oigûons^ et be ^érvous pas ce nouveau tyran , qui ne nous procure que la famine ». On iliit fxP\(vÉliKàn\h'téaiitéèé^'^^^^ on lui re-
pt^khilS^-èeci^t qtéi'y'té^slit j >èlf \é fi^W^'Vt j^VenaH d*^ éfckrtér'Iè peuple, déTtii^eliëfiéftmfe'd'iijïiiVdèher de Tendit omettes avarient litu ; «t Ton en€t dès îùdllîikde soupçon; Ôfe^Pa^usk de^éculaftfèfeffiàih^'S'iélJttft apT^i^rféTiriepartie dësf (fnllfers-d'br eï ddi'^u^s d'argeiif qut avaieoit été donnes etï dmàh&é lt>r»'âe lai «diës^ de" Hni^ (Kombî C^J'^t ; £xod'. ehf'X±ivy;^iîé acéit^eht^^uskî Aarèi^d'ivbii:^ gardé une grande jiar été de Tdt qùTWliVâit reçu pour cbn^t^ii^re IcVcaii d'or (ï?6iiA. Cli. iri;Eïidd. éfi-. XSX ) -éttfftt ils^Tcprochèfèrnt ïHfdïse'afbiÀ iitebîtiôti ; Ih disaieftt que c^ëWiit ^ni^ ^r^^ firîré cette pfassioil qù'il'aVatt ib:6m^é fè J)fcrupteV«^ Inr p^ôtnettàtft de le «ynduire datià une "terre (le «Méfiées , À que âous crt appât , il l'avait tiré tPûn^l^a^ èfefîèb %k\in srtiâfriqtïÂîï';' maîA îl^îwquîétait peu dtèi-'nlaùiqire Voiffittît'lër'^plè, pciurTti ^tfîl' pût se faire loorf^u^ aftiortt:c'îfoiW>?<2fe: XVr)'; qû^ pou^'àtfttt'ètïir avec «plende^tf là nthiVéîle dîgnîtë tians sa ÎA^ imiré'^,4l^àvaitdéîàievé\i^^««^e patlié«fe'd<yht lépi*èdtiit étai« aecot^ à Aarroto (IVôad^.GJh. ïH) , « i^tii àîîa?it ^ere wiivîe d^unè tàie ^ëiiéràk qtti^lb#r«|t Mms^d^tri» a«giBefftëe de temps
DE B. FRANULIN. âsy
nous aurons ^rand soin dVn prévenir la possi* bilité. Le choix €8t fait pour quatre où cinq anS]
en temps (Exod. Cfa. XXX) , si l'on souffrait qu*il promulguât de nouvelles lois , sous prétexte de nouvelles révélations dé la volonté divine , jUftqu*à te qlïe toute la fortuné du peujifs fût dévorée par cette ariaftoci^atie. »
Moïse ilia FodcuMition 1 de péctdat, et ses tcéusaievri n'avaient aucune preuve à en donner , quoiqu'un fait , qmmid il est réel , soit toujours susceptible d'être prouvé. <« Je n'ai point, dit-il y avec une sainte confiance, en la présence de Dieu , Je n'ai poi^t pris à ce peuple la taleyr de la plus vile bête de charge , et je nç lui ai fait aucun tort ». Mais l'accusation était portée ; elle iiyait fait iiqpre^sion sur la pô.pulace ^ et rien n*est plus facilement admis parmi des brig^nd^s qu'une accusation dé brigandage^
Enfin , deux cent çinq^uant'e (Je^ principaux d*èntre eux « fameux parmi le peuple , honïmes Ae renom » (Npioli. C^. XVI}^ soulevèrent la pppulace , se mirent à la tête des factieux ^ et e^tcitèrent leur frénésie au point c^u'ih s'4crièrent : « Lapidonsies, lapidpns-les ! ftecouvrons ^otr^ liberté, et choisiss.ons 'd'autres chefs qui nous reconduisent en Egypte, si. nous ne pouvons parvenir. à réduire les Cananéens. »
Au totsfl , il parait que les Israélites étaient un peuple ja-* loux de ïa liberté qu'il venait d*acquérir', ce qui n'étajt pais un défaut en soi-même : mais quand ils se laissèrent influen- ,cer par des hommes artificieux qui voilaic^nt leurs vues d'intérêt particulier sons le prétexte dt^ bien pu&lic , ils s'opposèrent à rétablissement de la nouvelle constitution . et s'attirërent ainsi beaucoup de malheurs et de souffrafitceat. On voit encore, en continuant de puiser dans cette source inestimable, qu'après bien des siècles , lorsqu'un amendement fut proposé à cette '.constitution devenue vieille et dont on abusait , la
le traitement sera peu considérable. Ainsi ^ nous pouvons changer notre président, si sa conduite nous déplaît^ et il a peu de motifs pour désirer d'être réélu. Quant aux deux chambres , je con- TÎens avec vous qu'une seule suffirait et serait préférable; mais, mon cher ami, rien n'est par- £aiit dans les affaires et dans les projets des homtues, et peut-être en Êiut41idii«' autant de nos opinions. ... ».
populace , de même quelle avait accusé Moïse de vouloir se faire monarque absolu , et s'était écrié « 4apidons-le i. » excitée par ses prêtres et ses scribes , accusa le Messie de vouloir se faire roi des Juifs , et s'écria : «Crucifies^rie ! » ^ous pouvons tirer de là la conséquence que l'opposition c(u peuple à une mesure publique ne prouve ps^s qu'elle soit mauvaise , quand même cette opposition serait excitée et fomentée par des nommes de distmc^on,
Je ne veux pourtant pas qu'on aille conclure de ce que le Tiens.de dire, que je pense que notre assemblée. générale avait reçu une inspiration divine quancT elle établit notre constitution fédérative , uniquement parce que cette constitution a éprouvé une opposition aussi puissante qtiîe déraisonnable. Je dois pourtant convenir que je croîs tellement daâs le go'uvetnemWt général du mondé par la Providence , que j'ai peine à concevoir qu'une affaire d'une si grande importance pour le Ibohlieur de millions d'êtres actuellement existans , et qui naîtront de la postérité d'une grande nation.» puisse se régler sans être , jusqu'à un certain point ,. influencée, guidée et gouvernée par cet être bîênfesânt , tout-puissant , présent à tout , et à qui tous les êtres inférieurs sont redevables de leur existence. *
DE B. FRANKLIN. îa^
j4 Ihonorable Charles Carroly membre du congrès.
Philadelphie , ^5 mai 1789*
' « .... Je vois avec plaisir^ par les journaux , que les ressorts de notre grande machine commencent enfin à marcher. Je prie Dieu de bénir et de guider le travail de ses rouages. Si quelque forme de gouvernement est capable de faire le bonheur d'upe nation, celle que nous avons adoptée pro^ met de produire cet effet. C'est pourtant ce qui dépend beaucoup du peuple qu'il s'agit de gouverner. Nous nous sommes mis en garde contre un dé&ut auquel est sujette lâ.tieillesse des états', trop de pouvoir dans les gouvemans; mais iios dangers «actuels paraissent nous venir plutôt du trop peu de soumission dans les gow/emés. Nous devons cepei^daiit espérer , di'après lés lumières qui règbjçnt dans ce siècle et dans ce pays , que nous pourrons nous préserver de ce péril comme des autres. '
» Môîtt pètît-fîis , William Teràple Franklin , aura llionneur dé vous présenter' cette lettre. Il m'a accompagné en France , et y a resté tant qu'a duré ma mission! Permettez -moi de vous lé recommander... J x)
Le docteur Franklin ayant rempli les fonctions de président de l'état de Pen^ylv^nie, aus^i longtemps qne le permettait la oein&litution ^e cette province, et sentant augmenter ses infirmités, et
33o MÉMOIRES
le besoin qu'il avait de quelque repçs, se retira entièrement des âifFaires publiques eu octobre 1788* Il parli^dé Mtte circonstance à son ami le duc de La Rochefoucault dans les termes suiyans, dans un^ lettre duditùiots: .
tf • • • • Mes fonctions c^ président ét^nt terminées ^ je me suis promis de ne plus prendre part aux affaires publiques. J'espère ^ pendant le . peu de jours qui me restent, pouvoir gouir du repos que j'ai si ^ong-tçmps. désire. J'ai dessein de m'occuper ^' écriire la continuation de mes Mémoires, comme vous m y eh|[agez. Je Tes ai déjà conjduits jusqu après m^ cinquantiètne an- Uéç (i), La suite contiendra des objets plus im- ^rtans;i mais il nae sefijible que ce que j'en ai déjà écrit sera d'une utilité plus ^[énérale pouf les jeunes lecteurs, qui y verront fortenient traceis les effets qui résultent d'une conduite sace ou imprudente, dans le commencement d'une vie consacrée aux affaires. ...»
^Quoique le docteur Frauklin, ^û^t lieud^être satisfa^ (le.raccuçil qu'il avait reçu de ses concis tQjen^ Iqrjj de $op retour aux États-Unis , il n ayai,i pas 9\jjç^ d|'ê]fe .?iU?3i conleni du gou\fenier ment. Nous allons donner copie d'une lettre confidentielle qu'il écrivit à ce sujet à son intime tt fUti ■ • ;. . .i I ' ;i i.. f ,i ^ , • >,; ;n , . 1 • ■ * ■ i ,. ; . „ . i.| , m • -
*" 4['r) lié docteur Ft&iiklin 'parle 4cf deé âetts fréMière« PM^ ûéà des préftens Mémiaires. tl est ')âim à regretter que ^ m^\9 9e Iw Ait piaèi«?ir|9» d^ \f^ ^f^r^ffii;^.
DE K FRANKLIN. 33l
tt digne «ni, Charles Tfaàfmsod ^ mctéiSiite :éu
. '« Mon ^çiWft..'?T ,Afirici;EHr Aijiï , , ^
li Je vous enyoïe une lettre pour le presiaent
actuel du congres (i). Je vous prié de la loi pré-
$entçr , si vous n j trouvez r^en d'incoavenable,
rien que., j^ar rapporta moi, voûs ybiidriez en
retrancher oju y jchartger. Je cojiipte ieaucoup
sur les conseils d/e votre amitié, parce que vous
devez connaître mieux âuetadiJe^ hommes en
plaée et leurs nisposilions. Si vous trouvez des
coangemens à y faire ^ nous en aurons le temps
avant que le. nouveau congrès s'assemble; dans
ïe cas contraire, vous* la remettrez à celui qui est
maintenaqt^ assemblé.
M Vou^ poûyez remarquer, dans la copie dje ma lettre à M. Barclay , que j y parle de quelques articles a$sez itaportans que je n'ai pas portes dans ]es comptes que j'ai présentés aii. congre^, mais auxquels j^espèrais que son équité aurait fait qujelque attention^ ï^onr que vous puissiez savqir en quoi ils consistent, je joins ici un aperçu de mes. se;rvices ; vous y trouverez mçn-
lionne le travail, extraordinaire dont j'ai été
. j" •'•'■. ; .j» !;•. ^u i : r* '\ --^ •.' -y* , i, charge , indcpendamment de mes fonctions
'lui-ri Mjj 'in "! '*.:m^
comme plénipotentiaire; Yoos vivrez qne j'aê dû agir comme juge de l'amirauté, comme con^ 8ul jusqu'à Fai^rivée de M. Barclay, comme baaquier pour examiner et accepter une multitude de lettres-de-change, enfin comme secrétaire pendant plusieurs années; car on ne m'en. envoya . point , quoiqu'on en accordât aux autres ministres.
» C'est l'usage eii Europe de récompenser libéralement les ministres lorsque, après avoii; rempli leur mission^ iljs reviennent dans leur paiys. Je clois avouer, que j'espérais que le congrès aurait l)ijen voulu au moin^ montrer l'approbation qu'il donnait^ ma conduite , en mb fesant une concession de quelque portion de terre dans les contrées occidentales , ce qui apràit été utile et honorable à ma postérité. Je ne puis encore m'empêcher de croire qu'il fera quelque chose de setmblable quand il lui plaira de prendre. mes services en considération ; car je vois d'après ses registres qu'il a généreusement récompensé M. Eee des services qu'il ayait rendus en Angleterre avant de l'envoyer en France. M. BoUand et moi avions travaillé à Londres conjointement avec lui, et nous n'avons pas été traités de la nvéme manière^. A son 'rétour de France , on lai a accordé une bonne place ainsi qu'à mon ami M. Jay ^ et cepeûdant'tout cela n'est qii'uhe bagatelle auprès de ce que le roi deFrance a fait pour M. Gérard, à son retour d!An;iéfiqu€^.' Quille 4if-
ferehce à mon égard ! A mon retour d'Angleterre^ en 1775, le congrès me nomma maître-général des postes;, nomination dont je, fus très-recon» naissant. Cependant c'était une place à laquelle j'^avais quelque droit ; car je l'avais exercée sous le gouvernement de la couronne , et j en avais considérablement augmenté le revenu , par les règlemens que jîavais établis. Quand je fus envoyé en France, je chargeai mon gendre d'en remplir les fonctions, comme mon suppléant; mais bientôt après mon départ , on me retira cette place et on la donna à M. Hazard. Quand le ministère anglais avait jugé convenable de m'en priver, il m'avait laissé le privilège d'envoyer et de recevoir toutes mes lettres, franches de port, ce qui est d'usage quand un maître des postés n'eçt pas destitué pour inconduite : on ne m'a pas accordé la même ifaveur en Amérique, et depuis mon retour de France , j'ai payé plus de 5o livres (12^00 francs) pour port^ de lettres, dont la plus grande partie m'étaien^t adressées par suite des fojuctions que j'avais remplies dans ce pays.
p Lorsque j'emmenai avec moi en France mon petit-fils William Temple Franklin, mon dessein, après lui avoir fa^it apprendre le français,, était qu'il s'appliquât à Tétude des lois pour pouvoir suivre la carrière du barreau; mais comme on me fesait toujpurs espérer un secrétaire qui n'arrivait jamais, je me trouvai dans.la nécessit;é.de
le gd»rder avec moi pour enf remplir hn fonctions. Il les continua pendant tout le temps de mph se* \ j&QT en France, et perdit iinsi pios de bait ao» qu'il aurait pu consacrera la jurisprudenoe. Ses habitudes étaient alors devenues si différentes , qu'il n'était plus temps pour lui de soager à cette ^ profession. Je le regardai comme préparé pour la diplomatie, et en état , par les oonnaissanoes qu'il avait acquises, dy remplir tout au niotns une place de secrétaire. Je n'étais pas seul de cette opinion ; car trois de mes collègues, sans la moindre sollicitation de ma part , te prirent pour secrétaire dans la négoèiatiôn de traités dont ils étaient chargés. Je pris la liberté de le tecommander à la protection du congrès. C'était la seule faveur que je lui eusse jamais diemandée. La seule réponse que j'en reçus fut une résolution qui nommait à sa place le colonel Htimphreys, homme qui pouvait avoir beaucoup de mérite militaire, mais qui ne connaissait rien en drplomatie, qui ne savait pas le français, et qui n'avait ni Fexpérience, ni la dextérité nécessaires dans de pareilles fonctions.
» C*est à vous seul , c*est à un ami particulier que je parle ainsi , car je n'ai jamais fait et je ne ferai jamais aucune plainte en public. Quan4 même j'eusse pu prévoir que le congrès eût asses méconnu mes services pour refuser, comme il Ta fait , de me voter des f emercîmeiàs , je n'en aurais eu ni moins de zèle, ni moins (f ardeur
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j^ur la cause de l'Amérique. J« sa^is quel est le caractère de ces assemblées dont les membres s^ renouvellent; que ceux qi|i les composent réfléehissent peu sur les services rendus à leur corps avftnt qu'ils en fissent partie; qu'ils ne pensent pas en devoir quelque reconna-issance, et que s'ils en conservent d'abord , l'absence de <îelui qui les sert dans un pays éloigné, ouvre un beau champ aux envieux et aux méchan$, dont les insinua^ tions artific^etisea et malveillantes finissent par produire de l'effet même sur l'esprit des personnes les plus justes, les plus équitables et lesplu$ honnêtes. Je mets donc en oubli ces réflexions.
» Pardonnez- moi , si vous le pouvez , mon cher ami , l'ennui que vous causera cette lettre; et si le reproche qu'on a fait aux républiques d'être sujettes à l'ingratitude, se vérifiait malheureuse^-ment à votre égard , souvenez-vous que vous ave* le droit d^ouvrir votre côèur et de faire part de vos chagrins à votait ancien ami et obéissant serviteur,
B. FitAHKttir. »
JlpBRfir des services de 9. Franklin.
En Angleterre^ il combattit l'acte du timbre. Ses écrits dans divers Journaux, et ses réponses à l'interrogatoire qu'il subit dans la chambre dea
commuBe$, passèrent pour en avoir , en grande