‹ Mémoires sur la vie et les écrits de Benjamin FranklinChapitre 23 sur 25 · LE DOCTEUR FRANKLIN · texte numérisé non relu

LE DOCTEUR FRANKLIN

Le;^ docteur Franklin , étant encore enfant, trouvait son père un peu long dans le bénédicité et les grâces qu'il ne manquait jamais de prononcer à hante voix en commençant et en finissant tous les repas qu*il prenait avec sa famille. Un jour qu'on venait de faire des provisions d'hiver : «Papa, dit Tenfant, ne pourriez -vous dire le bénédicité et les grâces une fois pour toutes sur ces provisions ? Ce serait beaucoup de temps d'épargné ». . '

Le docteur Franklin avait remarqué dans le cours de ses voyages dans la Nouvelle-Angleterre, que dès qu'il entrait dans une auberge, chaque personne de la famille avait une ou deux questions à lui faire sur tout ce qui lui était arrivé, et que jusqu'à ce qu'il eût satisfait la curiosité de chacun^ et qu'ils se fussent raconté l'un à l'autre ce qu'ils venaient d'apprendre, il ne pou*

SUR LE ï)OCtEU& PRANKLm. <^Èj Vait obtenir rien de ce dont il avait besoin. De-* puis ce temps, chaque fois qu'il entrait dans une auberge, il fesait assembler le maître et la maîtresse, les enfans et les domestique3 des deux sexes, et leur adressait ces paroles i ce Bonnes gens, je suis Benjamin Franklin, imprindeur de mon métier, garçon; j'ai quelques pai'ens à Boston où je vais pour affaires. Je n'y compte rester que peu de temps, et je retournerai ensuite veiller à mes affaires, comme le doit faire un homme sage. Là se borne tout ce dont je puis vous informer; ainsi donc je vous prie d'avoir pitié de moi et de mon cheval , et de nous donnjer à tous deux ce qui nous est nécessaire »,

Lorsque Franklin vint en Angleterre, avant le commencement de la guerre d'Amérique , il se rendit à l'imprimerie de M. Hett , dans Lincoln's- Inn-Fields , entra dans la chambre des presses ^ ets'étant approché d'une : <k Mes amis} dit-il aux deux ouvriers qui y travaillaient , il y a quarante ans quejç travaillais à cette même pres9e comme compagpon imprimeur, de même qu^. vous. le faites aujourd'hui. Il faut que nous buvions un coup eosjBinble. » £t ayant £siit venir nn pot de bière, il but av^ eux à U prpspérité de l'imprimerie. ,,

Page 1