ANECDOTES
l^eiidant la guerre d'Amérique , on proposa dans l'assemblée d'une province, où les presbytériens se trouvaient en majorité , de rendre une loi pour défendre auxépiscopaux de prier pour le rôi , quoiqu'il leur fût difficile d'y souscrire , cette prière étant ordonnée par leur liturgie. Le docteur Franklin , qui en était membre , voyant que ceite loi occasionnerait plus de troubles qu'elle ne. serait utile , s'y opposa , en disant qu'il ne la croyait pas nécessaire : a Car, ajouta-t-il^ il y a vingt ans, à ma parfaite connaissance, que ces bonnes gens prient Dieu d'accorder sa sagesse au roi et à ses ministres ^ et comme nous savons tous que leur prière n'a. pas été exaucée, il est clair qu'ils n'ont pas de crédit à la cour des cieux ». La chambre se mit à rire, et ne donna aucune suite à cette motion.
A Philadelphie, où it n'y a pas dé noblesse, et où tous les habitans sont négocians ou ouvriers , les négocians ayant 'le dessein d'ouvrir un bal, résolurent , pour se dénner un air de distinction, et s'assurer un rang au-dessus des simple» artisans , de n'y admettre ni ouvrier, ni fille ou femjcne d'ouvrier. Un d'eux ayant montré au docteur Franklin les' règlemens de cette société, et lui eu ayant demandé son avis, celui-ci lui ré-
SUR LE DOCTEUR FÏIANKLIN. 38^ pondit qu'un des articles en excluait Dieu, et qu'il ne pouvait approuver cette exclusion. — * « Que voulez-vous dire? » lui demanda celui qui le consultait. — « Quoi ! répondit Franklin , Di6u n'est-il pas notoirement le premier et le plus grand ouvrier de l'uiiivers? n'est-il pas dit dans l'Écriture que c'est lui qui a fait toute» choses ? » On sentit le ridicule de l'article pro^ jeté, et l'on y renonça. *
Vers l'an 1 7 Sa , le docteur Franklin étaut entré en correspondance avec Samuel Johnson y docteur en théologie de l'université d'Oxford , et^nsuite président du collège du roi à Nev^-York , tâcha de l'engager à accepter aussi la présidence du cpll^e de Philadelphie. Pour l'y déterminer, il lui offrit de Élire ordonner Pérection pour lui, en cette ville, d'une nouvelle église épiscopale. Le docteur Johnson montra quelque doute que cette mesure pût être adoptée. Le docteur Franklin, pour dissiper ses scrupules , lui écrivit alors une lettre dont on a conservé l'exlrait suivant : « Votre désir pour conserver la paix de TÉglise est véritablement louable, mais il me semble que construire une nouvelle église dans une ville dont la population augmente, n'est pas une division, mais une multiplication. Cette mesure tendra à augmenter le nombre des adorateurs de Dieu.
J>es gens qui ne peuvent trouver place à l'église,.