MÉMOIRE
pouvoliy^uit ici, soit dans les colonies, à toute
mesure. qui» dans mon opinion, tendait à cette
fin; aussi en est- il souvent résulté que tandis
qu'on me reprochait en Angleterre d'être trop
Américain, on me trouvait en Amérique trop
Anglais.
Ayant fait, à l'occasion de l'acte du timbre, des recherches sur la nature de l'union de l'Angleterre avec ses colonies, je me convainquis que le lien de cette union est le roi et non le parlement ; que les premiers colons en se transportant en Amérique, hors du royaume, n'en avaient pas emporté avec eux les lois qui y existaient alors; car dans ce cas les puritains auraient été soumis dans les colonies aux mêmes règlemens vexatoires auxquels ils sont assujettis en Angleterre , et auxquels ils voulaient se soustraire en passant i sur le nouveau continent. Pourquoi auraient-ils quitté leur pays natal, et tous les avantages de la civilisation, pour aller, en dépit de tous les obstacles , former un nouvel établissement dans des déserts , s'ils y avaient porté les chaînes qu'ils voulaient secouer, ou s'ils avaient laissé derrière eux un' pouvoir capable de les en charger de npqveau eu Aniérique? Ils emportèrent pourtant avec eux, par convention, leur foi envers le roi, et un pouvoir législatif pour faire, sous son agrément, uipL nouveau code de lois par lesquelles ils seraient gouvernés. Ils devinrent donc des états distincts soumis au même prince, unis,
comme l'Irlande (i), à la couronne, mais non au royaume d'Angleterre; chacun d'eux était gouverné par ses propres lois; et quoiqu'ils fussent sujets du même souverain , ils avaient le droit de déterminer les subsides qu'ils accordaient à ce souverain.
Je regardais en même temps le pouvoir suprême du roi sur les colonies comme de la plus grande importance pour elles : c'étoit un dernier ressort pour régler tous différends entre elles, un moyen dy maintenir la paix, un centre où pouvait se réunir leur force commune pour se défendre contre un ennemi commun. Je pensais donc que cette autorité, tant qu'elle serait circonscrite dans des bornes convenables, devait être maintenue par les colons, auss^-bien que par les ha bi tans de l'Angleterre.
D'après ces principes, et comme agent, des colonies , je m'ppposai à l'acte du timbre , et je ttar vaillai à en obtenir le rapport, attendu que c'était: une infraction aux droits des colons ,. Sians .avati*r, tage' réel pour la Grande-Bretagne, ;puisqu'ellepouvait compter sur des subsidejs plus considéra* blés quand ils seraient accordés voloijtairement , que qu.and ils seraient le produit de taxes arbi-*
(i) La réunion de l'Irlande à l'Angleterre h'était pas en* core effectuée quand le docteur Franklin écrivait ainii;.
{Note du-traducteur.)
traires ; qu'en perdant notre respect et notre affection d'où dépendait en grande partie son commerce avec nous, eHe perdrait, |Jar suite du dé&ut de commerce , plus qu'il n'était possible que de telles taxes lui rapportassent , et enfin que c'était détruire l'harmonie qui avait si heureusement existé jusqu'alors, et qui était si nécessaire à l'avantage général. Voulant conserver en Amérique , autant qu'il dépendait de moi , le respect pouf» le roi, et l'amitié pour la nation anglaise , et maintenir en Angleterre quelque éga^rd pont les colonies, ce qui tendait également à entretenir cette harmonie, j'avais grand soin, en toute occasion , dans toutes les lettres que j'écrivais en Amérique, de représenter les mesures contraires aux intérêts des colons comme n'étant le résnlfert ni de la volonté du roi , ni des sentiraens de la nation , mais- Teffet des plans d^utte administration' qui voulait se faire valoir par ses connaissances en finances, et se procurer de nouveaux revenuspoùr se former un parti en distribuant des places et de$ pensions; ajoutant que le roi était un excellent prince, et que les Anglais a valienlî pour nous une véritable affection. En Angleterre, je représeûfats lesAméricaitos comme amis de la Grande-Bretagne^ comme ayant les mêmes intérêts , jouissant de sa gloire, et ne pensant à rien moins qu'à s'en séparer. Je né croyais excéder d'aucun c6té les bornes^ de la vérité ; je conserve encore cette opinion , et
j ai cette s»\is(Mtion intérietire qM prrôcut<nti tOQ jours de bonnet ifntentîons, mémé^tiândelle^ ne sont pa$ stiivies àt ênctés.
Animé dti tels dentiore^ , je ne ptié Voir (}u'dtéd pevne Yentoi des troopés royales k Boston : Uw cond-uité eir cette ville ttue donna d*a^uf»iit pluâ^ d'înquîétudesi, ^e je ctarignis qu'il n'en résultât ]«s' suites lés plos fâtbetisie^ , tine rupture entre les" deta p»yâl. Elled au^erylèrent encore quatifd ' je rié que cette fnfestire semblait avoir lapprobatioii de l^ nation àn|;lBiifSe, puisque personne ne é'y orpposa ; ce qfoi prouvait que la Orande-fihre-* tag^e n'avait plus des yeux dé mère ^ur ses colonies. J'en parlai moi-même queltpiefois en ce sens, dans la convetsation , et j'avoue qoeertia qua* lité d'Américain m'y Élisait nUettre quelque chai-» leur. Quelle fut lû^ rarprise^ quidad un homme qn'îl ne m'est pas permis <)e nommer en ce mo-» ment, et qui jouissait d'autaM de cnécfit que de réputation , me dit qu« hon-se^lement la mesure que je blàniais si viveiHeiit , mais foutes celles qut fciàient l'objet de nos plaintes , avaient pris nais' saiice, fvon dans le gonverhemeni anglais^ niais dan^lesfein de l'Amérique f qu'elles! avaient été ptHyjetées, proposéés^à l^âdtasIiÂstration , Mllicitées ef ebtetiues par qHielqùêi-^utts des plus respect»-* blés Américains, ^(ymvae éta«i< indi9pet«>ablés jfemf yiinérét de le^r pays! ÔM^nre je lie pus adfàtrnfé fàcilémeôV Ih pt-obtfbitité de cette afsseï*tlon , it ent^^rit dé tù» convarucre et d'en donner
la preuve à mes concitoyens, par mon interrné* diaire, comme étant leur agent. En<cônséquence, il vint me revoir quelques jaurs après , et ro'apr porta ces lettres du lieutenant-gouverneur Hiitqhinson, du secrétaire Olivier, et de plusieurs autres dont on a tant parlé depuis ce temps.
. Je fus surpris , mais je fus convaincu ; et je me sentis disposé à faire partager ma conviction à mes .concitoyens, comme il le désirait ; car ^d'après ce que j'éprouvais moi-même, il me semblait que cette connaissance pouvait amener une, réconciliation , jet je la désirais vivement pour rintérét commun. Je regardais d'ailleurs comme étant de mon devoir d'informer mes commettans d'une nouvelle si importante pour leurs affaires ; mais il se trouvait une difficulté. Celui qui me communiquait ces lettres ne voulait pas me permettre d'en prendre copie ^ et quand j'aurais pu le faire , on aurait pu douter de. leur authenticité. La simple assertion que je les avais vues aurait eu encore moins de force. Je demandai donc à pouvoir me Sjervirides. originaux, et je parvins à les obtenir, sous la condition expresse qu'on ne les ' imprimerait^'pas 9 qu'on n'en tirerait aucune copie, qu'ils ne seraient montrés qu'à un petit nombre de pe^sobnesià la tête du gouvernement, et qu'ils seraient rendus ensuite.
J'acceptai ces conditions, et ce fut aux. imémefif charges que je transmis les lettres origi)Dale»au comité d^. correspondance à BQSston) &£(ns .en
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prendre et sans en réserver aucune copie pour moi. Je consentis d'autant plus aisément à ces restrictions , que je craignais que leur publication , d'après l'état d'irritation dans lequel l'esprit public était depuis long-temps, n'occasionnât quelques scènes tumultueuses , dont les conséquences plissent être nuisibles. Je ne me fis aucun scrupule de les envoyer; car puisqu'elles avaient été envoyées en Angleterre pour nuire aux , Américains , pourquoi ne pas s'en servir pour leur avantage? Leurs auteurs avaient pris eux-mêmes pareille liberté atec les lettres des autres ; car ils avaient envoyé à Londres celles de Rosne et d'Auchmuly , en confirmation de leurs calomnies contre les colons. Des copies de quelques-unes des miennes y avaient aussi été transmises par les officiers du gouvernement. Pourquoi donc les leurs n'auraient-elles pas été traitées de la même manière? Je ne pus que soupçopuer à qui elles avaient été adressées, car on ne m'en informa point , et il ne s'y trouvait pas d'adresse quand je les reçus. La lettre que j'écrivis en les envoyant contenait plus en détail les motifs qui m'y avaient déterminé. J'en donnerai un extrait ci-après.
Mais compae on a nettement assuré que ce n'est pas en ma qualité d'agent que j'ai transmis ces lettres au. comité^ de:corresppndance de l'assemblée ,.n>ai3que je h$ ai envoyées à une|unte , à mes correspondes particulfef s \; qvie , craignant
lo MÉMOIRES
qu'on ne sAt que je lesavaiâ tranBiïiîsés , j ai insisté pour qu'on ett fît on sdcret , et que j'ai rafoti- Iré la plus grande solli<5itUde potir que ce séetél fut ^p^vdé ; écruimie otf a vôulii^ en tii*er une preuve que je me sentais coupable d'avoir ertiployé des moyens peu délicats pour m?e procurer cé^ lettres, el que je ci^aignais taiAt qu'ils né fusséûf dëc6u-< verts, que je n'osai pas revêtir de ma signature la lettre qui en contenait l'envoi , et qui ne pni ni'être attribuée que parce qfuè rafïon écrttui^é éfeit bien connue; je dois, avant de donner l'extrait de cette lettre, feïi^e observer ici que j'avais âtai^ bord écrit, &tÉT \ë même pa^|>îer, la copié d'une précédente lettre, qui avait été lignée par màij comme à l'ordinaire; et en cottséqueûce, celle dont il s'agit èii ce àiomént , eottiifnençaif par céâ mots : Ge qui précède est une copie de ma dernière lettre. Je c6<m3rfeAçaïs par y rendre coiïipte de tû que j'a'^ais^ fiait pou^ les Àffeirés dé la province, et |)arficnHèrei!ieiit de deux ^^titions? qui m'avaient été envoyée^ pa* Titesembléé pour être présentée^ au roi. Ces circoft^nPcés devaient démontrer àP • tous ceux qui lurent cette lettre que j'en étais V^ti^ leur, aussi-bien que mon écriture bien connue aurait pu le prouver à ces correspondatii pètrticU^ Uers , à qu'i l'on prétendait qiie j'avais- fâh cet envoi. Si dôÉid l'espérais rester fticotlnû en ne si* gnatit paséette lettre, îl'falklit qùejé fusse auS^ stupide c3[tté ce* biiéSii^ q«rt! éidit ne jkiuvioir ê!ï»e aperçu qiiaM^a à^-è^ëfté^Sia iê^^^ î» jé ptmvài^
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coiDpter sur mes correspondans pour garder lie ' secret ^ur celle leïtre , et sur toute cette transatrtien , dans laquelle il fallait qu'ils sussent que je figurais, je pouvais aussi bien leur confier ihon iioni , et je n'avais aùeuo motif pour Toméltre. Dan^ le fait , la seule chose sur laquelle j'insistai fut que , conformément à rçngagemeni que j'avais contracté, ce^ lettres ne fussent ni impi^imées, ni copiées; mais je n'avais pas nàéme ridée de désirer qu'on fît mystère de Ift part que j'avais prise dans cette affaire; et bien loin de demander le secret à cet égard, je ne donnai pas même à entendre qu'il me serait agréable de ne paà être nomi^é en cette occasiou. Si j'avais en ce désir , j'atirais été bien insensé de m'imaginei^ que 1» personne à qui j'écrivais , tout le rfst« du cotnifé de correspomtanôe , cinq personnes qui étafknt nomméesf dans ma lettre , et toutes celles à qui le comité jugerait convenable de nïontrer ces pfèees^y s'accorderaient pour garder lé secret à cet égard ^ sand que je l'eusse demandé , et âatis qtié j?en eusse méme'témofgrïé le désir.
Voici, au surplus, la partie de iera lettre qui concernait cet envoi.
«t A cetwe occasion', je crois devoir Vôtïs infor-^ mer qu'il esft toiftbé depuis peu entre mes maiiis partie d'une correspondance k laquelle je crois panvoit â^ec raison attribuer l'e^iis^encie âe k pfcrpaFTt dé nos sujets^ dé^ plaintes^ ^ pcKir ne* j^afis dère de tou^s. Je ne suis fm libi^e die' ^r&AW dî^
par quel canal elle m'est parvenue, et jai donné ma parole qu'elle ne serait imprimée ni copiée en totalité ou en partie; mais il m'a été permis de la communiquf^r à quelques-unes des personnes distinguées de la province , seulement pour leur satisfaction. Ne doutant nullement que vous n'observiez religieusement ma promesse, je joins ici les lettres originales, afin qu'on n'y puisse soupçonner ni erreur de copie, ni interpolation , ni omission. L'écriture de leurs auteurs sera aisément reconnue. Il pourra se faire qu'ils ne trouvent pas bon que leur conduite soit ainsi dévoilée , quoiqu'on le fasse sans esclandre et en secret ; mais si ce sont d'honnêtes gens ,.qu qu'ils prétendent l'être , et qu'ils conviennent que tous les honnêtes gens désirent que V intelligence et Tharmonie régnent entre les colonies et leur mèrepatrie, ils doivent peu regretter qu'au faible risque de leur réputation de sincérité et d'esprit public parmi leurs compatriotes, 0/2 donne lieu à un éi^énement si désirable. Quant à moi , je dois convenir que mon ressentiment contre l'Angleterre , occasionné par les mesures de gouvernement prises par le dernier, ministre, s'est considérablement caillé depuis que la lecture de ces lettres m'a convaincu que ces ftiesures ont été proposées, conseillées et provoquées par des gens en crédit parmi nous , et dont les avis avaient et ne pouvaient manquer d'avoir tout le poids nécessaire pour les faire adopter, quelque dan-
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gereases qu'elles fussent. Je crois que leur lecture produira le même effet sur vous; mais, comme je vous lai dit , je ne suis pas libre de les rendre publiques. Je ne puis vous permettre que de les lire, de les faire voir aux autres membres du comité de correspondance, à MM. Bowdoin et Pitts du conseil , aux docteurs Chauncey, Cooper et Winthorp, et au petit nombre d'autres personnes à qui vous jugerez convenable den donner connaissance. Après les avoir gardées quelques mois , je vous prie ' de me les ren-^ voyer.
» Quant à leurs auteurs , je puis croire aisément et charitablement qu'un homme élevé dans la fausse idée que le parlement a une autorité sans bornes, puisse s'imaginer que rien ne peut justifier la moindre opposition aux exactions même les plus inconstitutionnelles de ce corps, et regarder comme un devoir de contrecarrer cette opposition autant qu'il le peut. Mais quand je les vois trafiquer des libertés de leur pays natal pour obtenir des places , des salaires et des pensions auxquelles il faut que le peuple fournisse; appeler des troupes pour leur en assurer la jouissance et les protéger, parce qu'ils ne peuvent se cacher le mécontentement qu'ils inspirent ; quand je les vois exciter les inquiétudes de la couronne, lui dicter des mesures contre une grande masse de ses fidèles sujets, créer des haines entré les différentes parties du même empire,
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cau^r de$ dépenses énormes à l'ancienne patrie , pour éteindre ou prévenir des rébellions ima-* ginairesdans ia nouvelle, et à la nouvelle, pour payer des gratifications sans motif à des officiers inutiles et à des? ennemis; je ne puis que douter 4e leur siucérité même dans les principes politiques qu'ils professent , et je les regarde comme des gens cherchant à profiter des circonsîances pour tirer du malheur public leur avantage particulier, et qui trahissent ainsi les intérêts, nonseulement de le\ir propre pays , mais même du gouvernement qu'ils prétendent servir, et de l'un iversalité de l'eQfipire britannique.
» Tai rhonneur d'être avec estime et respect , Monsieur, votre très- humble et très -obéissant Sieryiteury ainsi que du comité,
B. FRANKLIlf »•
Ma lettre suivante est du 5 janvier 1778^ Elle est adressée à la même personne, et commence en ces termes : «f J'ai eu l'honneur de vous écrire le a décembre dernier, en vous envoyant des lettres originales de quelques personnes de Boston. J'espère qu'elles vous sont parvenues. . . , »♦ Je passe alors à d'autres affaires relatives à mes fonctions d'agent ; et cette lettre est signée de mon nom , comme à l'ordinaire» Il est de &it que jamais je n'ai écrit une lettre anonyme à qui que ce fût en Amérique, pendant tout le temps de mon séjour à Londres, à moins que plusieurs lettres ne se
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UptMvassent avr le même papier, ,q:U|e les prepiî^es up fii?*S5ent que d^s copî^ de pûréoédentes Ultxea, et que la dernière n'y fi*t relative. Da^os c^ cas, '}l fi$t possible que j'a^ie jr<egai:dé comme if^jutUe de ^igq^çr Jes jprfeipaièr^s.
. L^ pre^iièire i^Ure q^i ;q(i'^çQU9a réoepttoa de ^ette .corrçs^f^Bdaiaoe , q^t d.ajlée de Bosioo , du ^4 T^?^TS fj^'ir M\^ cQmroeiipe ainsi ; a Je meios de recevoir votre lettre du 2 dic^H^bre dernier, avec le^ pièces q^i y Qtai|9irv{: jointes. Je voju«;eii remercie J;)€;^ucoup. J^ l^s ^i çamnuiniqp^es à quelqnesr iuues des per^ppjiç^ .do:iitvou^ me parlez. lU :p(^f^Q^t.qm^ qi^çi^i^^e leur )publieation pût aiToir 4e$ if^CipQV^oi^j^s, îliSier^it très-utile d'en prendre 4es iGopicis et 4^ lQ(;gieird^r)iei^ attendu qu'on peut S0iffiUY^r: l^^fhwîi» d^Qs la nécessité den Êiire V^fiSfi* Çp^l^^^t JP ^P^^ 9^ ^ ^ ^"^ vouam'^cri- ,yez |i ce pwj^ , ^t Jjepir w.cJiclaréique je ne pouvais ^^mQttfiÇ qp'99 en f>rît des copies entières ou ^rtjelli^; ^^q^ Is^qIif^ exprès conâentement. J'ai ^rp9)is d^ vo.u^ {écrire à ce sujet, et je me oon- 4iJ^Pfm^ii^mo\^mf»t k votre décision. »
:X#îÇ^<?pd? te|(tw,.dli 9Q avril 1.773, porte : « Je fYffii^M pf^wâé dan^ ima «deiuiàrp Ibttre que les j|)^$PAUA^ à qui j:'ai PAmmuni^iAé les pièces que -Y^W )W'^vez çiivipy^es- le a déœpbre ilernier, ji^f^i^Bi qu'il çqQyji^dimltde:les.v^rder ici, .po^ur ppi^ len ;Sf rivif suivaRj: que tios affaires pour- TQ^t, lexi^iSF, 091 qu'^u lïiainsilfiniaudrait tirer 4§s G^pû^^ ^uthi&ntique$ avant de les renvoyer. Je
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vois que j'aurai dans cette affaire une tâche trè^ difficile 9 à moins que vous n'obteniez que nous ne puissions garder ces lettres, ou les faire copier. J'attendsvosinstructionsàcesujetjj'espèrequ'elles seront telles que nous le désirons, car chacun pense que 1 envoi de ces lettres n'avait aucuii but d'utilité raisonnable , s^il né s'agissait que de lés mon^trer à quelques personnes, uniquement pour satisfaire leur curiosité. »
Le 9 mars, avant d'avoir reçu les deux lettres qui précèdent, Récrivis encore à la même personne. Je lui rappelai mes deux lettres* des 2 dé« cembre et 5 janvier ;.et sachant combien on abusait contre l'Amérique de la moindre apparence de rassemblement qui y avait lieu ; craignant que si ces lettres, malgré mes i^ecommandations , étaient rendues publiques, il n'en résultât tjuelque événement plus sérieux, je terminai céllè-ci en disant ; « Que j'espérais qu'on préndï<ait grand soin de maintenir la tranq-uillité publique.- Ce que nos ennemis désirent le plu3^ c'est que dess insurrections leur fournissent un bon prétexte pour envoyer une force militaire plus coiisidérable dans la province , et pour Tassujettir à liti régime encore plus rigoureux. Il doit être évideut pour chacun que notre force qui augmente vàpî-^ dément, nous doimera bientôt assez d'iriiporfànce pour qu'on ne laisse plus^à l'écart nos justes prétentions et nos privilèges , et pour qti'on nous accorde toutes les sûretés qpb'tious pouvions dé-
sirer pour la libre jouissance de nos droits. » Je commençai ainsi une lettre du 6 mai : a Je n'ai pas reçu de vos nouvelles- depuis k a8 je^ovembre. J'espère que mes lettres d« a décembre^ 5 janvier et 3 avril vous sont parvenues. » Ainst donc sur trois lettres que j'écrivis depuis l'envoi que j^avais fait le a décembre de la correspoo^^ dance dont il .Vagif , je fais mention dans deuH que j ai écrit la lettre dans laquelleelleéloit oôn^ tenue, ce qui prouve que je nf'avais nul desseiâ de cacher que j'en fusse l'auteur, et -que par coo4 sëquent l'accusation de l'avoir envoyée anonyme est sans aucun fondement
Dans une lettre du <a juin , j'acoosbûréceptioni de celle dU 24'mar9, et ne pouvant répondre âur-le^champ à l'artièle de cette lettré qui demah* dait la permission de copier cette oorrespdndançr^ je gardai le silence sur ce sujetr^ me réservant d'en parler par la plus proohaitie^kicoasioa^qoe j'attendais deux jours après-'Effectiveteiei^t ie 4^ juin j'écrivis une nouvelle lettre- qui: se tu'mine» ainsi : « Quant amtlettresqiie j^'VMiii'arxxMMAu^. niquéès, je n'ai pu obtenir la permisfluôtiiqu^elle^ soient imprimées; mais^on consent que vousrlès» gardiez aussi long^temps que vous jugatearvtite d'àfvoir les originaux en votre {los^^ession* >» ; \ .
En juillet 1773, je répondis j^insi-quHLsaiJD'àt la lettre du 30 avril : « Eieslettresdcnt je vousrai fait renvoi n'étaient pas uniquement destinées i| satisfciîre la curioàité de qui que ce- fût; mais, j'ai*
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pensé. qu'il pouvait être. utile de les montrer à quelques amis de la province^ et même à quelques personnes du parti du gouverneur , afin de leuc faire connaître sa conduite et sa politique, sans; donner de publicité à ses lettres. Je crois vous avoir déjà mandé qu'il n'est par nécessaire de me les renvoyer promptement ; et quoique je n'aie pu encore obtenir de consentement, à ce qu'il en soit tiré de copie, il m'est permis de vous dire que vous pouvez les lire et les montrer à qui bon vous ^semblera , et à autant de personnes que 1P0US le jugerez convenable j>.
La même personne m'écrivit en date ^u i4 }uin J773[,.dans les termes suivans : oc J ai fait tous mes:efforts.pQUc me conformer à vos instructions relativeinent 5 aux pièces que vous m'avez en- ^«yées. Je< ne les ai montrées qu'aux personnes <lue vouSimJavez indiquées. Le docteur Cooper et un membre du CQmité savent seuls de qui je les l^ea^. J'ai toujours évité de prononcer votre nom çft cette occasion ; de manière que , si vous désirez fue^t»h reâJte seor^t^ il est pQssibla qu'on nç sache jaiiiais qiii les a envoyées et à qui elles ont été adressées ici. En c^ qui me concerne , jai des rai- Hlms pour désirer qu'il ne soit pas question de mon nom; car. cela pourrait m' être nuisible. J'ai pourtant jcru:qu'ilét^it dfe mon devoir de lescommuniijufir , comme vous, in'y autorisiez,: attendu qu'elles traitent d'objets importans et qui intéressent le gouvernement* Et malgré tous mes
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soins et toutes mes précautions , il est maintenant de notoriété publique que ces lettres se
I trouvent ici. Si Ton fait attention au nombre de personnes qui devaient les voir, et qui n'est pas moindre que de dix à quinze , on sera sur- . pris qu'elles n'aient pas été éventées plus tôt ». Il me raconte ensuite de quelle manière l'assem-
, blée en ayant entendu parler , l'obligea de les produire , en l'engageant à ne pas les faire imprimer; que l'impression en fut pourtant ordonnée , l'assemblée ayant été dégagée de sa promesse par la circonstance qu'un de ^^% membres en ayant apporté des copies à la chambre, on dit qu^il venait de les recevoir d'Angleterre.^ Il finissait par dire : « J'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour me conformer strictement aux restrictions que vous m'aviez imposées; mais d'après le détail dans lequel je viens d'entrer , vous devez sentir
\ qu'il m'était impossible d'empêcher que ces lettres ne devinssent publiques , et j'espère que je serai exempt de tout l^lâme à ce sujet j».
Cette lettre fait voir comment , sans que Je nij attendisse , on fit un secret à Boston que ce fût moi qui y eusse envoyé ces lettres. La personne à qui je les avais adressées avait ses raisons pour désirer qu'on ne sût pas que c'était à elle qu'elles avaient étéenvoyées , et que c'était ellequi en avait donné communication. Or, on l'aurait ^upçonnée , si l'on avait su que j'en eusse fait l'envoi. Il fallait donc qu'elle gardât le secret sur cette.
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circonstance ; et pour y parvenir elle fit présenter ces pièces au comité par une autre personne (i). Je répondis àcette lettre, le j5 juillet suivant, ainsi qu'il suit : « Je reçois votre lettredu i4 juin, , contenant des copies des résolutions du comité relativement aux lettres. Je vois d'après le compte
(r) Quand le docteur Fraukliu répondit à la piftiute qui avait été rendue contre lui en la chancellerie par M. Whately , il fit une objection à deux interrogations qui j étaient contenues et qui le requéraient de déclarer de qui il tenait ces lettres , et à qrii il les avait envoyées en Amérique , et refusa de s'cxpltqujer à cet égard. Cette objection fut déclarée inadmissible, et il reçut ordre de faire utie réponse. Sentant qu'en se soumettant à cette, injonGtÎQii il violerai! rp)>ligatiQn qu'il avuif; contractée envers la personne de qui, il avait reçu les lettres , et qu*il nuirait probablement au correspondant à qui il les avait envoyées, il crut devoir retourner en Amérique, et trouva par là lé moyen d'être fidèle à sa promesse. Il parait qu'il agit ainsi par scrupule de confiance^ et il le fit si religveusement qu'on ne sut jamais positivement de qui il les tenait , et que pas. un mot indiscret 'de sa part ne donna lieu aux conjectures qu'on forma à ce si)jetll;n'é(pit pas obligé à un secret aussi rigoureux quant, à la personne à qij[i il les avait envoyées. Il fit donc confidence à un de. ses amis (le docteur Bancrof t , à qui l'éditeur est redevable de cette note ) qu'il les avait adressées à M. CushingV alors président de la chambre dcfs représentans dé ]ifassacbusetts,tivec lequel' il était de son devoir de correspondre , comme agent de rassemblée de cette province* Ce fait est.pvpavé par la. Correspondance prwée de Franhlin , qui a été livréfi à l'impression , et d'ailleurs il n'exi&ta plus aucua motif pour le tenir secret. . .
DE B. FRANKLm ai
que vous me rendez de cette affairé , que vous ne pouviez prévenir ce qui a été fait Quant à ce que Ton a dit que d'autres copies étaient arrivées d'Angleterre, je ne crois pas que cela soit possi-^ ble. C'était un expédient pour dégager la chambre de sa promesse (i). J'espère que la possession des originaux , et les mesures prises en conséquence auront un effet salutaire pour la province, ce qui me procurera unegrandesatisfaction. Je remarque que vous me dites que le docteur Coopér et un membre du comité savent seuls que c'est moi qui vous les ai envoyées. Je ne vous ai jamais prié de garder le secret à cet égard. Je ne doutais pas que cet envoi déplût souverainement , non-seulement aux gens dont il démasquait la conduite, mais même à ladministration en Angleterre ; mais croyant ne faire que ce qu'exigeait de moi ma qualité d'agent de la province, je m'inquiétais peu des circonstances qui pouvaient en résulter. Cependant , aujourd'hui que les lettres ont été
(i) On se croit quelquefois permb d*agir d'une manière iâ* convenante quand on a en vue un but légitime. Cest ce qu'on fit à Boston relativement aux lettres dont il s'agit. Leur im^ pression était jugée de là j[)lus haute importance par les mem- .brei les plus éminens de la chambre des représentans ; on en fit dèncidcfs copies d'une manière qu'il serait diffittté d^ justifier, et feu M. Hancock fut «ngagé à les prodtsiré k, bl chambre dont il était membre « en déclarant qu'elkshii avaier^l^t^^p^oyo^s d'â-n^^leterre^ déclaration qui ne pouvait être vraie. .
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copiées et imprimées, contre^ la promesse que j avais faite , je suis charmé que mon nom n*ait pas été prononcé; et comme je ne vols pas de quelle utilité il peut être au public de savoir que cest moi qui les ai transmises, je désire continuer à garder Yinœgnito, quoique je ne doive guère m'y attendre. Quant à vous , vous pouvez compter que je ne dirai jamais que je vous ai adressé ces pièces, à moins que , pour ma justification , je ne me trouve obligé de montrer votre lettre à la seule personne qui pourrait ci'oire avoir à me reprocher de n avoir pas tenu mon engagement ».
Je répondis dans le même sens et presque dans lés mêmes termes à une des personnes à qui ces lettres avaient été communiquées , et qui me disait ce que trois personnes seulement savaient à Boston par qui et à qui cette correspondance avait été transmise , et que le secret en serait gardé aussi longtemps que je le désirerais ». Lé lo novembre la même personne m'écrivit encore, a Malgré toutes les démarches du gouverneur , me disaitil, malgré les informations que ses amis et lui ont cherché à se procurer relativement à ces lettres, on ne sait encore ni qui les a envoyées ni qui les a reçues. Ce seclret, qui n'est connu ici que de deux personnels et de moi , ne cessera jamais d'en être un , à moins qu'on pe parvienne à se procurer en Angleterre des lumières que j'ai des raisons pour croire qu'on n'a pas encore obtenues
DE B. FRANKLIN. aî
jusqu'à présent. Je ne puis cependant qu'admirer votre honnête franchise dans cette afïsiire, et votre généreux oubli des inconvénîens qui pourraient résulter pour vous du service' important que vous' avez rendu à notre pays ».
Ce que j'écrivis à un autre de mes amis^ le. même jour 25 juillet, prouvera la crainte qi>e? j'avais toujours que l'état exaspéré des esprits ne produisit une commotion suivie de malheurs sans nombre, a J'apprends avec plaisir , lui disaisje , que vous êtes appelé au conseil , et que vous allez prendre part à nos a£faii^es publiques. Vos talens, votre intégrité , votre sage attachement aux libertés de notre pays, seront d'une grande utilité , dans ce temps orageux , pour faire entrer dans le port notre faible barque. D'après* les journaux de Boston , il parait qu'il existe parmi nous des esprits violens qui voudraient une rupture immédiate : mais je me flatte que la prudence de la masse de nos concitoyens verra que la force que nous gagnons ne peut tarder à nous placer dans une situation qui ne permettra plus de nous priver de nos droits; que par des efforts prématurés , nous pouvons attirer sur nous encore un siècle d'oppression ; que de même qu'entre amis toute querelle ne doit pas produire un duel , et qu'entre nations tout différend ne doit pas se terminer par une guerre, ainsi entre les gouvernés et les gouvernans toute erreur de gouvernement , tout empiétement sur des droits
ne doivent; pas appeler la rébellion. A mon avis , il suffit, quânt^à présent, que nous maintenions nos privilèges en toute occasion ; que nous n'en abaixlonnions pas un seul ; que nous employions tous les moyens pour en £aiire sentir le prix au peuple, et queinojus entretenions Tharmouie entre les colonies, dont l'unanimité des sentimens doit leur donner un^ plus grande force.
Nous. devons, noys rappeler que. ce pays protestant, notre mère-patrie , quoique depuis quelque temps mère dénaturée, doit conserver sou existence, et que son poids dans la balance de l'Europe, même sa sûreté jusqu a un certain point, peuvent dépendre de notre union avec elle. En nous conduisant ainsi, je suis convaincu qu'ayapt peu d'années nous obtiendrons pour nos iKiestimables privilèges toutes les sûretés que nous pouvons désirer ».
Il me répondit le 3i décembre :.« Je partage entièrement les sentimens exprimés dans votre dwnière lettre. Aucune personne sensée ne peut songer à adopter des remèdes désespérés , à moins qu'il ne s'agisse ^'un cas désespéré. Le peuple d'Amérique est extrêmement exA^péré par les efforts que fait ^'administration pour le soumettre au ppuvpii* absolu : on l'a amusé en lui parlant des dispositions pacifiques du ministère ; .on l'a flatté de l'espérance que, d'après ses humbles pétitions „ tous ses siijets de plainte disparailiaient :^ il e^ a présenté de temps à autre ^ mais
elles n'ont produit d'autre ^ffc't que de lui fi^ire miem: sentir son esclavage. Au liçu de faire droit à ses plaintes, on a eu recours tous les ans.^ quelque nouvelle manœuvre qpi ne pouvait avoir d'autre but que de l'irriter de plus en plus, La dernière mesure prise par la compagnie des In^ de&, de soumettre à un droit le thé qu'elle en-^ voie ici, semble avoir porté le dernier coup.^ la patience : vous avez sûrement entendu parle]? des mesures prises à Boston, à New -York et à Philadelphie , pour empêcher le payement de ce droit , en renvofyafit le thé à ceux à qui il appartenait; mais comme cel^:était impossible à Boston, la destruction du thé en a été la consé* quence. Dieu seul sait comment se termineront ces commotions : le peuple , dan/s toutes les colonies, parait irrévocablement déterminé à ne jamais payer le droit sur le thé; et si le ministère se décidera soutenir cette mesure par la force, je crains véritablement quil ne &sse de l'Amérique un champ de carnage : espérons des événemens plus beureui^ ».
On m'assure que l'administration possède un grand nombre des lettFes que j'ai écrites ou.re^ çues pendant plusieurs années sur les affaires publiques : elle se les est procurées aux greffes des diverses assemblée^, ou en les arrêtant à la poste. Je ne condamne cette industrie ministérielle, ni nem'en plains; elle peu t. comparer à ces copies les extraits que je viens de^donaec, et
je puis dire avec confiance qu'elle les trouvera exacts et fidèles : elle y verra que le but de toutes mes lettres a été d'engager à la patience; de récommander qu'on se donnât bien de garde de recourir à la violence, quelque sujet de plainte qu'on pût avoir ; d'offrir à ce sujet diverses considérations, disant que la prospérité de l'empire dépendait de Tunion de ses diverses parties ; que le souverain était bien disposé en notre faveur; que la grande masse des Anglais étaient nos amis , et désiraient notre bien ; que le ministère seul était prévenu contre nous ; mais qu'avec le temps les sentimens des ministres pouvaient changer , ou les ministres être changés eux-mêmes; que si ces chances nous manquaient, le temps au moins/uous ferait justice , puisque la force, le poids et l'importance de l'Amérique augmentaient continuellement et dans une progression rapide; que par conséquent son amitié devenait tous les jours plus désirable , et paraissait devoir se cultiver en accordant plus d'attention à ses droits. Les journaux ont annoncé qu'il se trouve des preuves de trahison dans plusieurs.de mes lettres; c'en doit donc être une nouvelle espèce : mais les légistes courtisans ont toujours eu l'imagination fertile pour découvrir de nouvelles trahisons, et c'en est peut - être une aujourd'hui que de censurer la conduite des ministres : je suis bien sûr qu'on, n'en trouvera aucune autre dans ma correspondance.
L'effet que produisirent les lettres du gouverneur sur lesprit du peuple dans la Nouvelle-Angleterre , quand eljes furent connues, fut précisément celui auquel je m attendais et que je m'étais proposé en les envoyant. On vit alors que les sujets de plainte qui avaient occasionné tant d'ani* mosité n'avaient pas pris naissance dans la mère* patrie, mais avaient été provoqués par les mesures conseillées par deux ou trois de nos propres concitoyens. Il en résulta que le ressentiment contre l'Angleterre se calma , et retomba , comme cela était juste, sur la tête de ces misérables qui étaient les auteurs de tout le mal.
La chambre des représentans chargea un comité de. prendre ces lettres en considération, e|; ' d'aprèsson rapport elle arrêta Je 1 5 juin i773,une longue série de résolutions portant en substance que les lettres écrites par Thomas Hutchinson et André Olivier, contenaient un récit exagéré et malicieux des faits qui s'étaient passés; que Les mesures qu'elles suggéraient tendaient à détruire l'harmonie entre la Grande-Bretagne et la colonie de Massachusetts; que la lecture de ces lettres prouvait qu'il avait existé depuis plusieurs années un plan tramé par des gens nés dans le sein de la province, pour élever leur fortune aux dépens des droits et des libertés de leurs concitoyens; que ces gens avaient été les instrumens de l'introduction d'une force militaire dans la province , et qu'ils étaient responsables des malheurs qui