‹ Mémoires sur le comté de Neuchâtel en SuisseChapitre 13 sur 32 · TR . . T . . . VENT . . . M . ENIA . . ST · texte numérisé non relu

TR . . T . . . VENT . . . M . ENIA . . ST

-TIT . . VES . . . AV . . lU

Après avoir copié et bien examiné la susdite inscription, il nous parut qu'on pouvait restituer la majeure et principale partie du texte, sans tordre ni forcer le reliquat; toutefois, par juste défiance denos forces, nous consultâmes les érudits de Bâle et de Genève, lesquels, bien qu'un peu dîffêrens en leurs variantes, surtout au regard des chifires qui indiquaient le nombre des tribunats, consulats et années du règne de Vespasicn, s'accordaient tous à reconnaître en cette inscription un sens génà'al, assavoir que Titus fils de l'empereur Vespasien avait par un grand labeur élevé les murailles d'Avenche avec des matériaux tirés de Noïdenotex. he célèbre bourgmaitreWel«tein de Bàle rétablissait le texte comme suit :

imP . cAES . VeSPAS . auG .

poNT. Max. tlUB. POT. . cOS. Imper. II PP

LAPIDibusNoiDElNOLiceMulTO(velmolesto)LABore

TRacTis aVENTici MoENIA inSTituta(vel înstaurata)

TIT. VESpasiani AVgusti fILIus dedicavit.

Et littéralement : Imperatori Csesari Vespasiano Augusto Ponlifici maximo Tribunilîa potestale Consuli... Imperii . . . Patri Patriae lapidibus Noidenolicemulto(mo-

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lesto) labore iractis Aventici mœma institola (instaurata) Titus Vespasiani Augusti filius dedicaTit,

Sans m'arréter à décrire les variantes de nos doctes, TU qu'ils étaient d'accord sur le fond, j'ajouterai seulement que, sachant le peu d'estime que les gens d'Avenche font de ces choses, n'ayant conserré de tant de monumens que quelques inscriptions mutilées et long-temps abandonnées, j'eus dessein de faire transporter par bateau la susdite inscription à Neuch&tel, mais le baiUif y porta opposition : sur quoi le bon pasteur du lieu nous dit en branlant la tête : « Votre insji cription a bien la mine d'être employée comme plu- » sieurs autres à fonder cave ou écurie. » Certain est-il que dix ou douze ans aj^ès, en ayant pris information à réitérées fois', il ne s'en est retrouvé trace aucune. Quoiqu'il en soit, ce monument nous apprenait que Noïdenolex subsistait au temps de Yespasien , au premier siècle de l'ère chrétienne. Mais en quel lieu était son assiette? C'est ce qu'il faut lâcher de découvrir.

Far toutes les informations prises soigneusement de divers côtés, il me parait certain que tout autour d'Avenche, à plusieurs lieues à la ronde , il n'y a aucune airrière connue qui fournisse des [serres de la nature de celles qui composent la vaste muraille de l'ancienne Avenche, et que les carrières ou mines les plus proches qui ont pu donner les dites pierres avec abondance et facilité, vu la communication des lacs et commodité de transport par bateaux, semblent évidemment avoir été les nôtres. Laquelle considération générale peut bien être fortifiée par certaines c^ervations particulières.

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Je rapportai d'Aveoche trois pierres prises à trois extrémités dîfifêrentes de la grande mitraille, laquelle, pour le dire eu passant, est construite, ainsi que les diva-ses tours placées de distance en distance, avec des pierres jaunes de figure cubique, et assez régulières, travail immense et presque incroyable, vu l'étendue, épaisseur et hauteur des dites murailles et tours. Ayant fait examiner par nos plus habiles maçons et carriers les pierres que j'avais apportées d'Avenche, tous les ont reconnues pour être de nos environs, et prétendent qu'on ne peut s'y tromper. Leurs raisonnemens et allégations- me conduisirent à quelques recherches, par lesqueUes il m'a paru que cette pierre jaune ne se trouve dans sa véritable et plus intègre espèce que depuis Serrières jusque? à Hauterive, faisant la base du coteau borné au nord par les Repaires, le Seyon, de ^ par une hgne qui embrasse le Tertre, suit le vallon de Faky tirant à la Coudre et Hauterive, le tout borné au midi par le lac : non toutefois que le rocher sur lequel tout ce coteau de vignes est assis, soit entièrement le même pour le grain, la quahté, les lits, la dureté et la nuance. Seulement veux-je dire que c'est la même espèce de pierre, bien que sujette à variété, et mémement mélangée par fois de concrétions entièrement étrangères, comme en certaines roches de cailloutage es environs de Vieux-Châtel. Et ce fut pour raison de ces difierences, que mes experts s'accordèrent à dire que l'un des cubes apportés d'Avenche sortait des carrières de Port-Roulant, et les deux autres de la Favarge, par ainsi le premier au couchant, les deux derniers au levant, à la distance d'une petite

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lieue. Car on ne peut douter après examen des lieux, que les anciens bords de notre lac, dans cet espace, n'aient été autrefois une suite de carrières impenses, nomm^entà VEvole etau Nid-du~Cré, lesquelles fermèrent baies, aujourd'hui vignes.

Mais quand bien la vraisemblance que je viens d'indiquer au regard des matériaux d'Âvenche, poiurait être convertie en démonstration, nous n'en serions pas plusinstruitsdela vraie assiette de Noïdenolex. Voyons si certains indices plus particuliers ne pourront point nous y aider.

D'abord, et avant de rechercher l'endroit où était posée cette ancienne ville des Helvétiens, je crois pouvoir dire avec assurance et malgré le sentiment de plusieurs, que cette ville n'était pas là où Neuchâtel est maintenant, vu que la majeure partie du terrain qu'occupe notre ville n'existait pas alors, et ne s'est formée que bien postérieurement avec les matières amenées du Val-de-Ruz par le Seyon , à laquelle alluvion aidèrent grandement ceux-là qui vinrent habiter, ou plutôt se réfugier en ce vilain petit coin : car on peut tenir pour vérité constante que, partout où il y a domicile d'hommes auprès des eaux, là se forme élévation et extension de terrain. Et, pour justifier ce que je viens de dire en parlant des premiers habilans réfugiés en ce lieu qu'on nomma dès lors Neufchâtel, ma pensée est qu'à la décadence de l'empire, à dater des commencemens du 5° siècle, alors que les peuplades du nord, Vandales, Allemands et Bourguignons vinrent tout ravager et brûler en Helvétie, il en advint à Noidenolex, comme à Avenche, à Vindonissa, à Pe-

nesbca, à Bromagus, à Arboo et autres villes des Helvétîens, et que, par telles calamités,^ diverses familles se réiugièreat sous la custode et bonne garde du poste fort que tenaient les Romains sur ce rocher, où nous voyons maintenant le château, la collégiale, le donjon, ks prisons, Bellevaux, et delà par une n)uraille de six pieds d'épaisseur bordant le rocher, ainsi qu'en font îbi les fondemens qui subsistent encore par fi-agmens sous plusieurs maisons, l'enceinte tendait à la Tour de Diesse, à laquelleétaitaulrefoisattachéeuue porte nommée Mala- Porta, dont les vestiges de droite et de gauche «ont encore fort visibles. Et, bien que les nobles et domzels de la famille de Diesse aient donné leur nom depuis plus de trois siècles à la dite tour et appartenances, vu qu'ils y logeaient, il est à remarquer f{ue le commun peuple a continué à l'appeler en son roman tor de la Mala-Porta, tour de la Male-Porte. De la dite tour, la même muraille de semblable épaisseur continuant à border le rocher du côté du levant, ainsi qu'on peut le voir à la cave du grand porche ou maison de G>lombier, tendait vers le haut du rocher sur lequel est maintenant le château. Or, si l'on considère l'éUtt naturel des Ueux et des choses, et qu'on se transporte aux temps antérieurs à l'alluvion sur laquelle se sont étahhes successivement toutes les rues de Neuchàtel, au pied du rocher fort qui vient d'être décrit, on se représentera facilement le dit rocher ou poste fort, comme une véritable presqu'île entre le torrent au septentrion, et les eaux du lac qui le baignaient au midi et levant, jusques aux moulins d'aujourd'hui, en-

droit où le torrent tombait d'une roche dans le lac, oomme il est aisé d'en juger par l'inspection des lieux.

Que les Romains aient eu un fort sur notre rocher, c'est ce que je crois voir indiqué par Âmmien-Mar-^ cellin, sageet judicieux écrivain qui vivait sous le règne du célèbre empereur Julien, environ 5o ans avant que lesBourguignonss'emparassentdel'HelvétieoccidenUde et de la Séquanie. Sans transcrire ici cet historien que chacun peut consulter, il me semble qu'on ne saurait placer plus naturellement le poste dont il parle , que sur notre butte. Sa situation veillait également sur le lac et sur le grand chemin qui communiquait au pays des Séquanois et à celui des Rauraques, lequel grand chemin passait par le Parc, ainsi que je le dirai ciaprès, et était un rameau de la grande route militaire d'Avenche à Vindonisse.

L'établissement de celte forteresse romaine peut parattred'autant plus vraisemblable, que les historiens font entendre que, depuis l'expédition de Csecina sous Vitellius, les Komains construisirent des forts dans l'Helvétie, afin de la contenir par des garnisons, et que ces forts furent multipliés sous l'empire de Probus, afin de garantir l'Helvétie des incursions des Germains.

Si donc il 7 a grande apparence que les Romains tinrent un poste fort sur notre roche (sans parler d'une vieille tour, dont une vieille tradition attribue la construction à l'un des Césars; et qui est la tour des prisons d'aujourd'hui ), il n'y a pas moins d'apparence que l'abri et protection du dit fort, comme je l'ai dit, attira des colons au 5* siècle, peut-être plus tôt, peutêlreplus tard, qui se logèrent vis-à-vis de la forteresse

au lefant, et sur le peiicliattt de la colline que nous nommons Chavarmes, lesquels premiers habilans donnèrent le nom de Neuhourg à leurs habitations, d'aussi loin que nous pouvons en avoir connaissance, lequel nom est bien encore celui que le peuple donne au dit quartier. Et, sans rechercher si le mot Neuhourg doit son origine à la- langue des Celtes ou à celle des Germains, vu que les deux syllabes qui le composent sont également celtiques et allemandes, je me borne à dire quedèslestemps les plus reculés, notre ville d'aujourd'hui a toujours été nommée Neubourg par les Suisses allemands, et Neufchâtel par les Suisses romans.

Ce (jué je viens de dire longuement sur notre ville d'aujourd'hui , peut servir à faire voir l'impossibilité de placer au même endroit l'ancienne Moïdenolex ; et, poussant mon raisonnement plus loin, je dis que> s'il y a dans nos environs une situation fortifiée en bonne partie par la nature , favorablement exposée au bon midi, à l'abri des vents du nord, au bord du lac, au fond d'une anse ou baie dont les deux pointes étaient des rochers; que, si dans le même endroit on a trouvé des antiquités romaines, des monumens qui font mention de Noïdenolex, et si on y voit en grand nombre soit des vestiges d'habitations anciennes, soit des reliquats de mur d'enceinte, un tel lieu peut, ce me semble, être raisonnablement réputé l'assiette de l'ancienne Noïdenolex. Or je trouve toutes-ces choses au Vieux- Ghâtel. Parce nom j'entends la partie du coteau qui, du voisinage du Cret s'étend jusques vers le Nid-du- Crô, et spécialement les petits quartiers ou perchois

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y Contenus et désignés par les vignerons sous les noms Clos-Brochet, TYinquery , Maladière et autres.

Le nom de Yieux-Chàtel donné de temps immémorial à cette partie de notre vignoble, et qu'une tradition constante attribue à une ancienne ville qu'on dit avoir été assise en ce lieu là, puis détruite et abau^ donnée pour faire naître plus au couchant celle deNeuchàtel d'aujourd'hui, ce nom, dis-je, pourrait fournir matière à des raisonnemens assez plausibles, mais nous avons choses de meilleur aloi à observer.

Les qualités et conditions physiques de la situation en laquelle je place l'ancienne Noïdenolex, peuvent être facilementvuesetjugées propres et avantageuses, pour peu qu'on ait connaissance des raisons qui mouvaient les anciens dans le choix de l'assiette de leurs cités. On sait assez que leurs usages demandaient que la nature des lieux fecilitât leurs muraUles et tours de défense. Je me souviens que le bourgmaitre Wetsteïn de Bâle, dont j'ai déjà parlé, fort curieux et bon connaisseur de ces choses, passant ici autrefois, voulut que je le conduisisse à Vîeux-Châtel. Là, après avoir parcouru et bien examiné tout le coteau, et ruminé tant sur les reliquats antiques encore subsistans, que sur divers autres constatés, bien que perdus, desquels je lui fis récit, demeura persuadé qu'il marchait sur les fondemens de Noïdendex.

Essayons maintenant de convertir cette conjecture en quelque chose qui approche tant de l'évidence, qu'elle puisse satisfaire les esprits sages.

Au défimtdes historiens romains contemporains, il faut appeler en témoignage les mcmumens et reliquats.

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J'en vois de deux sortes lesquels, à mon avis, nous indiquent, les uns une cité assez considérable par son étendue, les -autres quelle a été cette cité, en quel temps elle florissait, et quels étaient ses prîncipatix habitans.

Chacun sait, nos vignerons surtout le savent bien, que dans le coteau du Vieux-Châtel , et singulièrement dans les parties nommées Clos-Brochet et Trinquery, on trouve en quantité des charbons , des pierres brûlées, des fragmens de terre cuite fiiçonnée, des morceaux de difiérens marbres étrangers, comme en font foi plusieurs pièces que m'ont apportées des vignerons auxquels J'avais promis le pot de vin. Une chose encore pltis remarquable est ce ^and nombre de petits cubes de diverses couleurs, pohs par un bout, et qui sont évidemment des débris d'ornemens et pavés mosaïques. J'en ai presque une émine pleine.

Les savantes et curieuses remarques du chancelier Hory nous apprennent qu'au siècle passé, on trouvait encore aux environs de Vieux-Châtel diverses choses antiques, singuhèrement des morceaux de différens marbres, assez gros pour y reconnaître les fragmens de chapiteaux et corniches de colonnes, et divers indices de cité de la première classe, ou du moins de la seconde, lesquels indices le persuadaient que Noïdenolex avait été assise au dit lieu. A ce sujet, il faisait entr'autres la remarque suivante, année i6i3, en ces mots : (< Nos pères ont encore vu sur la roche du » Cret bons reliquats d'une grosse tour édifiée au tout )) vieux temps avecque puissans matériaux qui ont » bien servi à foire quays et jettées : par le petit res- » tant qui se voit en un coin, on peut recognoistre la

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paste et couleur du ciment usagé par les Romains. On peut dire le semblable de la tour au bout des roches à Mazel qu'on couvre de terre à cette heure pour y faire de la vigne; ce qui reste sur pied de la dite tour me semblé ^moingner bastant que tel labeur, tel ciment, tels joingts n'ont eu pour auteurs ni les bons Helvétiens contraints par César d'aller restaurer leurs villes et boutades iM-uslées, ni les grossiers Germains, Boui^ignons ou Francs^ mais les Romains, à compter depuis Vespasien jusques v^s l'an 4oo de nostre Seigneur, temps auquel les dits Allemands vinrent tout 'bouleverser. Une tournon moins ranarquable étaiî^^s^se sur la roche du Niddu-Crô, et si épaisse ét'%pacieuse que la majeure partie de l'église et hospice de la Maladrerie y attenants, ont été construits avec les matériaux de la dite tour, ce qu'on peut facilement recognoistre par conirontation avec le coin restant, lequel indique la mesme main, mesme paste et couleur de ciment, mesme beauté d'œuvre qu'en la Roche de la ToUr à Mazel et en celle du Cret : et semble-t-il dhs les deux siisdites tours faisaient les deux bouts de la vieille ville du côté du lac, et gardaient sa plage et abordage; aussi la tour sur la roche du Cret, alors » isle ou approchant. »

Le sentiment du chancelier Hory était que les murailles d'enceinte et de défense embrassaient en demicercle le dit coteau par la crête qui le sépare des Fahys, en telle sorte que lès deux extrémités du dit demi-cercle aboutissaient aux tours ci-dessus, à savoir celle du Nid-du-CrÔ au levant, et celle du Cret au cou-

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chant. U alléguail en peuves « les reliquats et fonde- » meqs trouvés sous terre en plusieurs endroits, dé- )) signant assez la forme et ligure de la dite muraille .» de ville , si épais^ et ses grosses pierres liées avecque » si bonciment et mortier, qu'on ne peut en avoir sans » briser le morceau.de pierre attenant, quand bien le w dit ciment est en terre depuis 1 4 ou 1 5 siècles peut- » être , car à mon sens on ne peut avoir double aucun « que tel ouvrage ne soit romain. Je ne puis dire le » s^nblable des reliquats de tours et murs qu'on voit M SOT la creste de la colline, lesquelles murailles pour » l'épaisseur , le ciment et les matériaux ne valent les » précédentes. A quoi il pe|!lt étreresponduquela dite M muraille n'ayant servi ^'à faire couronne sur des M rodiers non bien accessibles par dehors , conmie cha- » c,nn peut le voir le long des-clos de Fahj, n'avaient » besoin d'être de si grande force, etc. »

Lesquelles observations et remarques peuvent bien Ëtire penser, mesmement persuader qu'en ce coteau fut jadis une ville d'importance. Voyops maintenant sur quflf jiiODumens et témoignages nous pouvons raisonnablement fonder la créance que la susdite vieille ville était Noïdenolex.

On voit çncore aujourd'hui à l'angle du bâtimeitl de la Maladière , du côté du levant, une inscription sur une grande pierrç de roche du Jura ou marbre bâtard ; la face écrite a été polie, et par deux fragmens d'astragale on peut j^iger qu'elle était bordée d'un ornement. Or le sentiment du chancelier Hory était que la dite inscription provenait de la tour du N id-du-Crô tout attenante, à laquelle tour avait été appliqué ce monu-

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ment en l'honneur du bon empereur Alexandre Sévère, k dite tour peut-être ayant été construite ou réparée alors. Quoiqu'il en soit, l'inscripticHi bien qu'ébrécbée, gâtée et fort usée maintenant, peut toolefois encore être lue et entendue, dumoins en majeure partie, tout et ainsi que le chancelier Hory la lisait, il y a 70 ans, en ces mots :

Imperatori Cœsari AUxandro Severo Augusto

Pondfici Maximo Tribumiia PotesteUe ConsaU

secundum, ou tertium, felicitaiis publicœ Restitulori Patri Patriœ Noîdenolex (sous^ntendant, comme en plusieurs inscriptions qu'on voit en Italie, ces mots : hoc monumenium posuit ou seulement dedicavit.

Un chacun peut confronter la pr^nte restitution ■ ou explicati<m avec le restant du dit monument. Ceptain est-il que le bourgmaîlre Wettstéin de Bàle tw trouva bien naturelle et correspondante aux signes re»tans. Je me souviens qu'il trouva les caractères fort beaux , et qu'il dit : « Us sont du bon tem^. » ■

En 1617 fut trouvé en terre, au pied de la monticule de roche qui est en bise du petit chanih de Cios- Brochet, une inscription presque entièrement intègre, sur beau marbre blanc jaunâtre. Le chaoccHer Hory ' fit transporter le dit marbre en sa maison rue du Château, et enchâsser dans le mur du vestibule, tel et ainsi ' qu'on le voit à l'heure d'à présent. La dite inscription peut facilement être lue, malgré les abréviations usagées par les Romains, et qui se trouvent eA la 5* et 4° ligne; pour peu qu'on se connaisse en ces matières, on .lit le dit marbce comme suit, ce que .chaque cu- ^iç^x-pçut .comparer; ,r 1 1 i-

jovi

Et Diis Peoatîbas

Piiblius Marcius bfiles Veteranm Legionis XXI

Civiiun Noidenolicis Ciurator, DuumTÏr Designatns

D S D (de suo dédit ou dedicavit. )

Le seigneur de Mirecour et chancelia- Hory était persuadé que sur celte monticule il y avait eu un temple au temps des Romains, et que la dite inscription indiqueit un ex-voto de ce Fubl. Marcius : il fondait sa créance sur les fragmens de di£fêrens marbres étrangers que les vignerons trouvaient souvent autour de la dite monticule; entre lesquels fragmens plusieurs lui semblaient être des parties de colonnes et d'autels, à cause de certains reliefs et ornemens qu'on y remarquait. Le boorgmaitre Wettstein jugea par les caractères que cette inscription était aussi des premiers siècles de notreère. En effet, Tacite nous apprendque la 3i" légion séjourna dans ce temps-là en Helvétie, et plus ordinairement à Vindonissa.

H mesemblequ'au moyen des deux monumens mentionnés oi-deasus et que chacun a sous les yeux , on pourrait déjà raisonnablement croire'et'dire que l'assiette de l'andenne Noïdenolex nous est connue, en faisant attention à la fois aux autres vestiges d'antiquités de diverses sortes ci-Jevant indiquées, tant au r^rd des tours et murs d'enceinte qu'au regard des marques d'habitation et de luxe de cité , lesquelles indications peuvent être fortifiées par d'autres encore, non moins curieuses, et que je vais rapporter.

Dans hi ruelle qui aboutit au Clos-Brochet par dessus , on voit à cette heure au jambage d'une vîeille^porte

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une p(»rtion d'inscription ancienne sur une pierre blanchâtre, rompue et nuitiKe, laquelle pierre me paraît «Irangère, pour, le grain et la couleur; les caractères qui. subsistent sont les suivans :

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