ULRICH I", TIGE
On peut voir en la première partie de cette notice ce que j'ai dit sur ce sire de Neuchâtel, le premier dont on ait connaissance. Le cartulaire de notre collégiale, cité par le chanoine Baîllods, le nommait /)ominu^ Novi-castri,Fœnui, ffassemburgi etc. TJnancien manuscrit du chapitre de Bâle dont le bourgmaitre Wetts-
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teio m'a fourni note, confirme ce que dessus en parlant de Burckart de Neuchàtel, élu évèque de Bâle en l'an 107a, lecp.elestDommêRudolphidominidenoi>o Castro ad nigras montes f rater. De plus il est dît que Burckard, après la mort de son père Ulrich, avait en pour sa part la seigneurie d'Hassembourg qu'il remit et attacha par donation à Tévéché de Bàle.
Le cartulaire de Lausanne corrobore cette filiation en rapportant que Cuno , appelé par d'autres Conrard oa Conraud, élu évèque de Lausanne l'an 1090, était frère de Burckard évéque de Bâle, et de Raoul ou Rodolphe dominus novi castri super lacum. Le ' dit cartulaire, ensemble celui de notre collégiale, nous apprennent que ce Cuno de Neudiâtel, évéque de Lausanne, fonda les abbayes de Cerlier et de St.-Jean sur les terres qu'il avait eues en partage après la mort de son père Ulrich, et qu'il en remit la commande ou avocatie à son fi-ère Rodolphe, sire de Neuchâtel. Ce Cuno dota richement l'abbaye de St.-Jean par la collation des églises du Landeron, Diesse et Lignières, la dixme sur la montagne de Diesse, la donation du village et mont de Chules, ainsi que du vallon de Voensj origine de la collation des Bernois sur les dites églises depuis le marché certes tout étrange, et le prétendu abandon perpétuel que leur fit de cette abbaye notre pauvre dame Jehaune ; sur quoi j'ai déjà sufiisamment dit ma pensée en. la première partie de cette notice.
Il est donc, ce me semble, suffisamment prouvé que Ulrich, sire de Neuchâtcl, au milieu du 11' siècle, eut trois fils connus, dont l'alné, Raoul ou Rodolphe
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lui succéda en la seigneurie de ce pays. U est également pronvé que les deux cadets, quoique d'église, eurent part, toutefois non coQsidérable,àrhéritage de leur père Ulrich. Mais relevaient -ils pour le dit héritage de leur frère aîné Rodolj^e , chef de la maison ou chezaul de Neuchâtel? tenaient-ils de lui à. foi et hommage les t^res qu'ils avaient eues en partage de famille? le droit de retour était-il un attribut de la branche aînée?Questions curieuses et importantes dont j'ai déjà examiné le pour et le contre tout- à -l'heure en l'avant-propos.
Le chanoine Baillods n'indique ni l'année de la mort d'Ulrich l", ni la femme de ce comte. Et au r^ard de la vie et administration de ce premier sire connu, il dit. seulement que le vieux missel Élisait honorable mention des soins et peines qu'Ulrich se donna pour réparer tes désastres de la ville de Neuchâtel, assiégée deux fois en moins de huit mois, alors des guores pour la succession du royaume de Bourgogne, après la mort de Rodolphe III dit le Fainéant; sur quoi on peut consulter les historiens et chroniqueurs dénommés en la première partie de cette notice, singulièrement Othon de Frisingen.
Il ne faut s'étonner de si petite lumière sur la personne et le règne d'Ulrich I", vu qu'il avait sa demeure, non à Neuchâtel, mais en son grand ^ fort château de Fenis. Sûr est-il qu'il ne fît grands dons aux gensd'église,sansquoiiIauraitétégrandementlouangé. IHsons aussi qu'en toute l'Helvétie, le ii* siôcle est le plus pauvre en documens.
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RAOUL OU R(H»DLPU]B I",
DEVXliMS COMTE.
( 1 073. ) Bien que le chanoine Baillods ne dise pas en quelle année Kodolphe succéda à son père Ulrich, nous savons du moins par l'article du manuscrit de Bâle, rapporté ci-dessus touchant l'évèque Bourckard, qu'en 1072 Rodolphe, fils d'Ulrich, était dominas de Novo Castro ad nigras montes.
Dans les manuscrits de notre collégiale, au rapport du même chaRoine Baillods (sans désignation spé^de du cartulaire ou du vieux missel), on lisait que le comte Rodolphe se lia de grande amitié avec le recteur Ber^ thold, due deZehrîngen. Ainù commencèrent ces liaisons qui se perpétuèrent de père en fils, à la juste louange de nos sages et bien avisés sir^. Car il résulta des dites liaisons que nos comtes, bien que dépendant des ducs recteurs, agirent toutefois comme s'ils n'en eussent pas dépendu, n'apparaissant nulle part que les dits ducs recteurs aient exigé des comtes de Neuchàtel les devoirs de féauté.
Rodolphe avait sa demeureordinaire en son château de Fsenis ; il vint plusieurs fois à Neuchâlel pour presser le parachèvement des murs et tours d'enceinte de la ville, le tout environné, d'un fossé qu'il ordonna bien plus large et profcvtd que devant. I^a ville qu'il fît cons-