‹ Mémoires sur le comté de Neuchâtel en SuisseChapitre 17 sur 32 · II · texte numérisé non relu

II

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truire, était {M'incipaletnent le Newbourg, qui ne comprenait alors que la partie nomméeencore aujourd'hui Neiihourg avec les Chavannes, ainsi qae la rangée septentrionale des maisons de la rue de l'hôpital et de la grand'rue, laquelle rangée est assise au pied de la montagne. Et comme telle étroite enceinte ne pouvait contenir tous les habitans de Newbourg, un grand nombre avaient construit des demeures au pied des murs de la ville haute ou chastel, du côté du levant, là où sont de présent les jardins et partie des maisons de la rue des moulins d'aujourd'hui. CequartierétaitséparédeNeubourg par les eaux du lac, qui s'étendaient alors jusques à la cataracte nommée îe Gor, où sont maintenant les moulins; lequel quartier était fermé au couchant par une forte muraille descendant du chastel au Gor. Toutefois si petite assiette, tant de Neubourg que du' quarti» sus-indiqué, ne pouvant suffire à loger tant de monde, il y avait comme trois faubourgs, l'im au couchant du chastel , en dehoï-s de \a parle des dames, que nous nommons aujourd'hui porte du château; l'aolreau pied du chastel , du côté dejoran, en dehors éa la muraille aboutissante au Gor, en ce lieu nommé l'Ecluse, là où se voient à cette heure des jardins et vergers ( le troisième et le plus considérable était au levant de Neubourg, en dehors des murailles et fossés de la ville. Tous lesquels pauvres faubourgs ne contenaient que chétives cabanes ou maisons de bois, là où logeaient les moins commodes habitans, lesquels ne Élisaient grande dépense à construire leurs demeures, vu le danger à, tout coup d'être assaillis et brûlés en ces.rudfls- temps de guerres continuelles; et tel cas ave-

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-9ïnant, ces pauvres gens pliaient prestement bagage, et se réfugiaient au dedans des murailles> les uns dans Neubourg ou au quartier sous le chastel, les autres au cliastel même, dans les mooa^ères ou dans le cloitre de k collégiale; car la ville haute ou chastel dont j'ai décrit l'eiweinte en l'avant-propos, ne contenait personne du peuple. Là était le logement du comte es prisons d'aujourd'hui, les maisons de ceux du chapitre, le couvent des mbinés blancs, «lui des ÏIrsulines; et toute la partie inférieure, depuis Bellevaux jusques à la Mala-Porta, que nous nommons encore ainsi , et de ^ en remontant , était occupée , voire ùaàe de logemens appartenant aux nobles féotîers, lesquels accouraient en ce commim asile avec les hommes royés, pour y faire bonne défense, si danger de guerre apparaissait, ou fmtr«nent, au premier commandement du comte. En ce coinoù la grand'rue et celle de l'hôpital se joignent maintenant, était alors une énorme tour en fa<ïe de la Mala-Forta et tour-de Diesse. Or, depuis la dite Male-porle, on descendait le rocher taillé en marches d'escaliers jusques au bord du lac, au lieu nommé de présent Croix du marché, alors bien plus bas que le pavé d'aujourd'hui. Là se trouvait le p<mtbnage avec grands et petits bateaux, pour papier à Neubourg vers la grosse tour susdite, conune aussi de Neubcmrg au chastd ou forte et haute ville. En telle sorte, ainsi que j'en ai déjà fait mention en mon avant-propos, que le lac s'avançant autrefois jusques au fond des moulins de présent,- la rue qu'on voit là maintenant, le Ut actuel du Seyon et partie de la grand'rue formaient imeanse et bon port, à L'abri de tous vents, entre les deux quar-

tiers, et dont l'entrée était bien gardée par les tours correspondantes de Neubourg et Male-porte. Laquelle description est tirée du manuscrit de mon guide judicieux et sage, le chanoine Jacques BaiUods.

Rodolpbes'aigageadansunecroisade en Terre-Sainte l'an 1096, avec la plupart des grands seigneurs des pays adjacens. Avant son départ, il remit l'administratiofi des aË^ires à Ulrich son fils aine, et fit donation au chapitre de Neuchâtel du droit de péage à Pontareuse, et de plusieurs pièces de terre à la Favarge. Il mourut bientôt après son retour d'Orient où il avait ruiné sa santé. Un service fondé dans l'église de Notre- Dame de Neuchâtel l'année 1100, par Ulrich pour le repos de l'âme de son père Rodolphe et de celle de Glotilde sa mère, est tout ce que le chanoine Baîllods a trouvé-dans les manuscrits du chapitre touchant le temps, à peu près, de la mort de Rodolphe I", et sur sa femme dont le nom de baptême seulement nous est indiqué. Mais il raf^rte un trak digne de remarque, lorsqu'il dît que Rodolphe ordonna que son fib aine Ulrich lui succéderait en tcAis ses dtunaines, se contentant d'attribuer une modique dot en argent à Berthold son fils cadet, qui était d'église, d'abord au chapitre de Lyon, par après en celui de B&le dont il occupa le siège dans la suite.

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TROIBIÈHBCOKTB.

Selon le manuscrit de Bâle, ce comte lit de grands et inutiles efforts pour soutenir Bourckard, comte de Neuchâtel, son oncle, sur le siège de Bâle. Il s'était élevé des brouilleries dans le chaptre par cabales de certains chanoines, que soutenaient des seigneurs de la Haute-Alsace, alors nommée Sundgau. Ceux-ci, voisins tufbulens, avaient eu souvent maille à partir avecleprélalqui, élant d'humeur altière et guerroyeur, ne les avait pas marchandés. Ulrich n'ayant pu parvenir à moyenner paix et concorde à l'amiable, en feveur de son oncle et féotier, dît le chanoine Bailkids, résolut de l'aider à main armée : mais Rome s'en mêla et ayant menacé d'un interdit notre comte Ulrich, l'évêque Burckard de Neuchâtel iut finalement déposé.

(iiiS.) La grande a&ction d'Ulrich II pour une sienne sœur, dame supérieure des Ursuhnes de Neuchâtel , le détermina à venir y fixer son séjour, tout k côté du moDastère, oii sont maintenant les prisons, lesquelles étaient le chastel d'autrefois. Diverses compilations qu'on nomme histoire, comme celles du mattrebourgeoisde Thielle et du maire de la Brévine, Samuel Chambrier, assurent que le comte Ulrich se relira à Neuchâtell'an iii8,ensmted'untremblementde terre, qui avait renversé son grand et beau château de Fœnis.

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J'ignore sur quelles autorités repose cette assertion. Bien est-il vrai que, selon plusieurs écrivains suisses et allemands, un terrible tremblement de terre ruina vers ce temps-Ui divers châteai^ de llJchtland, partie de l'Helyé^e jà décrite, ce me semble, en la première partie de cette notice.

U ne faut certes s'étonner si le bon Jacques BaîUods témoigne un si grand contentement, en traAscrivant de dessus les manuscrits de notre collégiale, les choses suivantes. Il dit qu'Ulrich U, après-avoir établi sa demeure à Neuchâtel,' et voulant gagner l'affection des habitans de la ville basse ou Neubourg, ensemble leur bailler courage à relever le bourg si souvent assiégé, saccagé, brûlé naguères, allégea grandement leur dure emidition.

Premièrement, le seigneur comte renonça au droit de rude bâton , par lequel il pouvait enlever et feire sien le cheval de son sujet, ou telle béte à cornes qu'il lut plaisait (soit aux officiers préposés par lui), de toucher avec le bout d'un bâton. 3° Il les affranchit de V assujétissement à la glèbe, moyennant toutefois qu'ils ne sortissent pas de ses autres pays et domaines. 5° Déclaration que ceux-là qui bâtiraient dans Neubourg maisons en pierre à leurs dépens, seraient, eux et leurs descendans mâles, tant qu'il en resterait, jouissans emphytéotes des dites maisons, lesquelles seraient franches, tant qu'il n'y aurait lieu à retour par extinction de race. 4° Concession gratuite des graviers assis au pied, tant de la haute que de la basse viUe, à ceux qiu bâtiront maisons en pierre, avec même franchise que dessus : à quel effet le comte Ulrich fit prolonger

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le mur d'enceinte vers St.-Maorice d'aujourd'hui, là où était pour lors le bord de l'eau, avec largeet profond fossé aulevant, le toutàses frais. 5° Pour mieux avancer son beau dessein, ce prince, certes tout sage, octroya certains privilèges, vrais droits de bourg, auxhabitans de sa ville capitale, iemjadsHtitTadebia'genses, bourgeois. Par l'octroi, les dits bout^eois acquirent le pouvoir d'élire Aonue preud hommes , dont deux appelés ministrals étaient che& de ce collège, lesquels ministrals et preud'hommes furent chargés de régenter bon ordre et police en la ville, selon règles à eux baillées. Far le même octroi, la garde et custode de Neuhoui^ fut remise aux bourgeois; partant tous pouvaifint^devaieut avoir armes et accoutrement de gens de guerre, «t comme tels , être commandés et conduits par l'undes ministrals, dénommé Cen/u/-to minùtraUs, toutefois sous suprême autorité du seigneur comte, ou de son castellan, tant au regard de la police que des armes. Toutes lesquelles choses furent ainsi baillées et oclroyées le lundi devantla fête de la nativité de riotre Seigneur l'an iii3, les chanoines de la collégiale à ce présens, et nommés-gardiens d'icelles. Telle fut l'aurore du beau jour d'mtière liberté , qui luisit sur Neuchàtét au siècle suivant, sous un autre Ulrich.

Lecomte Ulrich II mourutàNeuchâtelau mois d'août de l'année 1 1 Sa, laissant trois fils d'Anne deKybodrg, sa femjne. Ensuite i^ partage par lui ordonné, son hls aîné Raoul ou Rodolphe fut comte de Neuchàtel.: le second, Mangold, fut comte de Nidau et de Stradïerg, dont dépendait la v(lle de Buren et sou territq^e; et le troisième, JBerlhotd eut le Val-do*- Rui; et les montagnes.

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Ici le chaDoine Jacques Baillods t^oigoc sa surprise fie ce que les anciens manuscrits de la collégiale ne faisaient nulle mention de la relevance des deux frères cadets , étant persuade qu'ils lenaientleurs terres à foi et hommage du comte de Neuchfttel, leur frère aine, chef du chezaul ^ auquel, dit-il, la dominanee et droit de retour appartenaient iocontestahlement. 11 ne peut y avoir doute aueunàrégard de BerthoW, seigneur du Vaux : les faits ont toujours assez prouvé la dominance et droit de retour du comte de Neuchàtel sur cçtte seigneurie. Quant aux comtes de Nidau et de Sirasberg, comme ausâ à l'égard delà baronnie de Hassembourg, on peut consulter le mémoire très-curieux et fort savant du chancelier Jean Horj, au regard des droits du prince de Neuchàtel sur tous tes anciens domaines du chezaul ; auqud mémoire j'ai joint mes observations, quelqu^is contradictoires , vu que le frottement produit parfois feu et himière.

Remarques. Lorsque le chanoine Baillods, en parlant de Burckard de Neuchâtel, évéque de Bâle, l'appelle féotier, c'est<i-dire, vassal du comte Ub-ichllson neveu, il suivait le texte des anciens manuscrits de notre collégiale. Mais d'où provenait cette vassalité dif prélat? Comme seigneur temporel de l'évéché, il ne relevaitnuHementducomtedeNeuchât«l. Etait-ce pour la baronnie de Hassonbourg, qu'il avait eue à sa part delà succession d'Ulrich I" son père? Ou bienlenaît-îl quelques fonds, cens ou dixmes en fief-lige du are de Neufiiàtel? C'est ce que je ne puis apercevoir nulle part un peu clairement. Or, il m'a paru nécessaire d'avertir celui qui voudra quelque jour être l'historien de

«e pays, que le manuscrit de mon kBorieux et ihteUFgeot guide, que je tiens en original et dont je fais grande estime, indique assez que le sentiment des anciens écrivains du chapitre fut toujours que les fils cadets de DOS comtes relevaient du sire de Neuchâtel pour les terres et domaities à eux échus en partage, de l'estoc du chezaul. Et, comme celte question est hien importante, et certes fort ardue, à ment s«>s, je conseille à rhistorienden'embrassertelleou telle opinion, qu'après avoir mûrement étudié la matière, habilement traitée par le chanceher Hory en son écrit susmentionné, mêmeiiwntdéjàwnpeuconsidéréeicienravaDt-propos.La copie fort exacte que j'en ai tirée mor-m^e, contient aussi mes propres (Aservalions parfois critiques, comme je l'ai dit plus haut. Tous lesquels manuscrits et notes d'anciens cartulaires à moi fournis, sontenmes mains, comme outils qui pourront servir utilement à quelque sage et bonne plume.

a" Quand on voit le comte Ulrich II ainsi agir et régenler de son propre mouvement, tout au commencemeot du 12* siècle, on peut conclure qu'il avait une honnêteté, mariée à un bon cœur. Il fallait certes, que ce prince eût l'esprit bien sagace pour apercevoir son propre avantage dans celui de son peuple, malgré les lénèlffes de son temps et l'empire de la coutume. On sait assez que sous le monstrueux régime féodal, un certain nombre d'hommes, assavoir les gens d'armes et ceux d'église, traitaient la multitude des hommes leurs semblables comme vraies bêtes de somme. Toutefois les uns et les autres étaient dirétiens, ou soi-disant. Voire les principaux prêtres de l'élise du Sei-

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goeur, érégaes ou abbés, n'étaient les da-niers en ^ méchant ménage, agissant la plupart non en pastairs, maiseu loups. Parlant, cette première lueur de liberté, toute iaible encore, que fit apparoir le sage Ulrich II, est un réjouissant spectacle pour l'homme de^ bien, vu qu'il aime tous les hommes, parce qu'il les regarde tous comme ses irères. Ces premiers signes d'afiranclUssement, font assez connaitre la pesante servitude qui accablait alors les habitans de la ville, tous mcvtaillables, sauf, bien entendu, les hommes royés et lesgens d'église, deux classes qui jouissaient seules de k prérogative hmuaine, ainsi que je l'ai remarqué plus au long en l'avant -propoç. Or, si telle était la condition de ceux de la ville , on peut juger de celle des habitans de la campagne, pauvres malheureux dont le sort était bien moins propice que celui des palefrois de leurs tyrans. On a peine à se persuader qu'en la majeure partie de notre Europe, qui toutefois se disait chrétienne, des hommes aient pu dégrader à tel point d'autres hommes, çt que l'ordre naturel des choses soit resté ainsi totalement boul^ersé, durant tant de sièdes, par la tyrannie féodale, au mépris de la confralemilé évangélique, de la volonté du ccéateor et des droits de la créature. Il n'est certes que salutaire et bien utile de garder bonne souvenance de ces choses, à celle fin de mieux savourer le bonheur public et particulier de notre condition présente, la plus privilégiée qui soit à ma connaissance.

3° Il ne faut s'étonner qu'au i a" siècle encojre, le lac s'étendit jusques au fond de la baie où sont les moulins à cette heure;, et que depuis ce temps le Seyon aitbi«n

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phus {H^mptemeot charrié assez de t^res et graviei^j pour y asseoir maisons et ntes nouvelles, dès le foiut de la dile baie jusques et comprise la place des Halles, au bout de laquel^ j'ai conunencé un nouveau quartier en faisant bâtir la maison de l'angle. Or, ce lût principalement depuis les défrichemens du Yal-de-Ruz , commencés peu d'années après la mort d'Ulrich II , que le Sejon amena force matières ; car, tant qu'il arait été couvert de bois, le terrain bien retenu par la multitude des arbres et de leurs racines, ne se dégravoya que petitement; mais une fois les terres du Vaux nettoyées de bois et de broussailles, elles vinrent successivement et en plus grande abondance combler la baie, et de proche eu proche fournirent du foud à construire maisons les unes après les autres, et former des quartiers neufs, mais sansnullerègle, sdonla coutume duvieux tenips, ainsi que le témoignent toutes les vieilles villes. Par ce moyen se joignirent enfin le cbaslel et Neubourg , la haute et la basse ville , pour n'en faire plus qu'une.

4° Il convient d'observer que les terres qui formèrent une seigneurie à Berthold, n'avaient pas l'étendue de celles qui compoaèrent dm^s la suite la seigneurie de Valangin sous la mais<» de Neuchàtel-Arberg. Berlhold ne possédait que la partie du Vaux qui est au JOTan ou sq^ntrÎM» du Seyon, avec les montai gnes du dit côté. Valangin pour lors ne consistait qu'eu quelques chétives cabanes au pied d'un donjon dans lequel étaient logés Une couple d'hommes royés pour la sâreté des passagers en ce coupe-gorge. L^ château et le boui^ qu'on y voit maintenant, ne fu-

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fiirent construits qu'après, et par pièces, l'uu en un lemp asseï loin de l'autre. Toutefois il convieot, pour mieux s'entendre, de parler le langage reçu dans la suite, et de donner déjà à Berthold le titre de seigneur de Valangin.

BOPOLPUE H,

QVATRIÈHE COKTB.

(tiSa) Selon les reniarques politiques et historiques de notre savant chancelier Jean Hory, le comte Rodolphe II eut idée, comme dominus et chef de la maison, de distinguer son écude ceux de ses frères, domicelli, distinction qui n'eut lieu toutefois qu'au Mèclesuiyant. J'en ai dit un mot au prélude de cette seraude partie. Mon guide, le chanoine fiaillods, transcripteur des anciens manuscrits de la collégiale, ne dit pas que Rodolphe II prétendit retenir seul les trois pals de l'écu de Neuchâtel , et que ses frères n'en portassent qu'un : mais il dit seulement que le comte Rodolphe chargea chaque pal de trois cherrons d'argoit, par quoi il se distingua tout égalemait. Ken que par là il montrât un certain montant pour choses, à nos yeux, de petite importance, il ne faut oublier que les grands seigneurs et chevaliers d'alors faisaient estime non pareille de leur écu, comme signe disrinctif dont ils étaient grandement jaloux. Aussi ce prince sut-il s'occuper en même t«nps de dessein sageset véritablement {H^iitables.

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(iiSô.) £n homme d'état, ensemble ai bon irère> Foyant que la vallée et les montagnes é<Jmes en partage au jeune Berthold, étaient en majeure partie cou-^ vertes de bois et broussailles , il se chargea de mettre la dite terre eu m^eure valeur, à ses frais. Pour cet effet, il ordonna des déirïchemens en plusieurs lieux de la vallée où il fit construire divers hameaux; tous lesquels travaux ayant bien réussi, et voulant [wocurer à son frère, sàgneur du lieu, une résidence honorable, il fit jeter les fbndemens d'une ville non de grande étendue, mais forte et Iwen placée, qui reçut le nom de Bofme-^ille , située non bien loin d'Eogolon , comme en font foi les ruines encore existantes, (i i45)

Et comme la vallée, et moins encore les montagnes d'icelle n'avaient des habilans pour peupler la viUe et les hameaux construits, le comte y envoya de ses propres hommes avec femmes et enfens qu'il lira de Boudry, Colombier, la Côte et Landeron, sous la réserve toutefois de pouvoir retirer le même nombre d'hommes, quand Berthold s'en serait procuré, ou quand œux-^ que le comte lui avait fournis , auraient suiBsamment multiplié. Âinsis'exprimaitle seigneur du Val-de-Kuz dans un acte de reconnaissance ou reversai de l'an i i5a, au rapport du chanoine Baillods. Sem-r blable marché est la vive peinture des mœurs du i a" siècle : parlerait-on autrement de nos jours, quand on se prêterait des chevaux ou chiens pour en avoir la race? De.cette manière fut fondée, construite et peuplée la Bonne-viUe par le comte Rodolphe U au profit de Berthold, son frère et vassal, seigneur du Vaux ; et, après (^ladite ville eût été fortifiée par tours et.murs

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d'eDCeinte arec bon fossé, le cdrate de Neuchàtel y «lit un castellaA pour y maintcaHr bon ordre, s'élaot réservé de nommer au dit office.

Rodolphe eut grand soin de s'entretenir en liaisons étroites avee -les ducs recteurs, Conrard et Berthold, père et fîb, et se ménagea si dextremrait, qu'il put rest»" neutre en la guerre entre le duc rectenr et Renaud de Bourgogne, au bon gré d'ambes parties. En cpioi, certes, il se montra plus habite et sage qu'en iàrorisant par ses largesses la fondation de l'abbaye de Fontaine-André, ordredeSt.-Benoît, auVal-de-Ruz, croyant avancer par là le bien et profit de la vallée qu'il venait de rendre vivante. C'était la maladie qui affligeait les esprits d'alors. Les dits moines ne manquèrent pas de se faire donner dans la suite de quoi venir se camper en lieu plus propice, auprès des vignes. Sans doute qu'il donna pareillement des mar-* ques de sa dévotion aux chanoines de la collégiale de Neuchâtel, puisque leur caitulaire louangeait tant ce prince.

(i 164) Le comte Rodolphe il laissa deux fils de sa femme Adélaïde, dont on ne nous dit pas l'extraction. L'aîné, Ulrich succéda en la comté j Berthold, le cadet, eut pour son partage Valmarcus, Gorgiet, Bevaix, Colombier, Rocbefort et Cormondrèche en fiefs-lïges. Ce Berthold, dévoué aux moines, prépara par ses largesses les fondations de l'abbaye de Bevaix et da prieuré de Corcelles, qui eurent lieu dans la suite.

Certains écrivains, tels que Stumpf, Hafner, f^urs~ titius et autres, en parlant de ce partage , assurent que Uliich, avec la qualité de comte de Neuchàtel, eut

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(outes les terres allemandes, Fœnis, Nidau , Slra^r j, Cerlier, etc. , et que Berthold eut les terres romandes au coucliant de la comté. Quant au dernier , ils disent bien; mais ils sont en grande erreur quant au premier, vu que, par la disposition d'Ulrich II> l'an 1 1 Sa, lescomtés de Nidau et de Strasberg étaient déjà échues en partage à Mangold de Neuchâtel, et la seigneurie de Valangin à Berthold, comme on peut le voir ci-deasvs. Je ne vois que fautes pareilles en la plupart des écrivains.

, Il est à propos de suivre, autant qu'il sera possible, la descendance des branches cadettes du chézaul ou maison de Neuchâtel , chose propreàjeter parfois quelque lumière.

HIDOV OV HIDAU.

Environ ce temps, Mangold de Neuchâtel, premier comte de Nidau, laisse deux fils, Louis comte de Nidau, et Ulrich comte de Strasberg.

■ Berthold de Neuchâtel, premier seigneur de Vafemgin, laissa deux fils, EberJmrt, qui lui succéda en I i6i ; Nicolas, qui périt en la crcàsade de 1 1 yS , sans laisser de postérité.

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ULRICH m,

CÏHQtllàHE COHTI.

(n64-*) Jeune encore, et du vivant de fion père qui le conseillait sagement, Ulrich était souvent auprès du recteurBerthoidIV, duc de Zehringen, avec lequel il vécut toujours en singulière amitié. Ils accompagnent «nsemble l'empereur Frédéric Barberousse en ses guerres d'Italie. Le zèle et les services d'Ulrich Ili lui gagnent les bonnes grâces de l'empereur qui le fait baillif hé-réditaire de Sienne, lui donnant en fîef immédiat de l'empire la dite ville et son territoire , la majeure partie duValdeSt.-ImierellamontagnedeDiesse; par quoi s'agrandit considérablement le domaine du comte de Neuchàtel (1169).

(1175.*) Croisade en laquelle Ulrich lll est invité par le duc recteur d'accompagner ensemble l'empiereur Barberousse. Le comte part le lendemain des Brandons avec grande suite de braves, entre lesquels deux chanoines, enfaus de chevaliers, plus curieux de manier la dague en l'Orient que de chanter matines en la collégiale.

( 1 1 7 7 .*) L'empereur Frédéric confirme an comte Ulrich, en la ville de Besançon, le don qu'il lui avait fait l'an 1169, ci-dessus déduit, le duc recteur présent à

(*) Baillodi et H017.

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la dite confirmation. L'eiapereur fait bien des amitiés a l'un et à l'autre, disant publiquement qu'il les avait reconnus bons serviteurs en Italie et en Orient.

(i 188*) Bien que le comte eût dépensé beaucoup d'argent , et laissé les os de plusieurs des siens es champs de Judée, enla croisade de 1 1 j5, nommément Nicolas de Neuchâtel-Valangin qui y perdit la vie, ainsi que tes deux cbanoines batailleurs, il fait dessein, à l'ouïe d'une nouvelle croisade, d'accompagner encore l'empereur Frédéric. En grand besoin d'argent, il veut imposer les bourgeois à l'extraordinaire et bien fortement; grandes clameurs de la part de ceux-ci. Lecomte écoute leurs plaintes, et cousent de régler avec eux quand et comment il pourra demander à l'avenir aide et secours d'argent extraordinaire, à savoir en cinq occasions : 1° lorsqu'il agrandira le comté par achat; 2° lorsqu'il mariera filles; 5° lorsqu'il ira ouJtremer; 4° lorsqu'il sera prisonnier; 5" lorsqu'on l'armera chevalier. Toutefois, les dits cas échéant, un ou plusieurs, ne pourra le seigneur comte tailler à vo* ionté les bourgeois, mais devront ceux-ci se tailler et imposer eux-mêmes largement, un chacun selon pouvoir et moyens, h. quoi veilleront tes miuistrals et preud'hommes - cause et origine des cinq aides stl- ■ pulées.

Remarques. Quand bien nos premiers ccwntes, suivant la rUde coutume féodale, taiUaieut leurs sujets à volonté, toutefois jusques alors ils n'avaient demandé aide, ce qui voûtait dire un grand et non ordinaire aecoùrs d'argent, qu'en deux cas seulement : 1° pe«ir

(*} BùUads.

ri. 6

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acquérir terres; a" pour marier fîUes. Mais les croisades et les jubilés de Rome où nos comtes couraient comme tant d'autres, augmentèrent leurs besoins en aides : vraie cause de l'abus qui amena le remède, lequel est fort remarquable en ce que , si d'une part les bourgeois consentirent à fournir cinq aides en place de deux , de l'autre part le seigneur comte consentit qu'à l'avepir ils s'imposeraient librement eux-mêmes avec libéralité, chacun suivantses moyens; pacte certes bien digne d'annotation, vu que par là une taille pesante et rude fut convertie en un don gratuit, et qu'on voit ici un nouveau pas vers le réjouissant et salutaire affranchissement par lequel, 26 ans après, le bonheur et la prospérité de la ville de Neuchâtel furent assurés àtoujours. a" Nos compilateurs d'histoires assurent que ce règlement des aides regardait toute la comté; mais le chanoine Baillods dont je viens de suivre la leçon, comme on peut le voir en son manuscrit original entre mes mains, et qui déduit le fait en judicieux écrivain, dit que les ministrnls et preud'hommes, ayant à leur tête les chanoines de Notre-Dame, demandèrent et obtinrent le dit règlement pour les bourgeois; ce qui me semble bien plus vraisemblable. Les bourgeois avaient ass{% à faire pour eux-mêmes et à leur propre all^eance, sans se mêler de celle du reste du pays. Revenons à l'historique.

(iigS*). llb^ch ni trouve moyen de racheter l'an T195 des mains de Roger, évéque de Lausanne, le droit de battre monnaie, lequd réachat coûta io5 marcs d'argent. Quand et comment le prélat avait su

(*) Baillodi et Cartulaire de L

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s'emparer de ce droit de sourerain presqu'en tout stm diocèse, c'est ce qu'il n'est fecile de savoir : concession ou usurpation monstrueuse à l'égal de toutes celles qui naquirent de l'anarchie de l'empire , et plus encore de la guerre ouverte mtre la légitime puissance impériale et le scandaleux et prétendu pouvoir papal. Notre Ulrich III était certes habile homme. Il avait déjà retiré du dit Roger des dixmes et autres articles contre argent; s'il n'eût demandé des aides que pour choses semblables, il aurait mérité d'être bien aidé.

(i2oa*). Dans une de ces visites que le comte était soigneux de faire souvent au duc recteur, celui-ci propose le mariage de sa nièce, Yolande de Furstemberg, fiUe de sa sœur Agnès de Zehringen avec Ulrich, deuxième fils du comte Ulrich III. Le mariage s'accomplit, et le duc dote sa dite uièce avec les terres qui formèrent dans la suite le comté d'Arberg.

On lit en divers manuscrits de nos faiseurs d'histoire de Neuchâlel, qu'une fille du comte Ulrich III, laquelle, disent-ils, était abbesse des Ursulines, se trouvant enceinte du fait de l'abbé des moines blancs ou prémontrés, le comte, dans sa colère, chassa moines et moiuesses, et fit raser les deux couvens. J'ignore sur quelle autorité la dite histoire ou tradition est ibnd^. Le chanoine Baillods, transcrivant les contemporains écrits de la collégiale, dit simplement que la vie licencieuse de ces religieux «t religieuses, jointe à diverses menées que les moines blanosavaient pratiquées poin- tâcher d'aigrir les bourgeois contre le syre, déterminèreot Ulrich , de concert avec l'évéque de Lau-

(*) Bfdllods et Hory.

saone, àmettreaunéaDtlesditsdeuxcouvens. De leurs dépouilles, dit-il, firent bon profit les chanoines de Notre-Dame; leur nombre, de six alors, fiit porlé à douze, y compris un prévôt à leur tête, et formèrent depuis ce temps un chapitre proprement dit , en telle sorte qu'ayant reçu de l'évéque de Lausanne une constitution corroborée par le métropolitain archevêque de Besançon, le chapitre de l'église collégiale de Notre- Dame de Neuchàtel acquit de la considération et force aspirans au-dehors, vu qu'il était bien prébende. J'ai fait quelques recherches sur icelui, que l'historien pourra consulter (iao8).

A l'occasion de la forme donnée à ce chapitre en iao8, et qui s'est maintenue jusqu'à la réformation, il est à propos d'observer que les moines de Fontaine- André, grandement adroitsà se procurer des biens temporels, n'étaient pas moins habiles à s'instruire là où il y avait à gagner des honneurs avec le bien. Car, alors de la constitution susdite, Regnault de Sochat , abbé de Fontaine-André , se remua tant et si bien qu'il obtint de Tévéque de Lausanne, pour lui et ses successeurs abbés , le pouvoir de fonctionner au dit chapitre en qualité de suffi^gant de l'évéque, partant d'assister aux assemblées à la dextre du prévôt, et, à la mort d'icelui, de présideràl'élection d'un nouveau prévôt, et de le mitrer en signe de confirmation. C'est chose surprenante et qui fait voir l'étrange crédit des gens d'église sur les esprits faibles d'alors , que ces moines de Fontaine-André, bien qu'ils ne fussent en être que depuis quelques 60 ans, possédassent déjà, outre ce qu'ils tenaient au Val-de-Ruz, les meilleures

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terres à la Favarge, Chacnpréveyre, Coudre, Haate^ rive, Vavre, Champion et autres lieux, ainsi que la collation de l'église de Cressier et de plusieurs chapelles; tant ils avaient su captiver, conune par magie, les comtes de Neuchâtel , ceux deNidau, les seigneurs de Valangin, et se concilier la singulière protection des évèques de Lausanne.

(laii *) Par le cartulaire de Lausanne, il semble que le comte Ulrich 111 vivait encore en laii, temps auquel Berthold , son troisième fils, monta sur le siège deLausannc. Toutefois nos compila teursindiquent l'année 1209 pour celle de sa mort.

Ce prince laissa trois fils et une fille d'Ermangarde de Neubourg, sa première femme, proche parente du duc Berthold IV, alors recteur : Taîné- Raoul ou Rodolphe fut comte de Neuchâtel y le second, Ulrich djérherg, lequel dans la suite fut comte de Neuchâtel, reçut en partage le bailliage de Bienne et quelques teyres et censives, qu'il laissa dans l'indivision avec son frère aine; le troisième Berthold, élu évêque de Lausanne en lai i , lequel étant d'église, reçut 600 Urres lausannoises. Agnès, première née des enfans, devait retirer une dot de 5oo livres lausannoises , si elle se mariait, sinon être bien entretenue au chàlel.

Le cartulaire et autres manuscrits de notre collégiale n'indiquaient aucun enfant sorti deBerthe, seconde iémme, que le comte Ulrich ill avait épousée en Orient, lorsqu'il se croisa la première fois en 1 175. Mais elle était fort louangée pour sa grande piété, vu qu'elle se montra toute inclinée à donner aux gens d'é^se.

^) Cartulaire de LauMnnc.

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J'ai reitMirquié aa discours préliminaire, cmnment les ignares lecteurs et commentateurs de l'inscriplion au portail de Hotre collégiale, ont donné à cette Berthe le surnom de Samarie, et l'ont mal à propos indiquée comme fondatrice de l'église de Notre-Dame de Neuchàlel.

Continuons de suivre la filiation des branches cadettes du chezaul ou maison de Neuchâtel.

NIDAir-

Louifi de Neuchâtel, comte de Nidau, ne laissa qu'une fille, Fresna ou J^arenne, mariée en i3aa à Ulrich d'Arberg, alors régent, et dans la suite comte dp Neuchâtel, comme on le verra ci-après. Ainsi s'éteignit la branche de Neuchàtel-Nidau de la première souche. J'anticipe pour n'y pas revenir.

Otkon de Neuchâtel, comte de Strasberg, succéda à son père Ulrich l'an 1181.

TALAiiaqi.

£^rAar<^de Neuchâtel, seigneur de Yalangin, laisse deux fils, Guebhard et Dietrick, coseigneurs, qui firent hommage au comte Ulrich III l'an 1 181 . Guebhard mourut sans postérité; Dietrich laissa un fils, Ae/uzucf, seigneur de Valangin, en ii85.

On a vu plus haut, année 1 164, que Berthold, second fils de Rodolphe II, fut largement apanage. De là sortirent bientôt quatre nouvelles branches cadettes de la maison de Neuchâtel, par où se multiplièrent les domicelii du chezaul. On les déduira dans I9 sujw.

RODOLPHE m,

(i2ii).Arexeinpledesespères, Rodolphe III soutint d'intimes liaisons avec le recteur, Berthold V, duc de Zehriogen. Ils prirent parti par ensemble dans les démêlés d'Othon IV et de Frédéric 11 qui se disputaient l'emjMre.

(i a 1 5 *). Rodolphe meurt des suites d'une blessure qu'il avait reçue aux frontières de la Rhétie, aujourd'hui les Grisons, laissant de Yarenne de Kjbour^ Burgdorf , un fils, Berthold, tout jeune enfant. Un peu auparavant, sentant approcher sa lin, il avait appelé auprès de lui tous les domzels du chezaul, ainsi que les appelle te chanoine Baillods, à savoir ses frères Ulrich d'Arberg et Berthold, évéque de Lausanne, le comte de Nidau et celui de Strasberg, le seigneur de ValangÎD, son oncle Berthold, baron deRochefort et ses quatre fils, tous de la maison de Neuchâtel, tant poiu" leur recommander le petit Berthold, son fils unique, qu'afin de déclarer devant tous qu'il nomme Ulrich d'Arberg, son frère, pour être tuteur de l'enfant, ensemble co-seigneur, régent et administrateur de la comté, d'autant que son dit frère, voulant procurer l'hcmneur et profit du chezaul, n'a voulu encore &îre siens les biens et domaines de son partage, ainslcs a

(*) Baillods.

laissés en la communion : partant devra son dit frère Ulrich, soit son fils aine, cas advenant que le petit Berthold mourût sans postérité, succéder en la comté. Il veut que sa sœur Agnès soit bien et noblement entretenue, et met l'exécution de ses dernières volontés sous la singulière protection de l'évéque et chapitre de Lausanne. Le tout est mis par écrit par Pierre d'Estavaj^r, prévôt du chapitre, sous le scel de chacun des àssîstans.

Remarques. Cette assemblée de tous les domicelli du chezaul mé semble digne d'annotation, et peut être regardée comme le premier indice connu, voire l'origine de certaines formes qu'on vit par après s'étendre et s'établir tout doucement en ce pays. Certain est-il qu'on y voit : i" l'indication forrtielfe de V ordre de succession, à savoir les mAles préférés aux femelles, et les aines aux cadets : s" le germe de la cour des ■pairs, laquelle fut par la suite en grand usage et vigueur : 5° Il me semble que te prévôt et chapitre, interpellés comme gardiensde la susdite disposition qu'ils scellent conjointement avec tous les domzels et vassaux, présentent un trait qui prépare de loin l'introduction des anciens jugemens auxquels le tiers^tat dut participer dans la suite, par naturelle conséquence des grandes libertés et franchises que nous allons voir tout à l'heure si sagoneut accordées aux bourgeois, eLdes usages qui s'en suivirent.

Je m'étonne que le chancelier Hory n'ait pas fait armes de ce fait pour appuyer son sentiment sur la dominance des comtes de Meuchâtel, en voyant les comtes de Nidau et de Strasberg interpellés à l'égal des

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vassaux domzets. 11 avait toutefois bonne connaissanoe du fait, qu'il prend jdâisir à considérer en homme d'état, et en termes qui m'ont foomi les renaarque» ci-dessus. On peut croire que c'est par omisàoo, to que l'étaie n'eût été la moindre. Vrai de dire qu'oa .aurait pu lui répondre que l'évéquedel^usamie, l'un des asastans, n'était vassal, à moins qu'il ne tint quelv ques censives à foi et hommage, ce que j'ignore : par quoi on pourrait inféra- que les comtes de Nidau et de Strasberg, à l'égal de i'évêque de Lausanne, furent interpellés comme parens issus du chezaul, et non comme vassaux relevant du comte de Neuchàtel.

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