BERTHOLD I
(i2i3.) Le rare mérite du tuteur régent donné à cet enfant, prouve la sagacité du père qui l'a choisi. Ulrich d'Arberg, oncle vertueux et administrateur habile, manifesteuneéteuduedegéniebien remarquable, puisque malgré l'ignorance de son siècle , la force de la coutume et le mauvais genre d'orgueil qui animait alors les grands, il fut capable d'apercevoir les funestes effets du gouvernement féodal et les solides avantages de son pupille dans la diminution de sa prérogative seigneuriale.
(*) Etant allé visiter les terres situées en Bourgogne,
{') BailMs-
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— »0 — à lui baillées par te duc recteur Berthold V, son oncle, et en faire hommage au palatin, il est frttppé de la fvospérité de la ville de Besançon. Il questionne, examine et voit que cette prospérité est le fruit des franchies accordées à cette cité pur rempereur Frédéric I"". Son bon esprit lui inspire le dessein de rendre également libres les habitans de la ville de Neuchâtel. 11 aperçoit de grands avantages pour son neveu dans cette restriction d'autorité, voire dans la totale abolition de certains droits seigneuriaux ; ses yeux clairvoyans percent dans l'avenir et découvrent qu'avec une liberté conforme à la nature de l'homme, et encouragés par la propriété, les bourgeois s'évertueront, prospéreront et multiplieront davantage.
Aussitôt de retour, il fait appeler le prévôt et certains chanoines du chapitre, auxquels il raconte ce qu'il a vu, observé et médité. Ceux-ci , charmés de son beau dessein, le pressent de le mettre en manifestation. Il consulte son frère Berthold, évéque de Lausanne, et en est également approuvé; et, bien qu'il soit co-seigneur régent de la comté, partant en suffisante autorité, touteSsis il trouve convenable, à l'exemple de son défunt frère te comte Rodolphe, de convoquer, non les comtes de Nidau et de Strasberg, ni l'évéque de Lausanne, mais les domzets du chezaul, féotiers en la comté, enaembk le prévôt et quatre chanoines du chapitre, et de leur ûiire part de ses pensées et desseins, demandant leur avis et ensuite exhortant les dits vassaux, pour leur propre avantage et profit, de soulager aussi leurs sujets de certaines ctiarges de servitude trop pesante. Pierre d'Estavayer, prévôt, est
axdmîs pour s'aboudier avec les ministrals et preo*. d'hommes bourgeois , à celle fin de convenir des articles de franchises. Joie non pareille en toute la viUe, à l'ouïe de ces choses. La entartre en est accordée le lundi avant la fête de St. Georges-, l'an du Seigneur i3i4> et contient trente articles fort remarquables : (l'historien ne manquera pas de les déduire, da moins «i sommaire). Le diplôme original est déposé en la cathédrale de Lausanne.
Tout lequel réjouissant récit, le chanoine Jacques BnîUods a transcrit du cartulaire de notre collégiale.
Remarques. Cet événement, dîgne d'être célébré, est l'un des plus importans que je connaisse en notre histoire, et mérite toute l'attention de l'historien qui le publiera, et de ceux qui le liront, en ce qu'il a été la source du bonheur public dont nous jouissons, et qu'il ouvrit, pour ainsi dire, la porte à deux battans aux libertés et franchises que ce tant bel exemple propagea successivement dans le reste de la comté , non précisément en même termes et même étendue, mais toutefois si grandes et favorables qu'il n'est, à mon avis, sous la voûte du ciel pays plus privilégié que celui-ci. J'observe donc : i° que l'assemblée convoquée par le sage régent, pour y prendre avis et conseil sur son tant beau dessein , lut un vrai conseil d'élat, et la première image et trace que nous apercevons d'un conseil, d'abord et long-temps ainsi à la pure volonté du prince, ensuite plus fixe et enfin permanent : a" dans le préambule de la chartre, le régent s'exprime avec tant de douceur et de civilité, qu'il semble bien plu-^
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tôt traiter arec des sujets jà libres à un certain point, que de coucéder en seigneur absolu, et de sa pure grâce, la liberté h des serfs; ce quijustifie ma ren)arque(annëe 1 1 13, sous Ulrich II,) et indique assez que les bourgeois avaient été allégés auparavant, et jouissaient de certains droits de bourg qu'on nomma dans la suite droits municipaux ou de cité. Le coU^e des ministrals et preud'hommes, institué pour régir bon ordre tant «u regard de la police que des armes, en faisait preuve non douteuse : 5° en ce même préambule, le régent dit que les franchises stipulées sont conformes à celles de la ville de Besançon; source de l' affinité et des rapports qui ont fait recourir si souvent à la coutume de Besançon, tant au regard de certains droits municipaux que par rapport à la coutume en général et à la pratique judiciaire. 4° La liberté pleine et entière d'acquérir et de posséder, ainsi dévolue aux bourgeois, dut bientôt faire éclore des contestations litigieuses, et rendit indispensable l'élabllssement d'un juge. Il y fut pourvu, et du corps municipal des bourgeois composé de 24 notables, suivant la chartre, il en fiit tiré 16 sous la présidence d'un officier du seigneur comte. Cet officier, au commencement, avait le titre de préfet,- ensuite on le nomma castellan, châtelain, mayor et enfin maire. (On peut voir ma notice siu- les offices de ce pays).
Tel lût le premier tribunal permanent, le premier corps de judicature qu'il y ait eu en cet état, lesquels jugeseurentincontinentla sagesse et louable prévoyance d'envoyer recueillir à Besançon le rit judiciaire usagé en cette ville-là, comprenant bien prudemment que
les franchises obtenues étant à la coutume de Besançon, il fallait commencer par la bien connaître, à celle fin de pouvoir la suivre en tout point. Parlant on voit ici l'origine de nos formes et le modèle sur lequel furent foi^ mées successivement les justices de la campagne, à me* sure que s'étendirent les affranchissemens et la liberté. n est expédient de remarquer que pendant assez longtemps les citoyens soumirent définitivement leurs difficultés à ces juges concitoyens, tant que les débats ne s'élevèrent qu'entre bourgeois; mais ceux-ci ayant le droit d'acquérir et de posséder, et portant avec eux la qualité d'hommes libres attachée à leurs personnes, devinrent propriétaires de long et de large, d'abord par les accensemens qu'ils obtinrent soit du seigneur comte, soit des vassaux, ensuite par achats ou échanges contractés avec les autres habitans ou sujets du pays, quand ceux-ci eiu^nt acquis de proche en proche l'affranchissement de la main-morte et le droit de posséder en propre. Par là s'élevèrent nécessairement en divers lieux de la comté des contestations, des procès qui ne pouvant être du ressort du juge de la ville, il fut pourvu à leur vidange, ainsi que je l'ai déduit assez longuement déjà, en l'avant- propos de cette seconde partie. Et si je viens d'en répéter certains articles, c'est pour mieux amener et faire remarquer la vraie origine de l'une de nos plus importantes règles constitutives, je veux parler de l'introduction des bourgeois au tiersétat dans les anciens jugemens, pareillement aussi l'origine de l'admission et participation du tiers-état à la législation. Par où s'explique de même pourquoi et comment les dits bourgeois de Neuchàtel tenaient le
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tiers-état aux plaids de mai ou trois-états envoyés il Valangîa par le comte de Neuchàtd pour juger les procès en cette grande seigneurie, de laquelle plat^ ils ont été mis dehors à force de querelles et débats, roire coups donnés, par les bourgeois de Vakngin. Ceux-ci toujours mignonés et gâtés, sont enfin de nos jours restés maîtres du parquet.
5* Par la chartre il fijt solennellement stipulé qu'à l'avenir chaque comte, à son avènement, jurerait aux bourgeois l'observation de leurs privilèges, et comme il n'est parlé que du serment imposé au prince, par Ut s'établit tout d'abord et par voie naturelle, l'usage que ce serait seulement après la solennisation du dit serment que les bourgeois jureraient obéissance et loyauté au seigneur comte : origine d^ sermens récî- proque ; règle constitutive bien plus importante à maintenir soigneusement que ne le pensent certaines gens.
6° L'évêque et chapitre de Lausanne, ensemble le prévôt et chapitre de Neuchàtel, furent déclarés juges mainteneurs des dites iranchises, avec autorité d'açsujétir à l'interdit toute la comté, la ville exceptée, cas advenant que le comte ou ses successeurs tranfrgressassenl les articles contenus en la chartre. Ainsi commença chez nous le loyal et tant bel usage de soumettre à un juge du dehors l'intègre observation des traités publics. On verra ci-après que ce bon exemple lut suivi en ia6o bu r^^rd des franchises accordées au bourg de Neureux, aujourd'hui Landeron, et successivement en Êiveur de quelques autres lieux du pays, comme aussi en 1406, lorsque la ville et boiurgeoisie de Neuchàtel, à la secrète invitation de
la seigneurie de £eme et sous belles promesses de sa part, demanda que la dite république fût doréuarant juge des noises et débats qui pourraient s'élever entre le seigneur comte et les bourgeois, laquelle judicature fut solennellement attribuée aux dits de Berne dans les doubles et voire triples traités de combourgeoisie, y compris le traité secret, tous alors stipulés; de tout quoi il sera plus amplement parlé en son temps. Si je viens d'en faire ici mention en passant et par anticipation, c'est parce que mon but, eu ces notes et remarques^ est principalement d'indiquer l'origine et première cause de certains usages et certaines règles qui maintenant sont inhérentes à notre tant heureuse constitution pohtique, ensemble leur enchainure et accroissement, matière à mon sens totUe curieuse et bonne à connaître.
7' La char Ire de 1 3 1 4 attribue à la ville et bourgeoisie de Neuchâtel des droits bien remarquables, desquels découlèrent ujie grande liberté, et enlr'autres avantages, premièrement, origine de la magistrature municipale, de l'autorité des ministraux, de la pleine administration de la police de la ville et de son district, administration toutefois non indépendante de la police majeure du prince, ainsi que je l'entendis soutenir maintes fois par cwtains braillards au temps que j'étais dans les4o hommes ; doctrine folle et toute licencieuse, fondée sur ta plus crasse ignorance des choses et de leur nature , vu que la police majeure , tant et si long-temps que le prince n'y aura pas formellement renoncé, restera un attribut inséparable de la prérogative seigneuriale ; erreur qui provient de ce qu'ensuite des termes
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de la cfaartre de iai4> ^ seigneurie ne peut faire publier des ordonnances el mandemeos de police majeure, sans la participation des ministraux au regard de la ville et de sa pourprinse tant seulement. Vrai de dire que cette police, ainsi qu'elle a été concédée et exercée, est une grande émanation d'autorité, qui contribua bien à conduire les ministraux à tenir leur coin en la législation : a" Origine du àroit de bandière par lequel les bourgeois prennrait les armes , et mardient non sous la bandière du prince , mais sous celle de la rille et bourgeoisie , non sous autorité des officiers ordonnés par le prince, mais par commandement des ministraux et conseil de la ville et des <^ciers par eux ordonnés. Seulement le banderet que les anciens écrivains du chapitre appellent signifer, alors nommé en langage vuiy gaire porte-bandeira , prête-il serment au prince. Ce fut ainsi que les bourgeois deNeuchâtel, qui, sous Ulrich Il l'an 1 1 1 3 , acquirent la liberté d'être armés pour défendre lau" ville , mais soumis à la bandière du prince et k son aotorité immédiate , soit à celle du ca&tellan, reçurent par la chartre de 1214 un droit tout autrement étendu au regard des armes , vu leur propre et privée bandière , dont les dits bourgeois n'ont cessé de faire grand usage , tant es anciennes guerres dans les ligues Suisses, qu'en celles de Bourgogne, toujours conjointement avec les dîtes ligues, fx>mme aussi par des levées pour la couronne de France , dès le commencement des alliances de la nation Helvétique avec let rois très - chrétiens. 8° Origine de l'entière liberté de négoce et trafic en toutes choses et matières marchandes, hormis seulement en làrines non -moulues
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es moulins du seigneur comle, et en viu du crû non bourgeois.
11 est si vrai de dire que le grand pas fait ainsi par le sage r^ent, prépara et provoqua l'afiranchissement général en tout le pays, que l'année suivante larS, sept chefs de Emilie qui cultivaient le petit vallon de Voens appartenant à l'abbaye de Cerlier, obtinrent par octroi de l'abbé, l'aâranchissnnent de la main-morte et divers droits par lesquels cette petite poignée d'habitans formèrent une espèce de communauté, le tout agréablement apjwouvé et consenti par le régent.
( 1 2 1 4 *) Ijcs bourgeois de Neuchâtel devenus libres, aux us et coutumes de Besançon, se hâtèrent tôt après d'CTïvoyer recueilUr en la dite viÛe les lois, soit la pratique coutumière, tant au regard des franchises municipales et du droit des personnes, que par rapport au rit judiciaire tant civil et criminel qu'ecclésiastique. Pour cet effet, le lendemain de la fête de St. Jean-Baptiste, unministralavec un notable du conseil, ensemble deux érudits chanoines du chapitre, partent pour se rendre à Besançon avec bonnes lettres de l'évêque de Lausanne, sollicitant l'aide et protection de l'arcbevêquemétropolitain. Après trois mois de séjour, ils rapportent le premier moule.
(i2i8 *) Gérard de Vienne, baron de Grandson, vientfairevisiteaarégent,désireux d'acquérir les terres en Bourgogne, que le dit r^ent tenait par donation du duc recteur Berthold V. Le régent ne veut vendre, mais voyant un bon coup pour son neveu et pupille, au iH-ofit et avantage duquel il songe tout autrement
{*) BaiHods.
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qu'au sien propre, il propose au baron de Grandson non la vente, mais l'échange des dîtes terres en Bourgogne contre le Vaux-Travers, les Verrières et la Brévine, à celle fin d'arrondir le comté. L'échange s'exécute, et présente un exemple de désin téressement , certes non commun chez les princes, et pour lequd le cœur et l'esprit du régent méritent d'être louanges à toujours : lesquelles terres ainsi sagement et heureusement acquises pour agrandir la comté , relevaient de Jefuin de Chdlons dit le Sage. On peut voir ce qui a été dit làdessus en l'avant-fH-opos de cette seconde partie.
Remarques, i" Origine de la vassalité du concède Neuchâtel envers le comte de Chilons pour le Vaus- Travers tant seulement. 3" Origine du nuig et si^e quenoscomtesoccupèrentlong-tempsaux états de Bouiv gogne en leur qualité de barons du Vaux-Travers , et non en cèle de comtes de Neuchâtel, comme Gollut semble le dire en sa république séqaanoise. S° Origine du titre de baronnie donné au Vaux-Trarers, comme morcel sorti delà baronnie de Grùidson. 4° L'acte d'échange dont il s'agit, établissait pour hmites entre k baronnie de Grandson et <%lle du Vaux-Travers la ome des montagnes ou arête qui, depuis le mont Secheron ou Ckasseron, s'étend vers le levant, limites certes toutes naturelles : tut et ainsi que les aiguës chiésent, disait l'acte, vu, tenu et lu pw le chanoine Baillods ; mais nous n'avons plus ce titre, qui aura été enlevé de nos archives en compagnie de bien d'autres; on devine assez quand et comment. Certain est-il que le cœur saigne, quand on considère les dites limites jà tant descendues des dites cimes sur nous, et non
toutefois «icore réglées, partant non encore assez, descendues au gré de nos trop puissans voisins.
(laai ♦) Guillaume, évêque de Lausanne, successeur de Berthold de Néuchà tel, réclame le droit de battre monnaie, prétendant qu'un tel droit étant inaliénable de sa nature, n'a pu être valablement vendu au comte Ubich IlU'an iigS par l'évêque Roger, et ofirederembourser les cent cinq marcs d'argent payés pour la dite acqmsitimi. Le ragent répond tout d'abord que la vente en question ayant été pure et simple, sans réserve aucune, le réachat ne peut avoir lieu. Toutefois, après in^oir mandé les domzels du chezaut, vassaux en la comté, pour les consulter en ce rencontre, le réachat est appointé.
Le régent épouse en seconde noces Varenne de Neuch&tel, sa cousine, lîlle unique de Louis de Neucbâtel, comte de Nidau. Ce mariage prépare le retour de ce comté es mains de la branche aînée. (1222).
(i 225) Par la mwt de £erthold de r^euchàlel, baron de Rochefort, fils cadet du comte Rodolphe II, et décédé en 1225 laissant quatre fils, se formèrent quatre branches cadettes du chezaul, à savoir de Rochefort, Valmarcus , Gorgier et Colombier, qui seront indiquées ci-après en leur lieu.
Or, le régent voyant les dits nouveaux seigneurs nui logés es lieux de leur apanage, leur fit bâtir en chaque seigneurie un fort château, de plus celui de Chdtélard, non loia de Bevaix, dont ils étaient co-seigneurs. (1226 *)
(•) Baillod» et Hory.
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(i a3o. *) Lejeune comte Berthold ayaat atteint l'âge de a5 ans, le régent son oncle se propose de lui remettre l'administration du comté, toutefois en conservant la qualité de co-seigneur, vu qu'il n'y avait encore aucun partage fait enlr'eux. Pour cet effet, le régent convoque les vassaux, ensemble le prévôt avec quatre chanoines, et le ministral en charge avec quatre notables du conseil de la ville. 11 leur déclare qu'ayant satisfait de tout son cœur et pouvoir aux intentions et volontés dernières de Ëeu le comte Rodolphe, son seigneur et frèrcj il est toau par devoir de remettre le soin des affaires au comte Berthold sent neveu, à cette heure qu'il est en âge d'en prendre cure. Ensuite de la dite déclaration, et en accomplissement de la chartre de i2i4, le comte Berthold est conduit à l'église collégiale, où il jure sur les saintes reliques aux bourgeois tous assemblés, de conserver et mainteuir leurs franchises. Après quoi seulement, il reçoit d'eux le serment de fidélité.
Remarques. l'Lasusdite assemblée, amsi composée, indique manifestement, ce me semble , le germe, voire la belle image des trois ordres, et peut être envisagée comme la première convocation des éuts de la conité, d'où sortirent dans la suite ce qu'on nomma grands jours, grands plaids, audiences - générales , troisétats etc. a" Première forme donnée aux sermeris réciproques; partant on voit ici un double spectacle bien réjouissant pour des cœurs épris des charmes de la liberté. Institution positive amenée en évidence au regard de la forme des sermens réciproques. Introduc-
(') Baillods et Hoiy.
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tion du tiers - état en use assemblée de la noblesse et du clergé concernant un grand objet.seigneurial ; rassemUement qui offre la vraie représentation des trois ordres ou états, et la semence de celte précieuse forme tant dejudicature que de législation, maintenant principalebasede la constitution de l'état et du bonheur incomparaUe de ses habitans , puisqu'ils ont la grande fortune de voir à celte heure au milieu d'eux les trois pouvoirs en être, tout aussi bien qu'ils le scHit, ce me semble, en Angleterre, législation, jugement, exécution.
(i23i *) Aux pressantes sollicitatious de son tant digne oncle, le comte Berthold songe à se marier. Pour cet effet, soa sage mentor l'accompagne, ou plutôt le conduit en visite chez le comte de Monibéliard, à celle fin qu'il voie de ses yeux la fîHe de ce comte, Sjf/ilette, jeune, coinle et belle, que le dit oncle visait de faire épouser à son neveu. Ces jeunes gens se plaisent tout d'abord ; et le comte Berthold prie son oncle de demander Sybilette. Aussitôt les accordailles sont réglées avec grand et mutuel consentement; mais par une infortune non pareille, ce jour même, en un passetemps de chevalerie, Syhîlette renversée de son palefroi, est grièvement Wessée, et meurt quelques jours après. BCTlhold grandement frappé et affligé, reste inconsolable, et ne veut par. après entendre à nul autre mariage.
(laSi *) Le comte Berthold fonde *t dote l'hôpital de Neuchâtel. En même temps il lait donation à l'abbaye de St. Jehan du patronage et collation de l'église de St. Maurice du Landeron, origine des droitsetfonc-
(') BaUlods et Hory.
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— loa —
tions de patron et collatair, exercés maîntenant par le baillif Bernois, qui re[x-ésente l'abbé d'autrefns.
(i3^2*). Refus d'hommage de la part de Guillaume de Neuchâtel, seigneur de Valangin, fils et saccessear de Renaud. Le comte Berthold consulte prudemment son oncle et ci-de\'ant bon tuteur Ulrich. Celui-ci accourt d'Ârberg à Neuchâtel , et dit aux bourgeois qu'i^ ne faut d'autres I^as que les leurs pour ranger le félon. Grandement chéri des bourgeois après tant de bienfaits, tous prennent incontinent les armes sous leur bandière, et montent à Valangîn. Guillaume se soumet, vient prêter foi et hommage, et meurt quelques mois après, sans postérité. La seigneurie de Valangîn retourne ainsi au comte de Neuchâtel.
(i335). Le comte Berthold considérant les grands services, ensemUe le généreux désintéressenaent de son oncle Ulrich d'Arberg, lequel, bien qu'il eût nombreuse famille, ne retirait à lui son apanage, voîre laissait annexée à la comté la baronnie du Vaux-Travers , qu'il avait échangée par un beau coup contre des terres en Bourgogne à lui en propre , ainsi qu'il a été dit l'année i a 1 8, sollicite son dit oncle à venir faire partage ; par lequel partage la baronnie du Vaux-Travers est réunie à la comté. Ulrich d'Arberg reçoit à sa part le bailliage de Bienne et la seigneurie de Valangîn, celleci à charge de foi et hommage au comte de Neuchâtel; lequel hommage l'oncle Ulrich prête incontiiMnt au neveu Berthold.
(i aSy ♦*). Hommage &it au comte de Ghâlons par-
(') Baillods.
D, = ,l,z<,d.vG00gIf
notre cCMUte Berthold I", tant seulement pour la baronnie du Vaux-Travers.
(1359*). Ne pouvant e&cer de son souvenir le tragique trépas de Sybilette , sa fiancée , Berthold insensiblement miné par le chagrin devient languissant et grièvement malade; ce que voyant les bourgeois de Neuchâtel, ils demandent au seigneur comte de pouvoir recourir aux fi-anchises de Besançon, en remjdacement de celles à eux acccH'dées l'an i3i4» cas advenant qu'elles se perdissoit ; ce qui leur est octroyé par acte du samedi avant la Nativité. Le prévôt du chapitre, comme témoin avec deux chanoines, apposa son scd en dessous de celui du comte.
(ia4o). Le 35* jour de Mars 1240, Berthold I" meurt sans postérité.
UIAICH IV,